Ronen Manelis à Paris: « le Hamas dépense votre argent dans le terrorisme »
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Ronen Manelis à Paris: « le Hamas dépense votre argent dans le terrorisme »

"Les habitants de Gaza ne sont pas mes ennemis. Le Hamas les a pris en otage", a déclaré le porte-parole de Tsahal à la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale

Le porte-parole de l'armée israélienne, le brigadier-général Ronen Manelis, parle aux députés français devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, le mardi 3 juillet 2018 (Capture d'écran : Assemblée nationale)
Le porte-parole de l'armée israélienne, le brigadier-général Ronen Manelis, parle aux députés français devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, le mardi 3 juillet 2018 (Capture d'écran : Assemblée nationale)

Le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Ronen Manelis, a expliqué aux parlementaires français réunis mardi à Paris que le Hamas utilise les fonds donnés à Gaza par la France pour construire des infrastructures militaires et préparer des attentats terroristes.

« Le conflit au Moyen-Orient, comme on l’appelle, n’est pas un conflit entre voisins », a déclaré Manelis devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

« Israël est aux prises et se bat contre une organisation terroriste meurtrière que rien n’arrête dans ses attaques contre des femmes, des enfants, des civils innocents – notamment des civils vivant sous sa direction. Le Hamas annonce ses intentions meurtrières à chaque fois qu’il en a l’occasion et il entreprend des actions qui contreviennent clairement au droit international et aux valeurs universelles des sociétés humaines ».

Des sommes représentant des milliards de shekels provenant des pays donateurs « et notamment des contribuables français sont employées pour construire des capacités terroristes », a mis en garde Manelis.

« Ne soyez pas trompés par le Hamas. C’est un groupe terroriste militarisé dans tous les sens du terme, avec un état-major, des brigades de combat, des bataillons opérationnels et des plans d’attaque contre Israël. Cette organisation a assassiné des milliers d’Israéliens, d’Américains, des citoyens français et britanniques dans des explosions de bus, des attentats-suicides commis dans les centres commerciaux et dans les restaurants, et dans des attaques à l’arme blanche et à la voiture-bélier ».

Manelis est actuellement en visite officielle à Paris. Son emploi du temps comportera des rencontres avec des think-tanks et avec des associations juives locales.

Dans son allocution, Manelis a également évoqué l’implication de l’Iran à Gaza, accusant le commandant des forces al-Quds iraniennes, Qassem Suleimani, d’être « un tueur en série responsable de milliers de morts dans le monde… et qui envoie 100 millions de dollars par an aux groupes terroristes à Gaza. Cet argent n’est utilisé que pour une seule fin : construire des capacités militaires dans le but de commettre des attentats terroristes. Tous les endroits touchés par l’Iran et Suleimani ont connu la destruction et la dévastation – le Yémen, l’Irak, la Syrie et Gaza ».

Des manifestants palestiniens lors d’affrontements avec les forces israéliennes près de la frontière entre Gaza et Israël, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Abed Rahim Khatib / Flash90)

Le Hamas a métamorphosé Gaza en « capitale du terrorisme, de l’obscurantisme et du meurtre. Au lieu d’une histoire qui se finit bien, nous avons ici l’exemple d’une histoire d’échec et de répression. Non seulement le Hamas n’autorise pas les droits de l’Homme mais il choisit même de ne faire aucun investissement dans sa propre population, et le chômage dans la bande atteint des sommets ».

Il a ajouté que « les habitants de Gaza ne sont pas mes ennemis. Le Hamas les a pris en otage ».

Il a également déclaré que les manifestations massives qui ont eu lieu ces dernières semaines à la frontière avaient été programmées par le Hamas pour commettre des attentats terroristes.

« Appeler ce qui est arrivé à Gaza un ‘mouvement de protestation’ est une erreur. Ce sont des actions dont l’objectif est le terrorisme. Nous avons des informations sans équivoque de la part de nos services de renseignement, selon lesquelles il était prévu de tuer et d’enlever des soldats, de s’infiltrer dans les villes israéliennes » sous la couverture des émeutes frontalières, a expliqué Manelis.

« Nous ne pouvons pas permettre aux terroristes, même s’ils sont habillés en civil, d’arriver jusqu’aux citoyens israéliens et de leur faire du mal ».

Les propos tenus par Manelis sur les manifestations à Gaza sont peut-être une réfutation du positionnement officiel adopté par le président français Emmanuel Macron, qui avait indiqué lors d’une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Paris, le 6 juin, que les violences avaient été causées par le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem au mois de mai.

L’administration du président Donald Trump et certains responsables israéliens ont maintenu que ces violences n’avaient aucun lien avec le transfert de l’ambassade qui, selon eux, n’a été qu’une excuse empruntée par les terroristes de Gaza pour commettre des attentats.

Yahya Sinwar, leader du Hamas dans la bande de Gaza, durant une manifestation à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 avril 2018 (Crédit : AFP/Said Khatib)

« Si [le transfert de l’ambassade] a entraîné la mort d’individus, alors cela n’a pas été une fête », avait dit Macron lors d’une conférence de presse avec Netanyahu.

Macron avait également déclaré que son gouvernement cherchait des moyens d’améliorer la situation humanitaire critique dans la bande de Gaza.

Le président français avait exprimé sa « condamnation de toute forme de violences envers les civils, et en particulier celles de ces dernières semaines à Gaza ».

Plus de 115 Gazaouis ont été tués dans les émeutes frontalières depuis le 30 mars – dont plus de 60 en date du 14 mai, journée où les Etats-Unis avaient transféré leur ambassade. Le Hamas a déclaré que 50 personnes tuées ce jour-là appartenaient à ses rangs. Le 14 mai était également la veille de la « journée de la Nakba », lorsque les Palestiniens célèbrent ce qu’ils qualifient la « catastrophe » de la création d’Israël.

L’Etat juif a fait savoir que ses forces avaient ouvert le feu sur les manifestants alors que de nombreuses personnes prenaient d’assaut la frontière et, dans certains cas, tentaient de blesser des soldats, d’endommager la clôture, d’entrer en Israël ou de commettre des attentats terroristes. Israël accuse le Hamas de chercher à utiliser les manifestations comme couverture pour mener des violences.

Au moins la moitié des personnes tuées depuis le début du mouvement de protestation ont été identifiées comme étant des membres du Hamas ou d’autres groupes terroristes.

Manelis a invité les députés français en Israël, leur disant qu’il est « difficile de saisir de loin ce que représente ce défi sécuritaire. Je vous invite à venir voir le défi de défense que doit relever l’armée israélienne. Nous, et vous, partageons la même menace ».

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