RN à Orléans : des militants de l’UEJF expulsés pour une banderole contre l’antisémitisme, Bardella dénonce « l’ultragauche »
L'UEJF a interrompu le meeting pour dénoncer le racisme du parti d'extrême droite, provoquant des heurts violents et une évacuation musclée des services de sécurité
Des militants de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) sont venus perturber le meeting du Rassemblement National à Orléans dimanche afin de « rappeler l’antisémitisme et le racisme » du parti d’extrême droite, qui a dénoncé en retour « la violence » de « l’ultragauche ».
La prise de parole du président du RN, Jordan Bardella, a été brièvement interrompue dimanche, lorsque plusieurs personnes ont déployé une banderole, avant d’être huées par le reste de la salle et de voir leur bannière déchirée.
« Bardella réélu : le racisme et l’antisémitisme ça ne dérange pas le RN, au contraire ! », était-il inscrit sur la banderole, a précisé à l’AFP Léa Hanoune, présidente de l’UEJF.
Ce happening a eu lieu alors que Jordan Bardella fait face aux accusations de Mediapart, qui a révélé fin septembre des écrits antisémites attribués à celui qui était alors jeune militant du parti frontiste. M. Bardella dément fermement en être l’auteur.
A la tribune du meeting, Jordan Bardella a alors dénoncé « l’ultragauche », appelant ses militants au « calme » avant de les inviter à chanter la Marseillaise, le temps que les membres de l’UEJF soient évacués par le service d’ordre du RN.
« Agressés, ils ont été sortis très violemment par la DPS (service d’ordre, ndlr) et les militants du RN », a réagi sur X l’UEJF au sujet de ses militants, annonçant déposer plainte « pour violences en réunion ».
Au Congrès du RN à Orléans, pendant le discours de Jordan Bardella, nous sommes venus brandir pacifiquement une banderole :
"Bardella réélu : le racisme et l'antisémitisme ça ne dérange pas le RN, au contraire".En réponse, les militants de l'UEJF ont été agressés, étranglés et… pic.twitter.com/KDywJzOW4m
— UEJF (@uejf) October 25, 2026
Léa Hanoune a indiqué à l’AFP qu’un des militants avait été « étranglé », tandis qu’un autre avait le nez qui saignait après l’évacuation.
A l’issue du meeting Jordan Bardella a dénoncé auprès de la presse « l’ultragauche » venue selon lui « perturber gravement » l’événement et « s’en prendre à des militants pacifiques » et « à des familles ».
« Des militants d’ultragauche, qui se revendiquent de l’UEJF, qui sont venus accompagnés de vos confrères de Mediapart caméras allumées pour agresser et attaquer des militants », a ajouté Jordan Bardella, mettant en cause le média d’investigation.
Selon le directeur général du RN Patrice Hubert, l’UEJF « remonte des faits de violence, nous pouvons aussi remonter des faits de violence de leur part. Tout ça va être calmement, posément analysé, mais nous avons une vision un petit peu différente », a-t-il dit à l’AFP.
De son côté, le journaliste de Mediapart a relaté avoir « entendu les huées venir de la tribune ». « Et j’ai commencé à voir des gens se battre, j’ai couru pour aller voir et commencer à filmer », a-t-il expliqué à la presse.
Il a également indiqué s’être fait « choper violemment » par le service d’ordre, qui l’aurait ensuite « poussé dans les escaliers pour (le) sortir », alors qu’une femme dans le public lui aurait dit de « retourner au bled ».
Estimant que leur sécurité n’était pas assurée, les journalistes de Mediapart ont choisi de quitter les lieux, ont-ils annoncé.