Samuel Fitoussi, figure montante de la sphère conservatrice derrière l’affaire Thélyson Orélien

Depuis 2021, le jeune essayiste signe des chroniques dans le Figaro pour dénoncer la discrimination positive, le wokisme dans les universités ou pour s'en prendre à la gauche ou l'extrême gauche

Samuel Fitoussi sur la station de radio de radio RCJ. (Capture d'écran/YouTube)

Nouvelle figure de la sphère conservatrice, le chroniqueur Samuel Fitoussi a contribué à faire éclater l’affaire Thélyson Orélien en accusant l’écrivain canado-haïtien d’avoir eu recours à l’IA sur un compte X confidentiel, qu’il a lui-même ensuite sorti de l’anonymat.

Après des dénégations, l’essayiste de 29 ans a reconnu vendredi être derrière le compte « Balance ton Claude » qui a provoqué un séisme dans l’édition en affirmant qu’un des best-sellers de la rentrée, « C’était ça ou mourir », avait été écrit à « 100 % » par l’intelligence artificielle. En réponse, son auteur Thélyson Orélien a dénoncé une volonté de le « faire taire ».

« Je n’étais pas seul » derrière « Balance ton Claude » a affirmé sur X Samuel Fitoussi. « Il s’agissait d’un projet collectif. Les autres révéleront leur identité en temps voulu s’ils le souhaitent ».

L’ancien étudiant de HEC et de Cambridge a toutefois été un rouage essentiel de cette affaire en étant l’un des premiers à relayer sur X les accusations portées sur le compte « Balance ton Claude », lui offrant une caisse de résonance inespérée. Le compte X, qui a lui-même fait l’éloge d’un article de Samuel Fitoussi, affiche désormais plus de 10 000 abonnés contre moins de 100 avant le début de la polémique.

En reconnaissant son rôle, Samuel Fitoussi, jusque-là peu connu du grand public, bascule lui aussi subitement dans la lumière.

Depuis 2021, le jeune essayiste signe des chroniques dans le Figaro pour dénoncer la discrimination positive, le wokisme dans les universités ou pour s’en prendre à la gauche ou l’extrême gauche, revendiquant un « regard ironique » sur l’actualité.

« Oui à l’abaya, non à l’épilation : voici où en est l’extrême gauche », écrit-il en 2023 après l’interdiction contestée par certains à gauche de ce vêtement traditionnel à l’école. Dans une autre chronique, il prodigue également « dix conseils à Bernard Arnault pour plaire enfin aux bonnes consciences », lui recommandant notamment de se muer en « émeutier » ou en « professeur d’étude de genre ».

« Woke Fiction »

L’essayiste s’est également beaucoup penché sur les bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle, assurant d’ailleurs avoir porté ses accusations contre Thélyson Orélien pour démasquer les faussaires et conjurer le spectre d’une « disparition de la lecture et de l’écriture », selon son message posté sur X vendredi.

« Il est important de dénoncer les auteurs qui proposent un copié-collé de Chat GPT en prétendant qu’il s’agit de leur plume », écrit-il, récusant avoir ciblé le livre de Thélyson Orélien en raison de son thème — l’odyssée d’un migrant d’Haïti au Canada — ou du soutien de l’auteur au PDG de Grasset limogé en avril, Olivier Nora.

« Ni les idées politiques d’Orélien ni le thème de son livre ne nous importaient (ceux qui me lisent savent que mon combat contre le slop (bouillie IA, ndlr) n’a rien de politiquement partisan) », écrit le chroniqueur auteur de plusieurs essais dont « Woke Fiction », sur le supposé wokisme dans les séries, ou « Pourquoi les intellectuels se trompent ».

Aperçu comme chroniqueur à la rentrée dans l’émission de Sonia Mabrouk sur BFMTV, Samuel Fitoussi s’est confié sur ses orientations politiques, affirmant au micro de Radio J, être « plutôt de droite » et se défier davantage de l’extrême gauche que de l’extrême droite.

« Bien sûr qu’ils ne se valent pas, l’extrême gauche est aujourd’hui beaucoup plus dangereuse », a-t-il déclaré, même s’il reproche aux responsables du RN d’être « étatistes, socialistes, relativement incompétents ».

Son bulletin de vote irait toutefois sans hésitation pour Marine Le Pen en cas de duel avec Jean-Luc Mélenchon, candidat de LFI, au second tour de la présidentielle l’an prochain.

« C’est la position de bon sens », poursuivait-il sur Radio J, rejetant par-dessus tout « cette gauche antisémite, anti-occidentale, anti-police ».

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