Rome propose d’ajouter le CGRI sur la liste des organisations terroristes de l’UE

'Les pertes subies par la population civile lors des manifestations exigent une réponse claire', estime le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani (à gauche), et son homologue iranien, Abbas Araghchi, au ministère italien des Affaires étrangères, à Rome, avant les négociations sur le nucléaire, le 19 avril 2025. (Crédit :Ministère italien des Affaires étrangères/AFP)

Le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani, a indiqué lundi qu’il proposerait jeudi à ses homologues de l’UE d’ajouter le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, à la liste européenne des organisations terroristes.

« Les pertes subies par la population civile lors des manifestations exigent une réponse claire », a-t-il justifié sur le réseau social X, précisant qu’il soumettrait cette idée « en coordination avec d’autres partenaires » lors d’une réunion de ses homologues européens, jeudi, à Bruxelles.

Il entend par ailleurs proposer à ses partenaires « des sanctions individuelles contre les responsables de ces actes odieux », a-t-il ajouté.

Une ONG basée aux États-Unis, Human Rights Activists News Agency (HRANA), a déclaré lundi avoir confirmé la mort de près de 6 000 personnes et enquêter sur des milliers d’autres cas, à la suite du mouvement de contestation qui a secoué l’Iran au début du mois, avant d’être réprimé dans le sang.

Le CGRI, bras idéologique du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, constitue une force armée extrêmement organisée, accusée par les Occidentaux d’orchestrer et de participer à la répression du vaste mouvement contestataire en Iran.

Les « Pasdaran » (qui signifie « gardiens » en farsi) ont été créés en 1979, peu après la Révolution islamique. Ils disposent d’un vaste réseau de renseignement, de moyens terrestres, aériens et maritimes, et sont mieux équipés et entraînés que l’armée régulière.

Des membres du Corps des Gardiens de la Révolution islamique lors d’un défilé militaire annuel au mausolée de l’ayatollah Khomeini, à l’extérieur de Téhéran, en Iran, le 22 septembre 2014 (Crédit :Ebrahim Noroozi/AP Photo)

Le CGRI est également le relais de Téhéran auprès de ses alliés dans la région, comme le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah ou les groupes armés du Hachd al-Chaabi en Irak. Il contrôle également des sociétés dans tous les secteurs stratégiques de l’économie iranienne.

Le CGRI est déjà sous le coup de sanctions de la part de l’Union européenne.

Ces sanctions existent depuis 2021 en réaction aux violations des droits humains en Iran. Au total, quelque 230 personnes, dont plusieurs ministres, ainsi qu’une quarantaine d’entités ont été sanctionnées par l’UE pour violation des droits humains.

Ces sanctions ont depuis été étendues en raison des activités nucléaires de l’Iran ou de l’aide apportée par Téhéran à la guerre d’invasion russe en Ukraine, lancée en 2022.

Outre les sanctions des Nations unies appliquées par l’UE, les Européens ont également leurs propres sanctions, qui prévoient notamment un gel des avoirs et une interdiction de se déplacer sur le territoire de l’UE.

Des sanctions commerciales ou financières sont également en place, notamment une interdiction d’exporter des armes ou des biens à double usage civil et militaire, ou susceptibles d’être utilisés dans le cadre d’activités liées à l’enrichissement nucléaire. Une interdiction d’importer du pétrole brut, du gaz fossile, ainsi que des produits pétroliers et pétrochimiques en provenance d’Iran est également en vigueur.

La semaine dernière, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé son intention d’interdire d’autres exportations de technologies critiques liées aux drones et aux missiles.

Un responsable européen a confirmé vendredi dernier que la proposition de désigner le CGRI comme organisation terroriste était à l’ordre du jour de la réunion de cette semaine, mais a précisé qu’elle nécessitait l’unanimité pour être approuvée et que « nous n’y sommes pas encore ».

Le 11 janvier, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, avait jugé que « l’heure était venue pour l’UE de qualifier les Gardiens de la Révolution iranienne d’organisation terroriste ».

Les États-Unis ont inscrit le CGRI sur la liste des organisations considérées comme terroristes par le département d’État en 2019.

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