Saint-Etienne : le maire PS veut un jumelage palestinien pour remplacer celui avec une ville israélienne

Pour justifier sa décision, la municipalité a repris à son compte l'accusation non prouvée de 'génocide' mais largement répandue auprès des nombreux détracteurs d'Israël

Régis Juanico (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le nouveau maire PS de Saint-Etienne, Régis Juanico, a annoncé vendredi la « construction d’un jumelage » avec une collectivité palestinienne pour remplacer celui liant la Ville à la commune israélienne de Nof HaGalil (nord), qu’il estime « dirigée par l’extrême droite ».

Dans un communiqué, la municipalité de gauche (hors La France insoumise) entend ainsi « placer son action de coopération sous l’égide du droit international et de la solidarité humaine », à travers ce qu’elle appelle « un nouvel acte fort de coopération internationale avec une collectivité palestinienne ».

« Face à la tragédie qui frappe le peuple palestinien et au génocide toujours en cours à Gaza, la Ville de Saint-Etienne exprime sa plus vive préoccupation » et s’engage en tant qu' »actrice résolue de la paix et du respect des droits fondamentaux », assure-t-elle, reprenant à son compte l’accusation non prouvée de « génocide » mais largement répandue auprès des nombreux détracteurs d’Israël.

La municipalité précise, à propos du jumelage établi avec Nof HaGalil (ex-Nazareth Illit) en 1974 quand Saint-Etienne était dirigée par le centriste Michel Durafour, faire « le constat d’une suspension de fait des opérations de coopération ».

Nof HaGalil, qui compte près de 50 000 habitants, a été fondée dans les années 1950 sur des terres qui appartenaient à la ville arabe voisine de Nazareth, dans le cadre d’un projet du Premier ministre israélien d’alors, David Ben Gurion, visant à « judéiser la Galilée ».

« En rompant avec une ville israélienne démocratique, la municipalité dirigée par Régis Juanico ne sert ni la paix ni la justice : elle alimente les fractures », a rappelé dans un communiqué le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) en région Auvergne-Rhône-Alpes, qui « appelle les élus à la responsabilité ».

L’annonce de la municipalité intervient à la veille d’une manifestation organisée par LFI sur la place de l’Hôtel de Ville « pour exiger le déjumelage » de Saint-Etienne « avec la colonie israélienne Nof HaGalil ». Nof HaGalil n’est pas une implantation.

Dans leur communiqué, LFI Saint-Etienne et d’autres organisations signataires (Urgence Palestine Saint-Etienne, Association France-Palestine Solidarité, OSE-CGT) annoncent que ce rassemblement, qui a pour slogan « Saint-Etienne ne doit plus soutenir l’apartheid israélien », sera suivi d’un autre sur le même thème lundi après-midi lors du conseil municipal.

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