Le ministère des Affaires étrangères annule la plupart de ses projets de fin d’année, y compris ceux du 7 octobre
Le ministère invite les postes diplomatiques à diffuser des films sur les atrocités du Hamas en petit comité ; la diplomatie bénéficie d'un budget de plus de 500 millions de shekels
Selon une communication interne adressée par le directeur général du ministère, Eden Bar Tal, à des postes diplomatiques partout dans le monde, le ministère des Affaires étrangères a revu drastiquement à la baisse ses projets de fin d’année, faute de fonds suffisants.
Les seuls programmes maintenus sont ceux ayant déjà fait l’objet d’une contractualisation, explique cette circulaire interne qu’a pu se procurer le Times of Israel.
Les cérémonies de commémoration du pogrom du 7 octobre 2023 prévues partout dans le monde pourraient bien faire les frais de ces coupes budgétaires.
Le ministère des Affaires étrangères a réitéré son engagement dans des « projets à grande échelle absolument sans précédents » – à commencer par l’invitation de centaines de délégations en Israël – mais une source interne à ce ministère constamment à court d’argent a expliqué que c’était chaque année la même chose.
Mais cette fois, Israël fait face à une crise de longue durée en ce qui concerne sa stature internationale, avec des alliés et des adversaires qui fustigent la guerre à Gaza, qui dure maintenant depuis près de deux ans.
Le média Ynet a cité des responsables anonymes du ministère pour lesquels cette annonce est un « coup mortel porté à la diplomatie publique ».
La circulaire interne explique que les fonds correspondant à des projets non contractualisés seront purement et simplement retirés du programme budgétaire du ministère. Cette décision affecte tous les événements et campagnes prévus pour la fin d’année.
« Sur instruction du directeur général, et dans le but de mutualiser les budgets disponibles en fonction des priorités établies, il n’y aura pas de prise en charge des activités, que ce soit au siège ou au niveau des postes, pour lesquelles il n’existe pas d’accord signé à ce jour », a écrit Bar Tal la semaine dernière.
« Cela signifie que dès le jeudi 11 septembre, aucun budget ne sera plus disponible au sein des différentes unités pour des activités autres que celles ayant atteint la phase de mise en œuvre, quand bine même elles seraient reprises dans un programme », a-t-il ajouté. « Je vous remercie de bien vouloir vous préparer en conséquence et de vous assurer que toute activité budgétisée réponde effectivement aux exigences contractuelles. »
Il a ajouté que les missions pouvaient toujours solliciter une dérogation et que la non prise en charge des commémorations du 7 octobre ne faisait pas obstacle à ce que les diplomates sollicitent des fonds pour diffuser une vidéo officielle des atrocités commises par le Hamas « à un public choisi et avec un impact public important ».
L’annonce a d’autant plus choqué que le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a obtenu un budget de 545 millions de shekels pour la diplomatie publique.
« C’est la première fois que le directeur général du ministère s’implique de manière aussi flagrante en raison d’une mauvaise gestion financière », explique la source anonyme citée par Ynet.
« Il y a un demi-milliard de shekels pour la diplomatie publique, et un quart seulement des fonds a été utilisé. Ils n’ont pas géré ces fonds correctement. »
Selon les confidences d’une source diplomatique au Times of Israel, la même chose se produit chaque année au début du quatrième trimestre, lorsque les budgets sont réallotis vers des initiatives prioritaires et des projets plus mûrs.
Le ministère a déclaré par voie de communiqué que les fonds iraient à de grands projets tels que des accueils de délégations – notamment américaines et allemandes – ou des campagnes digitales pro-Israël (sans plus de précisions) susceptibles de toucher des centaines de millions de personnes. Il a ajouté qu’il continuait de plaider en faveur d’une meilleure allocation en budgets de fonctionnement.
« Bien sûr, il est impossible de financer tous les projets, raison pour laquelle les ambassades ont été invitées à soumettre des demandes pour poursuivre certaines de leurs activités. Ces demandes seront priorisées en fonction de l’importance diplomatique et de la maturité du projet », indique le communiqué.
« L’idée est de s’assurer que ce soient les projets les plus susceptibles de profiter à l’État d’Israël qui soient in fine mis en œuvre. »
Mais selon des sources anonymes témoignant pour Ynet, cette circulaire est un véritable camouflet pour les diplomates de terrain qui se sentent mis de côté et vont devoir informer leurs partenaires que leurs projets doivent être annulés.
« Ils retirent des fonds de partout », a déclaré une de ces sources anonymes. « Cela ne se faisait pas, avant… Cela ne fait que blesser les quelques amis qu’il nous reste. »
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