Salon Milipol : Manifestation de collectifs anti-Israël à Villepinte
Israël demeure l’une des nations les plus représentées au salon, derrière les grandes puissances européennes et américaines du secteur
Des collectifs anti-Israël ont manifesté, mercredi 19 novembre, au lendemain de l’ouverture du salon Milipol Paris, le plus grand rendez-vous mondial consacré à la sécurité intérieure, devant le parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis).
Environ une centaine de militants, issus notamment de « Stop Arming Israël », « Guerre à la guerre » et d’autres organisations, ont protesté contre la présence d’une quarantaine d’entreprises israéliennes au salon.
Sur le parvis, face à une présence policière notable, les manifestants ont notamment scandé : « Israël assassin, Milipol complice ! ».
Les organisateurs ont accusé le salon d’offrir une vitrine à des sociétés qu’ils estiment impliquées, directement ou indirectement, dans les opérations militaires israéliennes à Gaza. Ils ont voulu dénoncer un « business de la mort », visant particulièrement les technologies de surveillance, les systèmes de contrôle des frontières et les armes dites « à létalité réduite », qu’ils affirment voir déployées « dans les quartiers populaires, les prisons, contre les exilés et dans les manifestations ».
Dans un communiqué, les collectifs ont critiqué plus largement la participation de 38 entreprises israéliennes – un nombre confirmé par la direction du salon – et accusé la France d’entretenir des coopérations sécuritaires avec des régimes « autoritaires », citant notamment les Émirats arabes unis, pointés pour leur rôle dans le conflit au Soudan.
Ils estiment que cette édition s’inscrit dans un contexte international marqué par « une guerre globale menée par les États contre les peuples », mentionnant les situations dans les Territoire palestiniens, en République démocratique du Congo, au Soudan ou encore au Cameroun.
Le salon Milipol, organisé tous les deux ans sous l’égide du ministère de l’Intérieur français, s’est tenu du 18 au 21 novembre. Plus de 30 000 visiteurs et 1 100 exposants étaient attendus cette année à Villepinte, où ont été présentées les dernières innovations en matière de sécurité intérieure et de maintien de l’ordre.
La présence israélienne avait suscité une polémique mi-novembre. Depuis 2024, plusieurs salons de défense français ont interdit l’accès à des entreprises israéliennes en raison de la guerre à Gaza. Pour cette édition 2025, Emmanuel Macron a cependant indiqué que « l’ensemble des entreprises israéliennes qui le souhaitent » pourraient participer au salon, arguant d’un « dialogue constructif » à maintenir avec Israël malgré les tensions diplomatiques. Cette décision avait été annoncée le 11 novembre par Meyer Habib, qui avait publié une capture d’écran d’une conversation SMS avec Emmanuel Macron. L’ancien député français avait contacté le président alors que la presse israélienne rapportait que huit sociétés du pays avaient été refusées, avant ce revirement.
Ces derniers mois, les entreprises israéliennes ont été empêchées d’exposer dans les salons de la défense en France. Leur participation avait ainsi été refusée au salon Eurosatory, organisé au printemps 2024. Il en avait été de même au Salon aéronautique du Bourget, en juin 2025, pour les exposants d’« armes offensives ».
Israël demeure l’une des nations les plus représentées au Milipol, derrière les grandes puissances européennes et américaines du secteur. Ce n’était ainsi pas la première fois que des militants anti-Israël manifestaient contre la présence d’entreprises israéliennes à l’évènement.