Royaume-Uni : Les actes antisémites proches de leur niveau record en 2025 – rapport

Le Community Security Trust a indiqué qu'après une baisse en 2024, le deuxième plus grand nombre d'incidents visant les Juifs avait été enregistré l'an dernier

Des policiers armés discutent avec des membres de la communauté près de la synagogue Heaton Park Hebrew Congregation à Crumpsall, au nord de Manchester, le 2 octobre 2025 (Crédit : Paul Currie / AFP)

Les actes antisémites au Royaume-Uni ont atteint leur deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré en 2025 – avec en tête l’attentat terroriste meurtrier survenu dans une synagogue de Manchester le jour de Yom Kippour, selon un nouveau rapport qui a été diffusé mercredi par le Community Security Trust.

Cette organisation à but non-lucratif, groupe de veille de l’antisémitisme qui assure également la sécurité des Juifs britanniques, a recensé 3 700 incidents antisémites l’année dernière. Un chiffre qui est supérieur de 4 % aux 3 556 incidents consignés en 2024, mais inférieur aux 4 298 incidents – ce qui avait été sans précédent – enregistrés en 2023 dans le sillage du pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7-Octobre.

Ces chiffres incluent les agressions physiques, les actes de vandalisme, les menaces et les insultes en ligne.

L’incident le plus grave a été l’attaque terroriste qui a été commise à la congrégation de Heaton Park, à Manchester, pendant Yom Kippour, le jour le plus sacré du calendrier juif, a noté le CST. Deux fidèles, Melvin Cravitz et Adrian Daulby, avaient été tués et trois autres personnes avaient été gravement blessées.

Cela avait été le premier attentat antisémite meurtrier enregistré au Royaume-Uni depuis le début du recensement des incidents antijuifs par l’organisation, en 1984.

Il avait, de surcroît, aussitôt déclenché une recrudescence des incidents antisémites. Le CST a annoncé qu’il avait consigné 40 incidents le jour de l’attaque et 40 autres le lendemain – et plus de la moitié faisaient référence aux meurtres ou les saluaient.

Ainsi, le mois d’octobre a été le pire mois de 2025 en termes d’incidents antisémites et le cinquième pire mois jamais consigné, a écrit le CST dans son rapport.

Après « deux années de haine anti-juive intense », ces incidents « ont montré la profondeur de l’extrémisme auquel sont confrontés les Juifs et toute notre société britannique », a commenté Mark Gardner, le directeur général du CST. « Ce qui renforce encore la détermination du CST s’agissant de la nécessité de continuer de protéger notre communauté, en lui donnant la force et la dignité nécessaires pour qu’elle puisse mener la vie de son choix ».

(À gauche) Melvin Cravitz et (à droite) Adrian Daulby, tous deux tués le 2 octobre 2025 dans un attentat terroriste contre une synagogue à Manchester, en Angleterre, sur des photos non datées. (Police du Grand Manchester)

En incluant l’attentat de Manchester, le CST a enregistré quatre incidents dans la catégorie des « violences extrêmes » en 2025, ce qui représente le double du nombre qui avait été enregistré l’année précédente et plus que le total combiné des trois années précédentes.

En tout, le CST a répertorié en moyenne 308 incidents par mois, soit deux fois plus que la moyenne mensuelle qui était observée avant octobre 2023, a-t-il fait savoir. Aucun mois n’a enregistré moins de 200 incidents.

Il y a eu aussi 170 agressions antisémites – ce qui a représenté environ 5 % de tous les incidents – tandis que les cas de dommages et de profanation de biens juifs ont fortement augmenté, de 38 %, atteignant le chiffre record de 217.

Les comportements violents – harcèlement verbal, messages de haine et graffitis – sont restés les plus courants, constituant 83 % de tous les incidents. Le CST a également enregistré 1 541 incidents antisémites en ligne, soit le total annuel le plus élevé jamais enregistré. Le chiffre marque également une augmentation de 23 % par rapport à 2024. Les cas d’antisémitisme sur internet ont représenté 42 % de l’ensemble des incidents, soit la plus grande proportion jamais documentée.

« Ce chiffre ne représente qu’une fraction du contenu antisémite en ligne, car le CST ne fait pas de recherches de manière proactive sur les réseaux sociaux et il n’enregistre que les incidents signalés par les victimes », a fait remarquer le rapport.

Selon le rapport, plus de la moitié de tous les incidents antisémites ont fait référence à Israël, à la Palestine, au Hamas ou à la guerre en cours au Moyen-Orient. Près de la moitié d’entre eux ont mis en exergue des motivations explicitement anti-sionistes, avec un langage ou des cibles antisémites. Des images ou des discours liés au nazisme et à la Shoah sont apparus dans 27 % de tous les incidents.

Le duo Bob Vylan se produit sur la scène West Holts, pendant le festival de Glastonbury à Worthy Farm, dans le Somerset, en Angleterre, le 28 juin 2025. (Crédit : Yui Mok/PA via AP)

Après que le groupe de punk-rap Bob Vylan a scandé « Death to the IDF » à l’occasion d’un concert donné au festival de Glastonbury, au mois de juin, le CST a recensé 32 incidents qui utilisaient cette formule dans des contextes explicitement antisémites. Aucun incident de ce type n’avait été enregistré auparavant, a-t-il noté.

En 2025, le nombre d’incidents antisémites dans les écoles a diminué de 23 %, tandis que ceux liés à l’université ont diminué de 41 % d’une année sur l’autre. Toutefois, les incidents touchant les synagogues et leurs fidèles ont légèrement augmenté, passant de 222 cas en 2024 à 227 en 2025.

Il y a eu 36 incidents antisémites en lien avec le football professionnel contre 25 en 2024. Quatorze ont été liés à la décision prise par la police des West Midlands d’interdire aux supporters du Maccabi Tel Aviv d’assister à un match contre Aston Villa, ce qui avait provoqué une recrudescence des insultes antisémites.

Des pancartes anti-Israël aperçues avant un match de football entre Aston Villa et le Maccabi Tel Aviv à Birmingham, au Royaume-Uni, le 6 novembre 2025. (Captures d’écran via X, via Deen1fied sur Instagram)

Sur le plan géographique, le Grand Londres et le Grand Manchester ont représenté 61 % de tous les incidents – même si le CST a fait savoir que des activités antisémites avaient été enregistrées dans toutes les régions. En dehors de ces deux zones, les chiffres les plus élevés ont été enregistrés dans le West Yorkshire, le Hertfordshire, les West Midlands, le Sussex et le Merseyside.

Outre les 3 700 incidents antisémites confirmés, le CST a expliqué avoir pris en charge 3 000 signalements supplémentaires qui ne répondaient pas aux critères requis pour être classés comme antisémites. L’organisation a toutefois précisé qu’un grand nombre d’entre eux avaient tout de même nécessité l’intervention des services de sécurité ou de la police.

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