Sami Hamdi, expulsé des États-Unis pour son soutien au 7-Octobre, atterrit à Londres
Le commentateur britannique qui avait salué la 'victoire euphorisante' du Hamas arrive à Heathrow et dénonce sa détention par l'ICE comme une atteinte à la liberté d'expression
LONDRES – Le commentateur politique britannique pro-palestinien et anti-Israël Sami Hamdi a atterri jeudi à Londres, après avoir passé plus de deux semaines en détention dans un centre d’immigration aux États-Unis.
Hamdi avait été arrêté le 26 octobre à l’aéroport international de San Francisco, après la révocation de son visa par les autorités américaines alors qu’il effectuait une tournée de conférences durant laquelle il critiquait les actions d’Israël à Gaza. L’administration Trump l’a accusé d’avoir soutenu le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
« C’est merveilleux d’être de retour après avoir été innocenté par deux juges fédéraux, qui ont tous deux conclu à de graves violations de la liberté d’expression », a déclaré Hamdi aux journalistes à son atterrissage à l’aéroport Heathrow de Londres, où sa famille l’attendait.
Il a indiqué que la seule accusation retenue contre lui concernait le dépassement de la durée de son visa, celui-ci ayant été révoqué sans avertissement. Il a insisté sur le fait qu’il avait respecté toutes les conditions de son visa et a affirmé que la mesure était liée à son engagement en faveur de Gaza.
« Je tiens à dire que cette attaque ne visait pas seulement ma personne. Elle visait les libertés des Américains ordinaires et des citoyens du monde entier. Elle visait leur liberté de dire la vérité face à la haine », a-t-il déclaré.
Les services américains de l’immigration et des douanes (ICE) ont indiqué que le visa de Hamdi avait été annulé au titre des règles de sécurité, et qu’il se trouvait dès lors en situation irrégulière sur le territoire américain. Des organisations de défense des droits humains et plusieurs groupes de protection de la liberté de la presse ont dénoncé sa détention, la qualifiant d’atteinte à la liberté d’expression.
Dans un communiqué publié au moment de son arrestation, une porte-parole du département de la Sécurité intérieure a cité une vidéo mise en ligne peu après les massacres du Hamas, dans laquelle Hamdi appelait à « célébrer la victoire » du 7 octobre et demandait à son public « combien d’entre vous ont ressenti de l’euphorie » en apprenant les atrocités commises par le Hamas. Ce jour-là, les terroristes ont tué plus de 1 200 personnes et en ont enlevé 251, emmenées en otages dans la bande de Gaza.
Hamdi a soutenu par la suite qu’il ne cherchait pas à louer les attaques, mais à dire que la violence était « une conséquence naturelle de l’oppression exercée sur les Palestiniens ».
Le département d’État n’a pas précisé quel propos ou quel acte avait motivé la révocation du visa. Dans une publication sur X, il a cependant rappelé que les États-Unis n’avaient « aucune obligation d’accueillir des ressortissants étrangers » que l’administration considère comme « soutenant le terrorisme et compromettant la sécurité des Américains ».
« Nous continuons à révoquer les visas des personnes impliquées dans de telles activités », a ajouté le département.
Hamdi, directeur général du cabinet de conseil en risques politiques The International Interest et intervenant régulier sur les chaînes de télévision britanniques, avait pris la parole lors d’un gala du Council on American-Islamic Relations en Californie et devait participer à un autre événement en Floride avant son arrestation.
L’administration Trump a lancé cette année une vaste campagne de répression en matière d’immigration, comprenant la révocation de visas de personnes accusées de soutenir le terrorisme et l’expulsion de ressortissants étrangers ayant exprimé un soutien aux Palestiniens ou des positions anti-Israël.
L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.