Roger Karoutchi : « Parler de génocide à Gaza, c’est une banalisation inacceptable »
Le sénateur LR insiste sur la nécessité pour la France et le camp occidental de faire preuve de mesure, alors que les tensions diplomatiques entre Paris et Jérusalem s’intensifient
« Ce n’est pas à un responsable politique d’utiliser ces termes, mais aux historiens. » Réponse laconique d’Emmanuel Macron sur TF1 à la
question : « Y a-t-il un génocide à Gaza commis par l’armée israélienne ? »
Créateur de la doctrine du « en même temps », le président français ménage la chèvre et le chou. Le locataire de l’Élysée ne tranche pas le débat. Non, Emmanuel Macron n’utilise pas le terme de « génocide », mais il ne le rejette pas non plus.
« On a banalisé l’idée qu’il y aurait un génocide à Gaza. Je demande à chacun de reprendre ses esprits » lui répond Roger Karoutchi.
Le président du groupe d’amitié France-Israël était mercredi l’invité de l’ambassade d’Israël à l’occasion des 77 ans de l’État hébreu. Au micro de RCJ, le sénateur Les Républicains (LR) dénonce une banalisation de « l’idée d’un génocide à Gaza ».
« Au XXe siècle, il y a eu trois génocides reconnus : le génocide arménien, la Shoah, et le génocide des Tutsis au Rwanda. Dans ces trois cas, des populations ont été exterminées uniquement en raison de ce qu’elles étaient, pas parce qu’elles avaient attaqué ou agressé quiconque, mais simplement pour leur existence même. »
Selon Karoutchi, il est important pour le bloc occidental de « tenir un discours clair ». Pour lui, la guerre à Gaza relève de la responsabilité du Hamas, qui a attaqué Israël le 7 octobre 2023. « Israël n’est pas en guerre contre les Palestiniens. Israël est en guerre contre le Hamas. »
Un constat qui, selon lui, ne justifie pas un alignement total de la France sur la politique de Benjamin Netanyahu. « Je dis simplement qu’il faut un peu de mesure », insiste le sénateur.
Karoutchi exhorte le président de la République à faire preuve de cette mesure, « d’autant plus nécessaire que les actes antisémites explosent en France ».
Sur TF1, Emmanuel Macron a pourtant dénoncé de manière très ferme la politique israélienne dans le conflit avec le Hamas. « Ce que fait aujourd’hui le gouvernement de Benjamin Netanyahu (à Gaza) est inacceptable », « c’est une honte », a déclaré le chef de l’État, évoquant son voyage en Égypte, au point de passage frontalier de Rafah. Il a qualifié la situation de « l’une des pires choses qu’il lui ait été donné de voir », déplorant que « toute l’aide que la France et d’autres pays acheminent » soit « bloquée par les Israéliens ».
Des déclarations qui ont provoqué la colère du Premier ministre israélien.
« Macron a de nouveau choisi de se ranger du côté d’une organisation terroriste islamiste meurtrière et d’en relayer la propagande ignoble qui accuse Israël de crimes rituels » a écrit Benjamin Netanyahu dans un communiqué.
« Nous nous souvenons très bien de ce qui est arrivé aux Juifs en France lorsqu’ils ne pouvaient pas se défendre. Le président Macron n’a pas de leçons de morale à nous donner » a renchéri le ministre israélien de la Défense, Israel Katz.
Des invectives par voie de presse qui traduisent la tension croissante entre Paris et Jérusalem ces derniers mois.
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