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Analyse

Riposte israélienne sur l’Iran : Des dégâts limités, mais un message fort – experts

Concernant l'absence de confirmation de la frappe par Téhéran, elle semble logique : "dès que vous reconnaissez l'étendue réelle des dégâts, vous admettez le pouvoir de l'ennemi"

Capture d’image fournie par la télévision d’État iranienne, Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), qui donne à voir ce que la télévision a présenté comme une image en direct de la ville d’Ispahan suite aux explosions entendues dans la province du centre de l’Iran, tôt dans la matinée du 19 avril 2024. (Crédit : IRIB/AFP)
Capture d’image fournie par la télévision d’État iranienne, Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), qui donne à voir ce que la télévision a présenté comme une image en direct de la ville d’Ispahan suite aux explosions entendues dans la province du centre de l’Iran, tôt dans la matinée du 19 avril 2024. (Crédit : IRIB/AFP)

L’attaque de représailles sur l’Iran attribuée à Israël vendredi est restée limitée en termes de dégâts infligés, maintenant la tension à un niveau maîtrisé, mais elle a aussi démontré la capacité d’Israël à frapper des sites stratégiques de la République islamique.

Les deux pays se mènent depuis des décennies une guerre de l’ombre, marquée d’un côté par des opérations clandestines israéliennes, parfois même depuis le sol iranien, et de l’autre par des opérations de groupes armés pro-iraniens, dont le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

Et le brusque regain de tensions bilatérales fait courir le risque d’un conflit ouvert qui menacerait l’équilibre fragile de toute la région.

Dans le fracas qui a suivi le 7 octobre, date de l’assaut barbare du groupe terroriste palestinien du Hamas sur le sud d’Israël, le premier acte de la crise bilatérale actuelle date du 1er avril, avec une frappe meurtrière sur une annexe du consulat iranien à Damas, imputée à Israël, qui a fait seize morts. Parmi eux figuraient sept membres du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) – dont deux des principaux architectes de l’assaut du 7 octobre -, l’armée idéologique de Téhéran par laquelle le régime pilote son rayonnement régional.

Téhéran a répondu le 13 avril avec une attaque de quelque 500 drones et missiles, quasiment tous interceptés par Israël et ses alliés.

Un message pour l’Iran

Selon The New York Times, citant des sources en Israël et en Iran, la réponse d’Israël vendredi a ciblé le radar d’un système de défense russe S-300 d’une base aérienne de la province d’Ispahan, non loin de l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz.

Au moins un missile a été tiré depuis un avion de chasse hors de l’espace aérien iranien, en même temps semble-t-il qu’une attaque de petits drones quadricoptères (à quatre hélices), possiblement actionnés cette fois-ci depuis l’Iran, avec pour mission de semer la confusion dans la défense iranienne.

Israël n’a rien revendiqué mais sa responsabilité semble ne faire aucun doute. « L’objectif de l’opération était précisément de rappeler à l’Iran ce dont Israël pourrait être capable », a expliqué à l’AFP Arash Azizi, de l’Université de Clemson, aux États-Unis.

« Le choix de la base aérienne près d’Ispahan était significatif car elle constitue la principale source de défense aérienne des installations nucléaires de la province. »

De fait, les services secrets israéliens sont depuis longtemps soupçonnés d’opérations de sabotage en Iran.

Selon les médias américains, c’est à l’agence de renseignement du Mossad qu’est attribué l’assassinat en 2020 du scientifique nucléaire iranien Mohsen Fakhrizadeh par une mitrailleuse assemblée près de son domicile, puis actionnée à distance.

Des militaires se tiennent près du cercueil de Mohsen Fakhrizadeh recouvert du drapeau iranien, un scientifique nucléaire qui a été tué vendredi, lors d’une cérémonie funéraire à Téhéran, en Iran, le 30 novembre 2020. (Crédit : Ministère de la Défense iranien via l’AP)

Des agents israéliens ont même capturé et interrogé des membres du CGRI à l’intérieur même de l’Iran, selon certains médias, dont la chaîne de télévision Iran International, basée à Londres.

D’autres attaques de drones israéliens ont été évoquées après des explosions mystérieuses sur des sites sensibles ces dernières années, mais elles n’ont jamais été formellement confirmées.

« Le Rubicon franchi »

Les responsables iraniens ont raillé la dernière attaque israélienne, le ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian se moquant sur NBC des « jouets » de son adversaire.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a pour sa part salué le « succès » de l’attaque du 13 avril, qui a selon lui illustré la « grandeur » de l’Iran sur la scène internationale.

Mais Alexandre Grinberg, expert de l’Iran à l’Institut de Jérusalem pour la stratégie et la sécurité (JISS), estime que le choix d’Israël et la cible elle-même montrent que le Mossad est bien présent en territoire ennemi.

« Le message d’Israël, c’est de dire ‘nous pouvons frapper n’importe où en Iran’, vu qu’Ispahan est situé dans le centre de l’Iran, relativement loin, et qu’Israël sait exactement où il peut frapper. »

Quant à l’absence de confirmation de la frappe par Téhéran, elle semble logique. « Dès que vous reconnaissez l’étendue réelle des dégâts, vous admettez le pouvoir de l’ennemi. »

Holly Dagres, experte de la région à l’Atlantic Council, estime elle aussi que si des drones quadricoptères ont été utilisés, ils « ont probablement été lancés depuis l’intérieur de l’Iran », ce qui soulignerait « encore une fois la présence du Mossad sur le terrain et combien l’Iran est son terrain de jeu ».

L’escalade des dernières semaines semble marquer une pause. Mais elle peut repartir de plus belle à la moindre étincelle, notamment si Israël lance son incursion dans la ville de Rafah, à l’extrême-sud de la bande de Gaza, où se trouveraient, selon les autorités israéliennes, les quatre derniers bastions du groupe terroriste palestinien du Hamas.

« À certains égards, nous sommes revenus à la situation d’avant le 1er avril, le royaume de la zone grise, des opérations non-attribuables, du sabotage », a estimé Azizi.

« Cela convient à l’Iran comme à Israël. Mais le Rubicon franchi le 1er avril a fait monter les enchères. »

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