Édito

Sans sursaut de l’opposition, Netanyahu pourrait bien se maintenir au pouvoir

Le Premier ministre du 7-Octobre bénéficie de sa réécriture éhontée de l’histoire, des faiblesses de ses adversaires et, peut-être, de l’évolution démographique d’Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) interviewé sur la Quatorzième chaîne, pro-gouvernement, le 13 octobre 2026. (Crédit : Capture d’écran) ; (à gauche, de haut en bas) Gadi Eisenkot, président du parti Yashar, lors d’une conférence destinée aux jeunes à Jérusalem, le 11 octobre 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90) ; l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, président du parti Beyahad, à Herzliya, le 23 septembre 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90) ; le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

À deux semaines des élections en Israël, nul ne saurait dire qui l’emportera. Et c’est tout simplement ahurissant.

L’homme qui dirigeait le pays lorsque des milliers de terroristes menés par le Hamas ont déferlé à travers la frontière de Gaza pour massacrer avec allégresse et sadisme tous les hommes, femmes et enfants sur lesquels ils pouvaient assouvir leur folie meurtrière, pourrait fort bien conserver le pouvoir.

Cette réalité à peine croyable tient à une conjugaison de facteurs, parmi lesquels les efforts éhontés de Netanyahu pour réécrire l’histoire de l’invasion du Hamas du 7-Octobre, l’incapacité de l’opposition à lui demander des comptes comme il se doit pour cette journée entre toutes funeste, bien d’autres éléments encore et, peut-être, l’évolution démographique d’Israël.

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Le 7 octobre 2023, Benjamin Netanyahu était l’homme auquel incombait, en dernier ressort, la responsabilité d’assurer la sécurité de ce pays et de son peuple. Or, il est le seul parmi les responsables politiques, militaires et des services de sécurité israéliens à n’avoir ni reconnu cette responsabilité ni quitté ses fonctions en signe de contrition.

Bien au contraire…

Il a refusé de reconnaître toute responsabilité directe dans le pire massacre de Juifs commis en une seule journée depuis la Shoah. Il a rejeté la faute sur ses propres chefs militaires et responsables des services de sécurité, au mépris toujours plus grand de la vérité. Il a refusé qu’une commission d’enquête d’État indépendante mène une enquête approfondie sur tout ce qui avait mal tourné.

Il prétend aujourd’hui, de manière parfaitement absurde, n’avoir reçu aucun avertissement des Émirats arabes unis ni de l’Égypte concernant une attaque imminente du Hamas dans les jours précédant le 7-Octobre. Trois ans plus tard, il affirme également ignorer toujours l’identité du responsable israélien qui a rencontré, à l’aéroport Ben Gurion, le 26 septembre 2023, soit onze jours avant le massacre, le chef des services de renseignement égyptiens Abbas Kamel. Ce dernier avait fait le déplacement pour une visite d’environ une heure afin, selon certaines informations, de transmettre de toute urgence un avertissement concernant cette attaque.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu recevant le chef des services de renseignement égyptiens Abbas Kamel à sa résidence officielle, à Jérusalem, le 30 mai 2021. (Crédit : Amos Ben Gershom/Bureau de la presse gouvernementale)

Il a ignoré les appels désespérés lancés par l’actuel chef de Tsahal pour obtenir davantage d’effectifs de combat. Il a préféré préserver à tout prix l’exemption généralisée du service militaire dont bénéficient presque tous les hommes ultra-orthodoxes en âge de servir. Ce choix a accentué la pression sur les militaires de carrière et les réservistes. Il a également alimenté un ressentiment profond et un sentiment d’injustice grandissant chez les Israéliens qui servent dans l’armée, travaillent et financent, par leurs impôts, la communauté ultra-orthodoxe.

Il a présidé à un déclin inexorable du niveau de l’enseignement, avec des conséquences dévastatrices pour l’économie israélienne et sa capacité d’innovation, y compris dans le développement de technologies de sécurité de pointe, essentielles à la défense du pays. Là encore, il a aggravé la situation en refusant de veiller à ce que les jeunes hommes ultra-orthodoxes reçoivent une instruction leur permettant d’intégrer le monde du travail et de contribuer à l’économie du pays.

Il prétend aujourd’hui avoir toujours su que le Hamas n’était nullement dissuadé et qu’il cherchait toujours à intensifier les hostilités contre Israël, tout en rejetant l’idée que les centaines de millions de dollars qu’il a encouragé le Qatar à verser à Gaza pendant des années aient contribué à bâtir la machine de guerre du Hamas.

Il nie également avoir écarté les recommandations répétées de ses chefs de la sécurité préconisant l’élimination de dirigeants du Hamas, dont Yahya Sinwar, dans les mois précédant le 7-Octobre, alors même que des comptes rendus officiels divulgués viennent étayer ces accusations.

Et c’est ce même Netanyahu qui a limogé son ministre de la Défense, lequel avait publiquement averti, en mars 2023, que les divisions provoquées par son projet de refonte judiciaire enhardissaient les ennemis d’Israël et affaiblissaient les défenses du pays.

Yisrael Einhorn (à gauche) avec Jonatan Urich (au centre) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en 2019. (Crédit : Autorisation)

Il a en outre conservé à ses côtés celui qui est sans doute son plus proche collaborateur, un homme accusé d’avoir divulgué des renseignements militaires classifiés dans l’intention de porter atteinte à la sécurité de l’État, dans le cadre de l’affaire des fuites au journal Bild. Ce même homme est également soupçonné d’avoir été rémunéré pour promouvoir l’image du Qatar alors qu’il travaillait au cabinet du Premier ministre.

Loin de renvoyer Jonatan Urich, comme le lui avait demandé le parquet, Netanyahu continue de s’appuyer sur lui. Cet homme soupçonné de servir les intérêts de Doha demeure ainsi au cœur du pouvoir israélien.

Et ce, même après la condamnation tardive du Qatar par Netanyahu depuis la tribune de l’ONU, le mois dernier. Il a alors accusé l’émirat de dépenser « des milliards incalculables pour répandre des mensonges sur mon pays », de soumettre les jeunes esprits à un « lavage de cerveau » pour leur faire « haïr Israël, haïr l’Amérique et haïr l’Occident », et d’héberger « les bouchers du Hamas du 7-Octobre ».

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Après le 7-Octobre, en Israël comme à l’étranger, l’immense majorité, ou presque, croyait la carrière politique de Netanyahu terminée. Celui qui se présentait comme « M. Sécurité » allait soit baisser la tête de honte et quitter la vie publique après une défaillance sécuritaire aussi flagrante, soit être contraint à la démission par l’inévitable commission d’enquête d’État. À défaut, les électeurs finiraient bien, le moment venu, par le jeter hors du bureau du Premier ministre sans autre forme de procès.

Si les rôles avaient été inversés et que Netanyahu avait été le chef de l’opposition, il y a fort à parier qu’il aurait su débarrasser Israël d’un Premier ministre aussi lourdement responsable.

Et pourtant, à deux semaines du scrutin, le bloc sioniste de l’opposition, qui n’est même pas parvenu à s’entendre sur un chef de file, devance à peine le Likud de Netanyahu et ses alliés d’extrême droite et ultra-orthodoxes dans certains sondages. Dans d’autres, les deux camps sont au coude à coude, quand l’opposition n’est pas à la traîne.

Netanyahu ne ménage pas ses efforts pour mobiliser l’électorat de droite. Il galvanise ses partisans à coups d’apparitions télévisées, notamment lors d’une intervention d’une heure mardi soir sur la Quatorzième chaîne, où lui et son épouse Sara sont traités comme des rois. Il consacre également un temps et des moyens considérables aux réseaux sociaux et tire habilement parti de la place centrale qu’il occupe naturellement dans la vie publique israélienne en sa qualité de Premier ministre sortant.

Sur le plan de la stratégie électorale, il a supervisé la remontée du parti HaTzionout HaDatit de Bezalel Smotrich, qui est passé de résultats inférieurs au seuil électoral de 3,25 % à des scores le plaçant désormais confortablement au-dessus. Il s’efforce par ailleurs d’étouffer le parti Amkha Yisrael de l’ancien général Ofer Winter, électron libre de la droite israélienne. Netanyahu redoute que Winter ne lui coûte des voix si son parti échoue à franchir le seuil électoral, ou qu’il ne rejoigne l’opposition s’il parvient à entrer à la Knesset. Pour parvenir à ses fins, il va jusqu’à faire pression individuellement sur les candidats de sa liste.

Lancement du nouveau parti Amkha Yisrael, dirigé par Ofer Winter (au centre), à Jérusalem, le 25 août 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

À l’inverse, le bloc sioniste de l’opposition semble entravé par la réticence de Gadi Eisenkot à mener une campagne théâtrale et grandiloquente, par les rivalités entre ses trois candidats au poste de Premier ministre – Eisenkot, Naftali Bennett et Avigdor Liberman – et la conviction, apparemment bien ancrée, qu’une campagne discrète, centrée sur les questions de fond, faite d’interminables réunions publiques et de contacts directs avec les électeurs, finira par l’emporter.

Pour l’heure, cette stratégie n’a pas suffi à convaincre HaMilouimnikim, qui flirte avec le seuil électoral, de renoncer à se présenter. Une tâche difficile, il faut le reconnaître. Mais elle n’a même pas permis de persuader Benny Gantz de jeter l’éponge, alors que ce qui reste de son parti Kakhol lavan se situe largement en dessous du seuil dans les sondages.

Les résultats des petits partis pourraient bien déterminer l’issue du scrutin.

L’électorat est volatile et les sondages sont, à mon sens, extrêmement peu fiables. Comment pourraient-ils en être autrement, lorsqu’ils reposent souvent sur un échantillon d’à peine 500 personnes ? Dans un système où quelques voix suffisent à faire franchir à un parti le seuil électoral et à lui assurer quatre sièges, tandis que quelques voix manquantes peuvent le laisser sous ce seuil et le priver de ces mêmes quatre sièges, l’équilibre peut basculer d’une majorité de 64 sièges contre 56 pour un camp à une majorité identique pour le camp adverse.

Combien de femmes ultra-orthodoxes les instituts de sondage réussissent-ils réellement à contacter ? Et combien répondent à leurs appels ? Quant à la communauté arabe, dans quelle mesure les sondages y sont-ils fiables et précis ?

Et qu’en est-il de leurs estimations du taux de participation ? Dans la communauté ultra-orthodoxe, celui-ci est traditionnellement très élevé, tandis qu’il est souvent plus faible parmi les électeurs du centre d’Israël. Il faut aussi compter avec la communauté arabe. Or, dans chacun de ces groupes, les événements des derniers mois et des dernières années ont pu considérablement renforcer, ou au contraire entamer, la motivation à voter.

Une Israélienne arabe vote pour élire les députés de la Knesset dans un bureau de vote à Maghar, le 23 mars 2021. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

Et quelle influence les événements de la veille ou du jour même du scrutin pourraient-ils avoir sur le vote ? Quelques échauffourées et la présence de caméras à l’extérieur des bureaux de vote dans les localités arabes suffiraient-elles à dissuader les électeurs, ou auraient-elles au contraire pour effet de renforcer leur détermination à voter ? Car cette communauté, confrontée à une criminalité endémique, pourrait aussi bien se sentir marginalisée qu’être résolue à obtenir la représentation la plus large possible.

Mais pour l’instant, malgré les écarts considérables entre les sondages, une chose semble claire. La campagne de l’opposition ne produit pas les résultats escomptés. Le bloc sioniste anti-Netanyahu, composé de quatre partis, est encore loin, selon les sondages, de réunir les 61 sièges nécessaires pour obtenir la majorité à la Knesset, qui en compte 120.

Il a de surcroît exclu de former une coalition semblable à celle de 2021-2022, qui comprenait le parti à majorité arabe Raam, dirigé par Mansour Abbas. Peut-être s’est-il laissé intimider par Netanyahu, qui a pris soin, mardi, de faire figurer Abbas sur sa dernière liste d’ennemis « qui veulent détruire Israël », aux côtés de la République islamique d’Iran, du groupe terroriste palestinien du Hamas, du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et de l’Autorité palestinienne (AP).

Le chef du parti Raam, Mansour Abbas (au centre à droite), tenant une conférence de presse conjointe avec l’ancien député de Yesh Atid Yoav Segalovitz (au centre à gauche), qui se présentera sur la liste de Raam lors des élections d’octobre, à Nazareth, le 31 août 2026. (Crédit : Michael Giladi/FLASH90)

Avec quelque 55 sièges dans la plupart des sondages, les dirigeants de ce bloc, dont l’unité laisse quelque peu à désirer, seraient bien avisés de se demander, en privé, s’ils oseraient tenter de former un gouvernement minoritaire dans l’hypothèse où ces prévisions se confirmeraient. Un tel gouvernement pourrait obtenir la confiance de la Knesset grâce, notamment, à l’abstention ou au soutien non sollicité de Raam et de l’autre formation arabe, la Liste commune. Mais une telle initiative risquerait-elle de provoquer une réaction dangereuse dans une partie de la population, notamment parmi les partisans de Netanyahu ?

Un gouvernement minoritaire pourrait ordonner la création d’une commission d’enquête d’État et, s’il réunissait suffisamment de soutiens à la Knesset, réformer les lois sur la conscription des ultra-orthodoxes, la nomination des juges et bien d’autres questions. Il pourrait ensuite convoquer de nouvelles élections en se prévalant de réalisations politiques majeures. Eisenkot a laissé entendre qu’il pourrait effectivement opter pour cette solution. Mais plus son bloc sera éloigné de la majorité absolue, plus une telle entreprise risquera de diviser profondément le pays.

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Il suffit d’imaginer un instant la tout autre allure qu’aurait la campagne électorale de Netanyahu s’il était aujourd’hui dans l’opposition.

Quel formidable spectacle politique aurait-il su monter face à un Premier ministre refusant de démissionner ou d’assumer la responsabilité des événements du 7-Octobre ? Face à un chef de gouvernement qui refuserait la création d’une commission d’enquête d’État, ignorerait les appels du chef d’état-major de Tsahal réclamant des renforts, dispenserait les haredim du service militaire au moment où Israël en a le plus besoin et présiderait à l’exode continu de dizaines de milliers de nos meilleurs éléments, année après année ?

Imaginez les conférences de presse et les rassemblements qu’il aurait multipliés. Les attaques personnelles qu’il aurait lancées. Ses efforts incessants pour débaucher des membres de la coalition gouvernementale.

Songez seulement aux fiascos les plus récents. La tragédie survenue lundi à la frontière libanaise, où des adolescents en excursion scolaire ont été victimes de l’explosion de munitions non explosées, tuant un enfant de 13 ans. Imaginez les accusations cinglantes qu’il aurait lancées contre le gouvernement pour cette nouvelle défaillance.

Le président Isaac Herzog remet la Médaille présidentielle de l’héroïsme civil à six passagers qui sont intervenus pour empêcher un attentat terroriste à bord d’un vol flydubai le 30 septembre, lors d’une cérémonie organisée à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 8 octobre 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Et que dire de l’attentat terroriste perpétré à bord d’un avion de flydubai il y a deux semaines, auquel près de 180 Israéliens n’ont échappé que grâce à leur courage et à leur ingéniosité extraordinaires, ainsi qu’à ceux de leur pilote indien ? Pouvez-vous imaginer tout le parti que Netanyahu, s’il avait été chef de l’opposition, aurait tiré de cette catastrophe évitée de justesse ? Il aurait fustigé l’absence lamentable de contrôle des pilotes étrangers par un ministère des Transports gangrené par la corruption, son ministre manifestement incompétent et ses principaux collaborateurs soupçonnés d’exercer des activités rémunérées parallèles.

Et quand il s’est avéré que des centaines de membres d’équipage originaires de pays n’entretenant aucune relation diplomatique avec Israël assuraient depuis des années des vols à destination du pays ? On imagine sans peine la suite. « Ce gouvernement épouvantable a permis à d’innombrables terroristes potentiels de mettre en danger de mort un nombre incalculable de passagers israéliens et étrangers pendant des années », s’emporterait-il, redoublant d’indignation à chaque nouvelle révélation sur l’absence de vérification des antécédents et les défaillances des dispositifs de sécurité.

Certains membres de l’opposition ont, dans une certaine mesure, tenté de faire de même. D’autres attaques ont peut-être été envisagées, puis écartées, jugées excessives, de mauvais goût ou trop clivantes.

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En fin de compte, les quatre principaux partis d’opposition semblent persuadés que les sondages sous-estiment leur poids électoral et que les contacts directs et soutenus qu’ils multiplient avec les électeurs dans tout le pays finiront par porter leurs fruits. Eisenkot, en particulier, peut estimer que sa stratégie fonctionne, lui qui, parti de loin, s’est imposé comme le candidat le mieux placé de l’opposition.

Dans les entourages d’Eisenkot et de Bennett, notamment, on affiche la certitude de pouvoir battre Netanyahu et de ramener Israël aux idéaux de sa Déclaration d’indépendance. Il s’agirait de préserver un État démocratique à majorité juive, désireux de vivre en paix avec les nations de la région qui aspirent sincèrement à cette paix, tout en se défendant contre les ennemis déterminés à le détruire.

De gauche à droite : Yaïr Lapid, Gadi Eisenkot, Yair Golan, Naftali Bennett et Avigdor Liberman se réunissent au domicile de Lapid à Tel Aviv, le 26 septembre 2026. (Crédit : Lihi Lapid)

Seulement, Israël n’est plus le pays qu’il était avant le 7-Octobre. Il est en deuil, profondément traumatisé, et n’a toujours pas retrouvé le sentiment de sécurité qui était autrefois le sien. Il a également pris conscience de son extraordinaire résilience et de son courage, du prix terrible qu’il a dû payer, mais aussi de l’impérieuse nécessité d’assurer sa propre survie.

Son judaïsme est moins libéral. La jeune génération, qui risque sa vie face aux forces ennemies, pourrait bien se montrer plus belliciste. Son caractère démocratique est moins solidement établi et, si Netanyahu est réélu, Israël pourrait même cesser d’être une démocratie, tout le pouvoir se retrouvant concentré entre les mains des dirigeants politiques élus.

Les partis d’opposition sionistes sont intimement convaincus qu’ils gouverneraient le pays infiniment mieux, dans tous les domaines, de la sécurité aux conflits en cours, des objectifs stratégiques aux relations internationales, de l’économie à l’éducation, sans oublier le délicat équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire, et bien d’autres questions encore.

Ils sont convaincus qu’une nouvelle victoire de Netanyahu mettrait en péril l’existence même d’Israël. Un Netanyahu qui continue de présenter tous ses adversaires comme des dangers pour le pays, alors qu’il était lui-même aux commandes lors de la plus grande catastrophe de l’histoire de la nation.

Ils veulent croire qu’ils ont fait, et continuent de faire, tout ce qu’il faut pour convaincre une large majorité des électeurs du danger que représente Netanyahu, mais aussi de leur propre capacité à réparer les dégâts qu’il a causés et ils en sont intimement persuadés, à sauver le pays.

Deux questions demeurent. Y a-t-il suffisamment d’Israéliens qui aspirent à l’Israël envisagé par la Déclaration d’indépendance ? Et les partis d’opposition sionistes font-ils tout ce qui est nécessaire pour obtenir leurs voix le 27 octobre ?

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