Rubio : le Hamas a « une fenêtre très courte » pour accepter un accord de trêve
'Notre choix numéro un est que cela se termine par un règlement négocié où le Hamas déclare: 'Nous allons nous démilitariser, nous ne poserons plus de menace'', a dit le chef de la diplomatie américaine
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a averti mardi que le Hamas ne disposait que de quelques jours pour accepter un accord de cessez-le-feu au moment où Israël a lancé des frappes particulièrement nourries sur Gaza-City.
« Les Israéliens ont commencé à mener des opérations là-bas. Nous pensons donc que nous avons une très courte fenêtre de temps pour qu’un accord puisse être conclu » avec le groupe terroriste islamiste palestinien, a-t-il déclaré à des journalistes.
« Nous n’avons plus des mois » mais « probablement quelques jours et peut-être quelques semaines », a indiqué M. Rubio en quittant Israël pour le Qatar.
« Notre choix numéro un est que cela se termine par un règlement négocié où le Hamas déclare: ‘Nous allons nous démilitariser, nous ne poserons plus de menace' », a dit le chef de la diplomatie américaine.
« Parfois, lorsqu’on traite avec un groupe de sauvages comme le Hamas, ce n’est pas possible, mais nous espérons que cela puisse arriver », a ajouté M. Rubio.
Le secrétaire d’Etat américain a promis lundi le « soutien indéfectible » de son pays à Israël pour éliminer le Hamas palestinien, près de deux ans après une guerre dévastatrice dans la bande de Gaza.
Tôt mardi, Israël a mené des bombardements particulièrement violents sur Gaza-City, détruisant plusieurs bâtiments d’habitation, ont indiqué des témoins à l’AFP.
« Il y a des bombardements massifs et incessants sur la ville de Gaza et le danger ne cesse d’augmenter », a déclaré à l’AFP Ahmed Ghazal, un habitant de cette zone.
Cet homme de 25 ans a décrit une « explosion qui a violemment secoué le sol du quartier » peu après 01H00 locale mardi (22H00 GMT lundi).
« J’ai couru dans la rue, sur le site de la frappe », « trois maisons » d’un bloc résidentiel « ont été complètement rasées ». « De nombreuses personnes sont emprisonnées sous les débris et on peut entendre leurs cris. »
Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile de la bande de Gaza, un organe placé sous contrôle du Hamas, a déclaré à l’AFP que « les bombardements se (poursuivaient) intensément dans tout Gaza-City », précisant que « le nombre de morts et de blessés (continuait) d’augmenter ».
« Il y a des morts, des blessés et des personnes disparues sous les décombres suite à des frappes aériennes israéliennes visant un bloc résidentiel près de la place Al-Shawa dans Gaza-City », a-t-il détaillé, évoquant « un massacre majeur ».
La Défense civile avait fait état de 49 Palestiniens tués lundi, dont plus de la moitié à Gaza-ville, où l’armée a intensifié ses attaques avec l’objectif de s’en emparer. Ces chiffres sont invérifiables et ne font pas la distinction entre civils et terroristes. Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
Le déplacement de M. Rubio dans la région intervient après une attaque israélienne inédite le 9 septembre au Qatar contre des chefs du Hamas.
Rassurer Doha
Après Jérusalem, M. Rubio est parti mardi matin pour Doha, où il devrait rencontrer l’émir Tamim ben Hamad Al-Thani, afin de « réaffirmer le soutien » américain au Qatar après l’attaque israélienne, selon le département d’Etat.
L’attaque aérienne au Qatar, pays médiateur entre Israël et le Hamas et qui abrite la plus grande base aérienne américaine de la région, avait provoqué de rares critiques de Donald Trump contre Israël.
Le président américain a assuré lundi à des journalistes dans le Bureau ovale qu’Israël « ne frappera pas au Qatar ».
Marco Rubio a affirmé mardi que le Qatar était le seul pays capable de jouer le rôle de médiateur pour Gaza.
Réunis lundi à Doha après l’attaque israélienne, les dirigeants des pays arabes et musulmans ont appelé à « revoir les relations diplomatiques et économiques avec Israël et à engager des poursuites à son encontre ».
La guerre dans la bande de Gaza a été déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 qui a entraîné la mort de plus de 1 200 personnes côté israélien, en majorité des civil.
Le ministère de la santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 64 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.
M. Rubio a affiché lors de sa visite la solidarité des Etats-Unis avec Israël avant un sommet coprésidé par la France et l’Arabie saoudite le 22 septembre à l’ONU, destiné à promouvoir la reconnaissance d’un Etat de Palestine, au côté d’Israël.
Lundi soir, le secrétaire d’Etat avait rencontré à Jérusalem des familles d’otages, selon un responsable du département d’Etat. Sur les 251 personnes enlevées durant l’attaque du 7 octobre, 47 sont encore retenues à Gaza, dont 25 décédées selon l’armée israélienne. Le Hamas détient, en outre, la dépouille d’un soldat tué et enlevé en 2014.
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