Selon Rubio, l’Iran se montre plus ouvert sur la question nucléaire

Le secrétaire d'État dit au Congrès que l'Iran doit rouvrir pleinement le détroit d'Ormuz et que l'allègement des sanctions dépendra des concessions sur le volet nucléaire ; selon lui, Khamenei semble plus impliqué dans le processus

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio témoigne devant la commission des relations étrangères du Sénat au Capitole, mardi 2 juin 2026, à Washington. (Crédit : AP Photo/Jose Luis Magana)

Mardi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré aux membres du Congrès que l’Iran avait manifesté sa volonté de négocier certains volets de son programme nucléaire qui n’étaient pas auparavant sur la table des négociations. Pour sa part, le président américain Donald Trump a démenti toute rupture des pourparlers.

« Ils ont accepté de négocier des points de leur programme nucléaire qu’ils refusaient encore d’évoquer il y a à peine un mois, ou même un an », a affirmé Rubio devant la commission des relations étrangères du Sénat, sans donner plus de détails.

« Je ne suis pas en mesure de garantir que cela débouchera sur un accord acceptable », a-t-il ajouté, précisant que l’instabilité du pouvoir en Iran ne facilitait pas les négociations.

Mais, a-t-il poursuivi, « une perspective s’offre à nous, qui pourrait se concrétiser aujourd’hui, demain ou la semaine prochaine ».

Rubio a par ailleurs insisté sur le fait que tout allègement des sanctions serait subordonné à l’acceptation par l’Iran de certaines concessions concernant son programme nucléaire.

« Aujourd’hui, la seule chose dont nous avons discuté avec eux, c’est que […] tout allègement des sanctions sera subordonné à certaines conditions : il ne pourra être accordé qu’en échange d’une solution au problème qui avait justifié l’instauration initiale des sanctions, à savoir la question du programme nucléaire », a-t-il fait savoir aux parlementaires.

Des passants se promènent dans le Grand Bazar historique de Téhéran, en Iran, le lundi 1er juin 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Il a en outre souligné que Téhéran devait accepter de rouvrir le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport du pétrole et du gaz du Golfe.

« Ils devront faire une déclaration très claire : ‘Le détroit est désormais ouvert, nous ne percevons plus de péage.’ Nous participerons au déminage de la zone qu’ils ont piégée, et ils s’engageront à ne pas tirer sur les navires », a-t-il expliqué.

« Plus ils feront de concessions, plus ils obtiendront en retour », a-t-il ajouté à propos de la levée des sanctions, avant de préciser : « Ce ne sera pas une prime à la signature. »

Rubio a également fait état de signes qui laissent croire que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, qui aurait été blessé au début de la guerre et n’a pas été vu en public depuis, s’implique désormais davantage dans les négociations.

« Certains éléments indiquent qu’il s’implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se font par écrit et par l’intermédiaire de tiers », a-t-il fait remarquer.

Une femme tient un portrait du Guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, lors d’une cérémonie en hommage aux forces armées et aux morts au combat contre Israël et les États-Unis à la grande mosquée Imam Khomeini à Téhéran, en Iran, le 24 mai 2026. (AP Photo/Vahid Salemi)

Le témoignage de Rubio, qui a porté sur divers sujets en plus du conflit avec l’Iran, a soulevé de vives objections dans le camp des démocrates. Le sénateur du Maryland Chris Van Hollen a quant à lui fustigé la décision des États-Unis et d’Israël de frapper l’Iran, accusant le président républicain d’être entré en guerre pour le compte d’Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu  » a affirmé qu’il attendait cela depuis 40 ans », a souligné Van Hollen. « Il semblerait qu’il ait enfin trouvé un président suffisamment ignorant et téméraire pour se joindre à lui. Regardons les choses en face, Monsieur le Secrétaire d’État, la politique étrangère de Trump est devenue un véritable champ de ruines. »

Trump dément les informations iraniennes selon lesquelles le régime aurait rompu les négociations

Ces remarques ont été formulées peu après que les médias iraniens ont rapporté que le régime avait cessé de communiquer avec les médiateurs depuis plusieurs jours, après qu’Israël a menacé de bombarder des cibles liées au groupe terroriste chiite du Hezbollah, soutenu par l’Iran, à Beyrouth.

Le dernier message envoyé par Téhéran à Washington était « un message sans équivoque sur le Liban », a fait savoir l’agence de presse Fars, sans donner plus de détails.

Trump a toutefois démenti ces informations sur sa plateforme Truth Social : « Les discussions se poursuivent, et ce depuis quatre jours, trois jours, deux jours, un jour et aujourd’hui. »

« Nul ne sait où elles mèneront, mais comme je l’ai déclaré à l’Iran : ‘Le temps est venu pour vous d’accepter un accord, d’une manière ou d’une autre' », a-t-il écrit.

Le président américain Donald Trump salue la foule à son arrivée à la Maison Blanche, le 31 mai 2026, à Washington. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

Selon l’agence de presse iranienne Mehr, le régime examine actuellement le projet final d’un accord provisoire, mais a choisi d’adopter une posture « ferme » face à ce qu’il considère comme un historique de non-respect de leurs engagements de la part des États-Unis, assorti d’une méfiance de longue date.

Israël et les États-Unis ont lancé leur campagne contre l’Iran le 28 février, dans le but de déstabiliser le régime et de détruire les capacités nucléaires et balistiques du pays. L’Iran a riposté par des frappes de missiles et de drones dans toute la région. Ses proxys ont également lancé des attaques.

Parmi ces proxys, le Hezbollah, au Liban, a attaqué Israël le 2 mars, déclenchant une nouvelle vague de conflits. Israël et le gouvernement libanais ont entamé mardi une nouvelle série de pourparlers politiques sous l’égide du Département d’État américain dans le cadre des efforts visant à résoudre ce conflit.

L’Iran a par ailleurs bloqué le détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique pour le transport de près d’un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole. À titre de riposte, les États-Unis ont imposé un blocus sur les ports iraniens, afin d’empêcher la République islamique d’exporter du pétrole.

Les pourparlers menés sous médiation entre les États-Unis et l’Iran se sont poursuivis, parallèlement à des échanges de tirs sporadiques entre les deux parties.

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