Rubio : « Nous sommes satisfaits de la décision d’autoriser une partie de l’aide à Gaza »

Le secrétaire d'État américain a toutefois reconnu que la petite poignée de camions qui sont entrés dans la bande de Gaza n'était pas suffisante

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio assiste à une audition de la commission des affaires étrangères du Sénat dans le Dirksen Senate Office Building, le 20 mai 2025 à Washington. (Crédit : Anna Moneymaker/Getty Images/AFP)

Les États-Unis sont « satisfaits » de la décision qui a été prise mardi par Israël de lever son blocus de 78 jours sur l’aide humanitaire à Gaza, mais ils reconnaissent que la petite poignée de camions qui sont entrés dans la bande de Gaza n’est pas suffisante, a déclaré mardi le secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Témoignant devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères, Rubio a indiqué qu’il croyait savoir qu’une centaine d’autres camions d’aide – si ce n’est plus – entreraient dans la bande de Gaza dans les prochains jours. Il a précisé qu’il avait récemment rencontré des représentants du Programme alimentaire mondial (PAM) pour discuter des efforts qui visent à accélérer la distribution de l’aide à Gaza.

Un diplomate occidental proche du dossier avait indiqué au Times of Israel au début du mois que l’administration Trump avait menacé de réduire ses fonds au PAM si l’organisation ne coopérait pas avec une nouvelle initiative d’aide à Gaza soutenue par Israël.

Le PAM et d’autres groupes d’aide se sont opposés à cette initiative, arguant qu’elle entraînerait un déplacement massif des habitants de Gaza vers le sud de la bande, où quelques centres de distribution de l’assistance seraient établis, et qu’elle incluait d’autres critères israéliens stricts qui, selon les organisations internationales, ne répondent pas à la gravité de la crise humanitaire.

Rubio a dit devant la commission sénatoriale que les États-Unis souhaitaient que la guerre à Gaza se termine « avec l’espoir d’une élimination du Hamas ».

« Parce que les habitants de Gaza méritent un avenir plus prospère et plus pacifique, qu’ils n’auront jamais tant que le Hamas existera », a-t-il noté.

Un Palestinien âgé pousse sa bicyclette devant les décombres de bâtiments détruits, dans la ville de Gaza, le 20 mai 2025. (Crédit : Bashar TALEB / AFP)

Alors qu’il était interrogé sur la stratégie militaire actuelle d’Israël – qui consiste à raser la grande majorité des bâtiments de Gaza afin de réoccuper la bande de Gaza et de s’y maintenir – Rubio a affirmé qu’il ne pensait pas que ce soit le cas, ajoutant qu’Israël « prend pour cible des éléments du Hamas ».

Il a ajouté que le Hamas a été un « obstacle » à de nombreux accords dans le passé, la direction du groupe basée à Gaza prenant le pas sur ses négociateurs à l’étranger après que ces derniers ont conclu des accords avec les pays médiateurs.

Rubio a confirmé que les États-Unis ont demandé à des pays de la région et au-delà s’ils étaient prêts à accueillir temporairement des habitants de Gaza désireux de partir en raison de la guerre en cours. Il a toutefois nié qu’une initiative de « déplacement » soit en cours.

Rubio s’est demandé si le plan de déplacement pouvait vraiment être considéré comme « volontaire » alors qu’Israël coupait l’aide à Gaza et rasait la quasi-totalité de ses structures, au moment où certains ministres de haut rang se sont engagés à ce qu’Israël reste sur place en permanence.

« Vous ne voulez pas que les gens soient piégés là-bas… Ils voudront peut-être y vivre à l’avenir, mais pour l’instant, ils ne le peuvent pas… [c’est pourquoi] nous avons demandé aux pays, à titre préliminaire, s’ils étaient prêts à accueillir des gens, non pas pour de manière permanente, mais comme un pont, en quelque sorte, vers la reconstruction », a déclaré Rubio.

Alors qu’il lui était demandé si l’un des pays approchés était la Libye – dont les États-Unis espèrent apparemment qu’elle accueillera un million d’habitants de Gaza – Rubio a répondu qu’il n’était pas au courant de ces discussions.

À ce jour, aucun pays ne s’est manifesté, Israël ayant refusé de s’engager publiquement à donner à ceux qui quittent la bande de Gaza la possibilité d’y retourner, et les membres de la coalition affirmant que le plan d’Israël est d’établir des implantations dans la bande de Gaza, là où se trouvaient autrefois des villages palestiniens.

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