Royaume-Uni : Les conservateurs exigent l’expulsion des étudiants étrangers antisémites
Le fait de ne pas protéger les 9 000 étudiants juifs du pays « envoie un message dangereux », ont dit les députés de l'opposition à la secrétaire à l'Éducation, Bridget Phillipson
Des conservateurs britanniques ont demandé à la secrétaire à l’Éducation, Bridget Phillipson, d’expulser les étudiants étrangers antisémites.
Au sein du cabinet fantôme, Laura Trott, en charge des questions d’éducation, et Chris Philp, responsable de l’Intérieur, ont fait part de leur inquiétude envers la « montée très inquiétante des actes antisémites… en particulier sur les campus universitaires », a rapporté samedi le Telegraph dans une lettre adressée à Phillipson.
Le Parti conservateur a donc pressé le gouvernement d’utiliser les pouvoirs que lui confère la loi sur l’immigration de 1971 pour révoquer les visas des ressortissants étrangers qui harcèlent ou tentent d’intimider des membres de la communauté juive.
« Le fait de ne pas agir envoie un message dangereux aux étudiants et universitaires juifs, à savoir que leur sécurité ne nous importe pas, et aux auteurs des actes antisémites, qu’ils peuvent harceler les étudiants et membres du personnel juifs en toute impunité », lit-on dans cette lettre.
« Un bien trop grand nombre d’institutions qui, depuis des années rognent la liberté d’expression et le débat légitime au nom de la ‘diversité et de l’inclusion’, ont choisi de fermer les yeux sur de véritables faits de harcèlement et d’intimidation lorsqu’ils sont dirigés contre le peuple juif. »
Cette proposition d’expulser les étudiants étrangers accusés d’actes antisémites fait suite aux mesures semblables prises par l’administration Trump, aux États-Unis.
Depuis janvier dernier, date à laquelle le président américain Donald Trump a signé un décret pour lutter contre l’antisémitisme, des centaines d’étudiants étrangers se sont ainsi vus révoquer leur visa voire détenus.
En octobre dernier, Phillipson a déclaré que les universités britanniques devaient faire preuve de plus de fermeté pour protéger les étudiants juifs menacés par l’antisémitisme sur les campus.
« Un acte antisémite, c’est toujours un de trop », avait-elle déclaré à l’époque.
Les actes antisémites au sein des universités britanniques ont atteint des niveaux records l’an dernier, à la suite de l’attaque commise par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023, avec lancers d’œufs sur des étudiants juifs après un événement avec le grand rabbin du Royaume-Uni ou des graffitis avec des croix gammées lors d’une conférence de la National Union of Students.
En mai dernier, un rapport présenté à la Chambre des Lords par StandWithUs UK a montré que les étudiants juifs des universités britanniques faisaient face à des taux d’antisémitisme sans précédent, avec des menaces, des intimidations et des attaques depuis l’assaut du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023.
Le Community Security Trust (CST), organisation à but non lucratif en charge de la protection des Juifs britanniques, a enregistré 272 actes antisémites sur les campus en 2023-24 – un record.
Dans tout le Royaume-Uni, ce sont plus de 1 500 actes antisémites qui ont été rapportés entre janvier et juin 2025, un chiffre à peine inférieur au record de la première moitié de 2024, indiquait le Community Security Trust en août dernier.
Il y a actuellement plus de 9 000 étudiants juifs dans les universités britanniques et 86 associations étudiantes juives, souligne-t-il.
comments