Rosh Hashana: Le message d’Isaac Herzog au peuple juif

'Après tant de souffrances et de nostalgie, les notes majestueuses du shofar résonnent en trois appels qui nous ouvrent la voie vers un avenir meilleur'

Le président Isaac Herzog à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 8 septembre 2026. (Crédit: Kobi Gideon / GPO)

Le son emblématique de Rosh Hashanah est celui du shofar – qui incarne toute la palette d’émotions que nous ressentons pendant les Grandes Fêtes.

C’est un appel que notre peuple fait retentir depuis des générations, pour demander pardon et pour s’inscrire dans le Livre de la Vie.

C’est, comme notre tradition nous l’enseigne, un appel à nous recentrer sur nous-mêmes, un appel qui nous exhorte à réorienter nos vies et nos objectifs.

Plus poignant encore, le cri perçant du shofar porte en lui la douleur : la douleur de ceux que nous avons perdus, la douleur de ceux qui ont défendu notre seul État juif, la douleur de ceux qui sont victimes du terrorisme à l’intérieur de nos frontières, et la douleur de ceux qui sont victimes de la vague d’antisémitisme qui déferle actuellement à travers le monde. Chères sœurs et chers frères, tel est le sentiment que nous partageons dans nos cœurs et dans nos âmes, et ce où que nous vivions.

Pourtant, les notes longues et majestueuses du shofar portent trois autres appels, qui sont autant de réponses à ces angoisses. Le premier est l’appel de la fierté. Le shofar proclame : « Nous sommes là, nous sommes forts, nous sommes Juifs, nous sommes Israéliens, et nous en sommes très fiers ».

Je vois cette fierté dans les communautés juives du monde entier, partout où je vais, tout comme je la vois chez les nombreuses personnes qui nous rendent visite ici, à Jérusalem. Je tire une inspiration particulière des jeunes Juifs que je rencontre, dont le sens des responsabilités et l’amour porté à notre peuple constituent notre meilleure réponse à la haine de nos ennemis.

Cela se reflète également dans les millions d’amis qu’Israël et le peuple juif comptent partout dans le monde, en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Asie, en Afrique, en Australie et bien au-delà.

Ensuite, et au-delà d’une simple manifestation de fierté, le shofar est aussi un appel au passage à l’action qui remue les cœurs. C’est un appel à continuer de rendre le monde meilleur, en embrassant le tikkoun olam, surtout en ces temps très difficiles. C’est un appel à relever les plus grands défis qui pèsent sur l’avenir de notre peuple. C’est précisément l’objectif de « Voice of the People », cette initiative et ce conseil que j’ai fondés, qui représentent toutes les composantes d’Israël et du monde juif, et dont une nouvelle promotion sera lancée cet automne.

Enfin, le shofar nous invite à écouter : non seulement sa mélodie, mais aussi à nous écouter les uns les autres, et ce faisant, à nous respecter mutuellement. Pour les Israéliens, alors que nous débattons de l’avenir de notre pays à l’approche des élections du mois prochain, et pour les Juifs de la diaspora qui suivent de près ces événements, c’est un appel auquel nous devons tous prêter attention.

Le son du shofar transcende la langue, le temps et l’espace. Il rassemble notre peuple, notre grande famille juive, à Rosh Hashanah pour un moment de réflexion, de fierté et d’engagement renouvelé envers notre foi, les uns envers les autres et envers le monde.

Le grand rabbin Lord Jonathan Sacks, de mémoire bénie, avait dit un jour que le shofar nous rappelait notre destination ultime, en nous indiquant le chemin qu’il nous reste à parcourir. Le peuple juif et l’État d’Israël ont toujours connu notre destination et le chemin que nous parcourons.

Alors que nous entrons dans la nouvelle année, puissions-nous tous poursuivre ce chemin ensemble, et puissions-nous tous être inscrits dans le Livre de la Vie pour une année de bénédiction, d’harmonie et de paix.

Shana Tova à vous tous.

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