Session extraordinaire d’une sous-commission de la Knesset sur les suicides dans l’armée

Les députés et membres de la commission ont abordé les questions du suicide et de la santé mentale chez les soldats et réservistes, tentant d'y apporter une réponse utile

Asaf Dagan avec sa mère, Miri. (Autorisation)

La sous-commission des ressources humaines de la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset s’est réunie en session extraordinaire dans la matinée de mardi afin d’aborder la question du nombre croissant de suicides parmi les soldats de l’armée israélienne, et en particulier parmi les réservistes mobilisés depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023.

Les échanges ont été marqués par le témoignage émouvant de Neta Dagan, dont le frère jumeau, Asaf Dagan, major de l’armée de l’air, s’est suicidé l’an dernier.

« Assaf a demandé à plusieurs reprises à voir un psychologue. Un mois avant qu’il ne mette fin à ses jours, ma mère a averti un haut gradé de l’armée de l’air qu’il allait se suicider », a-t-elle expliqué. « Le suicide n’est pas une fatalité, nous avons le pouvoir de changer les choses. »

Au cours de la réunion, le brigadier général Amir Vadmani, chef d’état-major de la Direction du personnel de l’armée israélienne, a rapporté que 16 suicides avaient été enregistrés jusqu’à présent en 2025, et 21 au cours de l’année 2024.

Si le nombre de suicides est resté stable parmi les soldats effectuant leur service obligatoire, il a en revanche connu une forte hausse chez les réservistes, une population qui a considérablement augmenté depuis l’attaque du Hamas, le 7 octobre.

En réponse, l’armée israélienne a augmenté le nombre psychologues militaires, mis en place des lignes d’assistance téléphonique disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et renforcé les unités de soutien psychologique aux soldats ainsi que les soins aux personnes souffrant de stress post-traumatique, y compris dans les zones de combat

La députée du Likud Keti Shitrit a toutefois souligné que le pays était « confronté à un tsunami », et a exigé une transparence totale de la part de l’armée.

« Nos meilleurs fils et filles portent un lourd fardeau, même après avoir quitté le champ de bataille. Nous n’avons ni le privilège ni le temps d’attendre. Je demande à l’armée de mettre en place une commission dotée d’une autorité et d’objectifs clairs, en toute transparence », a-t-elle ajouté.

La semaine dernière, le chef de la Direction du personnel de l’armée israélienne, le général de division Dado Bar Kalifa, a ordonné la création d’un groupe d’experts chargé « d’examiner la réponse apportée aux soldats et réservistes démobilisés qui ne sont pas en service actif et qui ont mis fin à leurs jours une fois leur service militaire terminé ».

L’armée a indiqué que le commission serait présidée par l’ancien chef de la Direction du personnel, le général de division (à la retraite) Moti Almoz, et qu’elle comprendrait des professionnels santé physique et mentale de l’armée israélienne, des conseillers juridiques, des officiers chargés des victimes et des représentants du ministère de la Défense.

Le président de la commission, Elazar Stern, député du parti Yesh Atid, a conclu la session en saluant les efforts de l’armée israélienne et en appelant à davantage d’améliorations : « Nous ne pouvons pas empêcher les traumatismes. Mais nous pouvons promettre que personne ne sera abandonné face à eux. Le soutien en matière de santé mentale est une obligation morale, qui sauve des vies au sens le plus littéral du terme. »

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