Ryad et Ankara signent un accord pour la construction de centrales solaires

Interrogé sur la dépendance de son pays au charbon, le ministre de l'Énergie a indiqué vouloir produire une énergie moins chère et réduire sa dépendance aux importations d'énergie

Le ministre turc de l'Énergie, Alparslan Bayraktar, s'entretenant lors du salon et de la conférence ADIPEC sur le pétrole et l'énergie à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, le 2 octobre 2023. (Crédit : Kamran Jebreili/AP Photo)

Vendredi, la Turquie et l’Arabie saoudite ont signé un accord pour la construction de centrales solaires d’une capacité combinée de 2 000 MW en Turquie, une initiative qui vise à renforcer la coopération énergétique entre les deux pays.

La cérémonie de signature, organisée dans un palais ottoman au bord du Bosphore à Istanbul, fait suite à la conclusion d’un accord énergétique de deux milliards de dollars entre les deux pays, lors de la visite du président turc Recep Tayyip Erdogan à Ryad début février.

L’accord prévoit la construction, par la société saoudienne Acwa, de deux centrales solaires dans les provinces de Sivas et de Karaman, dans le centre de la Turquie, d’une capacité combinée de 2 000 mégawatts, ce qui pourrait répondre aux besoins en électricité de 2,1 millions de foyers, ont indiqué des responsables.

Les relations entre Ryad et Ankara s’étaient refroidies après l’assassinat, en 2018, du journaliste Jamal Khashoggi, très critique envers le régime saoudien, au consulat saoudien à Istanbul.

Les relations se sont améliorées par la suite et Erdogan s’est rendu en visite officielle en Arabie saoudite en 2022, puis y est revenu un an plus tard.

Les deux pays coopèrent désormais sur un large éventail de questions diplomatiques, notamment le soutien à Gaza et au nouveau gouvernement syrien.

Le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, a salué le projet comme « l’un des investissements nationaux et étrangers les plus importants jamais réalisés dans notre secteur énergétique ».

« La Turquie garantira également son approvisionnement en électricité à un prix exceptionnellement bas, jamais atteint dans notre pays », a-t-il ajouté.

« La Turquie connaît une véritable révolution énergétique », a affirmé le ministre, ajoutant que 62 % de la capacité électrique installée l’an dernier provenait de sources renouvelables.

D’ici 2035, le pays ambitionne de porter sa capacité installée en énergie solaire et éolienne à 120 000 mégawatts.

Ankara vise également la neutralité carbone d’ici 2053, mais 33,6 % de son électricité provenait du charbon l’an dernier, selon les données officielles du ministère.

Interrogé par l’AFP sur la dépendance de la Turquie au charbon, Bayraktar a indiqué que le pays visait à produire une énergie moins chère et à réduire sa dépendance aux importations d’énergie.

« Le charbon peut être remplacé dans un premier temps par le gaz, mais à moyen et long-terme, il peut être supplanté par le nucléaire », a-t-il précisé.

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