Rixe entre partisans du Likud et du Camp démocratique au marché de Jérusalem
Des membres de l'alliance de gauche ont attribué la responsabilité des échauffourées à Mahane Yehuda aux 'incitations' du ministre de la police Gilad Erdan, du Likud
Les partisans de la formation du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu se sont opposés vendredi à des activistes de l’alliance de gauche du Camp démocratique, au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, alors que les Israéliens entraient dans la dernière phase d’une campagne électorale intense.
Des images tremblantes filmées par un téléphone cellulaire montrent un groupe de militants du Likud traversant le marché affairé en scandant le surnom donné à Netanyahu, « Bibi », avant, pour certains, de bousculer et de se battre avec des partisans du Camp démocratique.
Un manifestant – qui appartient apparemment aux rangs des partisans du Camp démocratique – est entendu en train de crier « les politiciens corrompus, dehors ! », se référant aux dossiers pour corruption impliquant le Premier ministre et autres hauts-responsables du Likud.
L’un des activistes du Camp démocratique semble alors bousculer un militant du Likud, poussant un autre membre du parti au pouvoir à porter un coup au manifestant du Camp démocratique.
La rixe continue ensuite entre les deux partis, un certain nombre des personnes présentes tentant de séparer les adversaires rivaux.
Selon la Douzième chaîne, des activistes de la formation extrémiste Otzma Yehudit ont également pris part aux échauffourées auxquelles la police a finalement mis un terme.
Les politiciens du Camp démocratique ont attribué la responsabilité des violences au ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, issu du Likud, qui avait visité le marché dans la journée, accompagné par des militants du parti au pouvoir.
« Gilad Erdan, le ministre de la Sécurité intérieure – voilà à quoi ressemble le groupe de voyous qui vous a accompagné », a écrit la numéro deux du Camp démocratique, Stav Shaffir, sur Twitter.
La politicienne a estimé que l’incident a été « un résultat direct de vos incitations [Erdan], de votre gouvernement raciste à l’égard de tous ceux qui pensent différemment de vous ».
Noa Rothman, autre membre du Camp démocratique, s’est demandée pourquoi aucun policier n’était présent, notant que seuls des partisans du Likud avaient accompagné Erdan – dont le ministère a pourtant la responsabilité des forces de l’ordre.
« Conclusion : Sous l’autorité du Likud, il n’y a déjà pas d’égalité devant le droit et nous ne méritons pas tous une sécurité individuelle et personnelle », a-t-elle écrit sur Facebook.
Erdan n’a pas réagi suite à l’incident mais il a publié une vidéo de sa visite sur les réseaux sociaux, écrivant qu’il « n’y a rien de semblable à l’atmosphère de Mahane Yehuda un vendredi ».
La rixe a eu lieu pendant le pic d’activité du vendredi après-midi sur le marché, lorsque les commerçants et les visiteurs sont nombreux autour des étals de produits alimentaires et des restaurants avant le début du Shabbat, dans la soirée.
Comme d’autres marchés similaires en Israël, Mahane Yehuda est une destination prisée par les politiciens qui cherchent à renforcer leur soutien parmi les électeurs.
Cette bagarre de vendredi est survenue seulement quelques jours avant que les Israéliens ne se rendent aux urnes, le 17 septembre, pour la deuxième fois cette année, après l’échec de Netanyahu à former un gouvernement suite au scrutin du mois d’avril. Le Premier ministre avait préféré initier un nouveau vote plutôt que de laisser un autre député tenter de rassembler une coalition.
Les opposants politiques au Premier ministre ont fait savoir, ces derniers jours, qu’ils s’inquiétaient de violences potentielles dans les bureaux de vote, alors que le Likud affirme, sans apporter de preuves, que la fraude électorale dans les communautés arabes a coûté à Netanyahu la majorité au cours du dernier scrutin.
Pour certains analystes, les accusations lancées par le Likud contre d’autres partis qui tenteraient de « voler les élections » serait un stratagème visant à s’assurer l’appui des électeurs de droite. Ils ont comparé cette stratégie aux propos tenus par Netanyahu le jour même des élections en 2015, disant que les « électeurs arabes se rendent en foule aux urnes » – des propos pour lesquels il avait ultérieurement présenté des excuses.
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