Sanctions et reconstruction au menu de la visite historique du président syrien à Washington

Trump a exprimé l'espoir que la Syrie rejoigne la liste des pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d'Abraham en 2020

Le président par intérim syrien, Ahmed al-Sharaa, dans un bureau de vote où les membres des commissions locales syriennes votent dans le cadre du processus électoral visant à désigner un Parlement provisoire, à Damas, le 5 octobre 2025. (Crédit : Louai Beshara/AFP)

Ahmad al-Chareh, qui deviendra le premier président syrien à se rendre à la Maison Blanche dans quelques jours, y abordera la levée des sanctions encore imposées à son pays, la reconstruction et la lutte contre le terrorisme, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie syrienne.

M. Chareh est attendu à Washington début novembre, a indiqué le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani lors d’une conférence sur la sécurité à Manama, au Bahreïn. « Cette visite est assurément historique », a-t-il déclaré.

Selon une source au sein du ministère, aucun chef de l’Etat syrien ne s’était jamais rendu à la Maison Blanche auparavant.

L’émissaire américain, Tom Barrack, avait annoncé cette visite à des journalistes la veille, lors de la même conférence à Manama, disant espérer voir adhérer le président syrien par intérim à la coalition contre le groupe Etat islamique.

Ce sera la deuxième visite aux Etats-Unis d’Ahmad al-Chareh après son passage en septembre à l’ONU à New York, où cet ancien jihadiste est devenu le premier président syrien depuis 1967 à s’adresser à l’Assemblée générale.

« De nombreux sujets seront abordés, à commencer par la levée des sanctions », a indiqué M. Chaibani. « Aujourd’hui, nous combattons » le groupe Etat islamique, « tout effort dans ce sens nécessite un soutien international ».

Les discussions porteront également sur la reconstruction en Syrie, après plus de 14 ans de guerre, a-t-il précisé.

M. Chareh, dont les forces ont renversé Bachar al-Assad en décembre 2024, a rencontré Donald Trump pour la première fois en mai en Arabie saoudite, où le président américain s’est engagé à lever les sanctions paralysantes imposées à la Syrie.

M. Trump a exprimé l’espoir que la Syrie rejoigne la liste des pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham en 2020.

« C’est un sujet qui n’a pas été envisagé et qui n’a pas été discuté », a affirmé samedi M. Chaibani.

Les deux pays restent techniquement en état de guerre mais ont ouvert des négociations directes après le renversement de Bachar al-Assad.

Ahmad al-Chareh avait indiqué en septembre qu’elles visaient à parvenir à un accord de sécurité qui permettrait à Israël de se retirer des zones qu’il occupe depuis le renversement de Bachar al-Assad.

Damas s’attend à finaliser un accord d’ici fin 2025, avait déclaré à l’AFP plus tôt cette année un responsable syrien.

Depuis décembre, la Syrie est la cible d’attaques et incursions répétées d’Israël, auxquelles elle n’a pas riposté.

« Nous ne voulons pas que la Syrie entre dans une nouvelle guerre, et la Syrie n’est actuellement pas en position de menacer qui que ce soit, y compris Israël », a déclaré M. Chaibani.

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