Sécurité renforcée autour de Netanyahu et d’autres dirigeants face aux menaces des Houthis

Le cabinet se réunit dans un lieu sécurisé ; Netanyahu s'engage à éliminer les chefs rebelles yéménites restants après l'assassinat de leur Premier ministre et de leurs ministres

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside une réunion du cabinet dans un lieu sécurisé tenu secret, le 31 août 2025 (Crédit : Capture d'écran/GPO)

Selon des informations rendues publiques dimanche, les mesures prévues pour assurer la sécurité du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du ministre de la Défense Israel Katz et d’autres hauts responsables ont été considérablement renforcées après l’élimination des principaux dirigeants houthis au Yémen, alors que le groupe terroriste djihadiste a juré de se venger.

La chaîne publique Kan a ainsi annoncé que le Shin Bet a mis en place des mesures « spéciales et exceptionnelles » pour protéger les hauts responsables.

Ainsi que l’ont confirmé samedi les Houthis et l’armée israélienne, Ahmed Ghaleb Nasser Al-Rahawi, le Premier ministre du gouvernement houthi du Yémen — une entité rebelle qui combat le gouvernement internationalement reconnu du pays — et plusieurs autres ministres ont été tués jeudi par une frappe israélienne sur la capitale, Sanaa.

Dans un discours diffusé dimanche sur la chaîne de télévision houthie Al-Masirah, Abdulmalik al-Houthi, le chef des Houthis, a affirmé que le groupe poursuivrait ses attaques contre Israël, s’engageant à « continuer à viser Israël avec des missiles et des drones », ainsi qu’à intensifier ces offensives.

Les récentes frappes israéliennes sur les régions du Yémen tenues par les rebelles n’ont ni affaibli le groupe, ni découragé ses combattants, a-t-il ajouté.

Le chef houthi a poursuivi son discours : « Les jours à venir verront de nouveaux succès (…) dans la lutte contre les tentatives de l’ennemi israélien de commettre des crimes contre notre peuple bien-aimé, ou de prendre pour cible des institutions officielles et des villes ».

Les Houthis ont à plusieurs reprises lancé des drones et des missiles sur Israël depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, lorsque le groupe terroriste palestinien du Hamas a perpétré un massacre dans le sud d’Israël.

Israël frappe des cibles houthies depuis des mois en représailles aux attaques des rebelles, qui justifient leurs agissements par leur soutien aux Palestiniens de Gaza.

Le chef houthi Abdul Malik al-Houthi prononce une allocution télévisée le 28 août 2025. (Capture d’écran X)

Suite aux menaces proférées par les Houthis, la réunion hebdomadaire du cabinet israélien s’est déroulée dimanche dans un lieu sécurisé et gardé secret, bien que Netanyahu ait balayé ces menaces au cours de la réunion.

« [Le chef houthi] Al-Houthi promet qu’il frappera Israël, qu’il détruira Israël dans chacun de ses discours. C’est inscrit sur son drapeau », a-t-il martelé, faisant référence au slogan officiel des Houthis, dans lequel on peut lire « Mort à Israël » et « Maudits soient les Juifs ».

« Cette promesse ne sera pas tenue », a-t-il déclaré. « Notre promesse, celle de frapper ce régime terroriste avec encore plus de force, est en revanche devenue réalité. Grâce à une frappe fatale, l’armée israélienne a réussi à éliminer la majorité des membres du gouvernement houthi et d’autres responsables militaires. »

Et d’insister sur le fait qu’Israël continuerait à œuvrer pour assassiner les hauts responsables houthis : « Notre campagne contre les hauts responsables à Sanaa ne fait que commencer. Nous atteindrons toutes nos cibles. »

Netanyahu s’est également vanté du fait que jamais les coalitions occidentales et arabes ayant attaqué les Houthis dans le passé n’ont réussi à accomplir ce qu’Israël a réalisé. Depuis la guerre de 12 jours contre l’Iran en juin, a-t-il fait remarquer, Israël « frappe systématiquement les parties restantes de l’axe, jour après jour, front après front ».

Des combattants houthis participent à un rassemblement anti-Israël hebdomadaire à Sanaa, au Yémen, le 29 août 2025. (Crédit : AP Photo/Osamah Abdulrahman)

Samedi, une source yéménite proche de la sécurité a rapporté à l’AFP que les autorités houthies avaient arrêté des dizaines de personnes « soupçonnées de collaborer avec Israël » à Sanaa et dans d’autres régions.

Dimanche, les Nations Unies ont pour leur part annoncé que les Houthis avaient arrêté au moins 11 de leurs employés lors de raids visant des locaux de l’ONU. Les autorités houthies n’ont encore fait aucun commentaire à ce sujet.

Par ailleurs, un pétrolier battant pavillon libérien et appartenant à une société israélienne a signalé une explosion à proximité, au sud-ouest de la ville portuaire saoudienne de Yanbu, sur la mer Rouge, a fait savoir la société britannique de sécurité maritime Ambrey dimanche soir.

Un navire a fait part « d’éclaboussures à proximité immédiate, causées par un projectile inconnu et accompagnées d’une forte détonation », a relaté l’organisation maritime britannique UKMTO, ajoutant que l’équipage du navire était sain et sauf, et qu’il poursuivait sa route vers sa prochaine destination.

Un peu plus tard, Ambrey a déclaré estimer que le navire, publiquement détenu par un Israélien, « correspondait » au profil des cibles visées par les Houthis du Yémen, dont les positions sont alignées sur celles de l’Iran.

On ignore à ce stade l’implication réelle des Houthis dans l’incident signalé. L’UKMTO n’a pas identifié la partie responsable, mais a annoncé que les autorités avaient ouvert une enquête.

Depuis 2023, les Houthis s’en prennent également aux navires qu’ils considèrent comme affiliés à Israël et qui circulent en mer Rouge, prétendument pour manifester leur soutien à Gaza.

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