Saisie d’explosifs du Hezbollah au Liban: 13 personnes poursuivies – Responsable à l’AFP

Les autorités libanaises sont soumises aux pressions internationales, notamment américaines, pour désarmer le mouvement chiite

Des membres des « Scouts al-Mahdi » du Hezbollah brandissent des portraits des dirigeants du Hezbollah, Hassan Nasrallah et son cousin et successeur, Hashem Safieddine, lors d'un rassemblement marquant le deuxième anniversaire de leur assassinat lors de frappes aériennes israéliennes, à Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 4 octobre 2026. (Crédit: AP/Hassan Ammar)

La justice libanaise a engagé vendredi des poursuites contre 13 personnes, dont deux déjà détenues, pour leur implication présumée dans le transport d’une importante cargaison d’explosifs du Hezbollah, a indiqué à l’AFP un responsable judiciaire, une mesure que le parti a qualifiée d' »inéquitable ».

Elle intervient dans un contexte de pressions accrues sur le Hezbollah pro-iranien, sorti affaibli de deux guerres successives avec Israël depuis 2023 et que le gouvernement a décidé de désarmer.

Les forces de sécurité avaient interpellé le 8 octobre deux hommes qui transportaient une demi-tonne d’explosifs sur la route reliant l’est du pays, frontalier de la Syrie, à Beyrouth.

L’organisation avait reconnu que les explosifs saisis lui appartenaient et affirmé qu’ils étaient destinés à la « résistance » contre Israël.

Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire « a engagé des poursuites contre 12 membres du Hezbollah et contre l’épouse de l’un d’eux, dans l’affaire de la cargaison d’explosifs », a affirmé le responsable judiciaire ayant requis l’anonymat.

Ils sont poursuivis notamment pour « violation des décisions du gouvernement, possession d’armes et d’explosifs et association de malfaiteurs dans le but de porter atteinte à l’autorité de l’État ».

Des membres des « Scouts al-Mahdi » du Hezbollah brandissent des portraits et des drapeaux libanais lors d’un rassemblement marquant le deuxième anniversaire des assassinats des dirigeants du Hezbollah Hassan Nasrallah et de son cousin et successeur, Hashem Safieddine, tués lors de frappes aériennes israéliennes, à Dahiyeh, une banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 4 octobre 2026. (Crédit: AP/Hassan Ammar)

Ils risquent dix ans de travaux forcés.

Huit d’entre eux ont été identifiés –les deux détenus et l’épouse de l’un d’eux–, mais les cinq autres ne sont connus que par leurs noms de guerre.

Le dossier a été transféré au juge militaire compétent pour délivrer les mandats d’arrêt, a ajouté le responsable.

« Ces accusations sont injustes et inéquitables », a réagi Hussein Hajj Hassan, député du Hezbollah.

Les personnes poursuivies « n’ont pas porté atteinte à la sécurité et l’intégrité de l’Etat, mais affrontaient plutôt l’ennemi israélien qui menace l’existence du Liban », a indiqué le député, cité dans un communiqué.

« Ils accomplissaient un devoir national en défendant leur pays et la souveraineté de l’État (…) et méritent d’être honorés plutôt que jugés », a-t-il ajouté.

Le Hezbollah est la seule formation à avoir gardé ses armes au sortir de la guerre civile en 1990, au nom de la « résistance » à Israël, et refuse de désarmer.

Les autorités libanaises sont soumises aux pressions internationales, notamment américaines, pour désarmer le mouvement chiite.

Le secrétaire d’Etat Marco Rubio avait exhorté le président libanais Joseph Aoun « à demander des comptes à tous ceux qui ont ordonné, financé et dirigé cette livraison, et souligné qu’il devrait être hors de question de restituer les explosifs au Hezbollah ».

read more: