Simone Veil est morte
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Simone Veil est morte

Survivante de la Shoah, figure de la vie politique française, symbole de la défense des droits des Femmes, académicienne, Simone Veil est morte vendredi matin, peu avant ses 90 ans

Simone Veil, ministre de la Santé, défend le projet de loi autorisant l'avortement à l'Assemblée nationale française, le 26 novembre 1974. (Crédit : AFP)
Simone Veil, ministre de la Santé, défend le projet de loi autorisant l'avortement à l'Assemblée nationale française, le 26 novembre 1974. (Crédit : AFP)

Immense figure de la vie politique française, l’ancienne ministre Simone Veil, qui avait porté la loi légalisant l’avortement en 1974, est morte vendredi matin, a annoncé à l’AFP son fils Jean Veil.

« Ma mère est morte ce matin à son domicile. Elle allait avoir 90 ans le 13 juillet », a indiqué l’avocat.

Elle était rescapée des camps de la mort, où elle avait été déportée à 16 ans, et incarnait pour les Français la mémoire de la Shoah.

Connue pour son fort caractère, celle qui a été l’une des personnalités préférées des Français était affaiblie depuis plusieurs années. L’été dernier, elle avait été brièvement hospitalisée pour des problèmes respiratoires.

« La France perd une femme d’exception, un grand témoin et une militante de la mémoire de la Shoah », a dit à l’AFP le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Francis Kalifat.

Simone Veil (Crédit : CC BY 2.0)
Simone Veil (Crédit : CC BY 2.0)

Simone Veil « a incarné la dignité, le courage et la droiture », a déclaré l’ancien président François Hollande à l’AFP vendredi matin.

Emmanuel Macron a publié ses condoléances sur Twitter, espérant que son exemple puisse inspirer tous les Français.

Cette centriste historique, membre du Conseil constitutionnel de 1998 à 2007, s’est illustrée en faisant voter la loi portant son nom sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle était alors ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.

Elle avait fait face à des adversaires déchaînés. « Je n’imaginais pas la haine que j’allais susciter », confiait-elle dans un livre entretien avec la journaliste Annick Cojean (Les hommes aussi s’en souviennent, 2004).

Née le 13 juillet 1927 à Nice (Alpes-Maritimes) au sein d’une famille juive et laïque, et fille d’un architecte, Simone Jacob est déportée en 1944 à Auschwitz avec sa famille. Elle rencontre à Sciences-Po son futur mari Antoine Veil. Le couple, marié en 1946, aura trois enfants. Antoine est décédé en avril 2013.

Mme Veil commence en 1956 sa carrière dans la magistrature, comme substitut à l’administration centrale du ministère de la Justice. Elle est la première femme à devenir secrétaire général du Conseil supérieur de la magistrature (1970-74).

Entrée en politique en 1974, comme ministre de la Santé dans le gouvernement Chirac, elle le demeurera dans les trois gouvernements Barre, se voyant adjoindre la Sécurité sociale en 1977-78, et la Famille en 1978-79.

Simone Veil (Crédit : capture d’écran YouTube/La Traversée Du Miroir-Simone Veil, Abd Al Malik)
Simone Veil (Crédit : capture d’écran YouTube/La Traversée Du Miroir-Simone Veil, Abd Al Malik)

Tête de liste UDF lors des premières élections au Parlement européen au suffrage universel en 1979, elle renonce à son poste ministériel pour devenir présidente du Parlement européen (1979-1982). Réélue en 1984 et 1989, Mme Veil siègera au Parlement jusqu’en 1993.

De 1993 à 1995, Mme Veil est ministre d’Etat, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, dans le gouvernement Balladur.

Soutien de Raymond Barre à la présidentielle de 1988, elle rallie Edouard Balladur dans la course à l’Elysée en 1995. Elle soutient Nicolas Sarkozy en 2007.

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