Selon Bennett, Netanyahu a trahi les sionistes religieux et le paiera
L'ancien allié de Netanyahu a choisi d'emmener son parti dans l'opposition plutôt que d'accepter ce qu'il a qualifié d'offre 'insultante' de la part du Premier ministre
Formulant une critique cinglante du nouveau gouvernement, qui condamne selon lui Israël à sa perte, le président du parti Yamina, Naftali Bennett, a accusé jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir trahi la communauté sioniste religieuse en laissant son parti en dehors de la coalition. Il a promis que Netanyahu paierait pour cette décision.
« Netanyahu a trahi les sionistes religieux. Il y avait une alliance, et il a rejeté le sionisme religieux et la droite. Il n’a pas respecté sa parole et il en portera les conséquences », a déclaré Bennett au site d’information Kipa à l’occasion d’une visite dans le Negev.
L’ancien allié de Netanyahu, qui a choisi d’emmener son parti dans l’opposition plutôt que d’accepter ce qu’il a qualifié d’offre « insultante » de la part du Premier ministre, a promis qu’il n’entrerait pas dans le « mauvais gouvernement exagéré qui néglige l’élément le plus important pour l’Etat d’Israël aujourd’hui : remettre les gens au travail ».
« Il y a un million de chômeurs, Netanyahu et Gantz préparent un tsunami économique pour cet hiver. Ils ne font rien pour empêcher ‘la Grande fermeture d’hiver' », a-t-il lancé, affirmant à la fois que les avertissements au sujet d’un risque de deuxième vague étaient exagérés, mais également que le gouvernement n’en faisait pas assez pour empêcher cette même deuxième vague.
« Nous ne sommes pas dans la deuxième vague, nous en sommes encore aux conséquences de la première vague. Mais il y a un projet pour augmenter les tests. Nous devons seulement commencer à travailler sérieusement, a-t-il déclaré au sujet des tests du coronavirus. Le nombre de tests a fortement augmenté ces derniers jours, mais il reste en deçà des 100 000 tests quotidiens demandés par Bennett.
« S’ils arrêtent de parler et commencent à agir, nous n’aurons pas encore à fermer le pays et à subir une deuxième vague », a-t-il dit.
Les commentaires interviennent seulement quelques semaines après que le nouveau gouvernement a été intronisé, mettant fin à 500 jours d’impasse politique ayant entraîné Israël dans trois élections. Benny Gantz est entré en négociations pour former un gouvernement avec Netanyahu après les dernières élections dans une décision qui a conduit son parti à se scinder en deux. Kakhol lavan avait fait campagne avec l’objectif de remplacer le chef du Likud en raison de ses inculpations dans des affaires de corruption.
Dans un entretien accordé à la Douzième chaîne d’information – le premier depuis qu’il a rejoint l’opposition –, Bennett a maintenu que Netanyahu n’avait dès le départ pas voulu du parti national religieux dans son gouvernement.
« Netanyahu ne voulait pas de nous. Il n’y a pas eu un seul moment de négociations », a déclaré Bennett, même s’il n’a pas invoqué l’animosité personnelle entre lui et Netanyahu pour expliquer l’échec de leurs tractations.
Critiquant davantage Netanyahu, Bennett a déclaré qu’il ne pensait pas que le Premier ministre poursuivrait l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie comme il a promis de le faire à de nombreuses reprises ces derniers mois.
L’accord de coalition signé entre le parti du Likud de Netanyahu et Kakhol lavan de Gantz permet au Premier ministre de commencer à aller de l’avant avec l’annexion, dès le 1er juillet. Il a promis d’annexer toutes les implantations et la vallée du Jourdain – environ 30 % de l’ensemble de la Cisjordanie au total. Les zones de la Cisjordanie qu’Israël voudrait annexer lui sont réservées dans le plan de paix du président américain Donald Trump.