Sixième édition du Prix Ilan Halimi, 18 ans après le drame antisémite

Le Grand prix a été attribué à sept jeunes de la mission locale de Limoges pour leur court-métrage 'Une nuit étoilée, contre l'antisémitisme'

Le sixième prix Ilan Halimi, qui récompense des jeunes ayant œuvré contre les préjugés et les stéréotypes racistes et antisémites, a été remis le 14 février dernier, dix-huit ans après la mort du jeune homme de 23 ans.

Mis en place au niveau national en 2019 par la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), ce prix est un hommage au jeune homme juif torturé à mort début 2006 par « le gang des Barbares » qui pensait pouvoir extorquer de l’argent à sa famille parce qu’il était Juif.

La cérémonie de la remise du prix le 14 février, à Matignon, a été présidée par le Premier ministre français Gabriel Attal.

« Le supplice d’Ilan Halimi est une blessure pour la République, et il n’est malheureusement pas le seul. Le fléau de l’antisémitisme ne s’est pas éteint, loin de là. […] Mais pourtant, c’est le message que je veux passer aujourd’hui, il faut qu’on garde collectivement espoir », a-t-il notamment déclaré, devant des élus, des responsables politiques et des représentants communautaires juifs.

Le Grand prix a été attribué cette année à sept jeunes de 16 à 25 ans de la mission locale de Limoges pour leur court-métrage « Une nuit étoilée, contre l’antisémitisme ».

Leur film vise, à travers l’art et des images d’archives, en cinq minutes, à dénoncer les discriminations, et en particulier l’antisémitisme. Il a pour vocation à devenir un document pédagogique diffusé en classe de primaire ou au collège.

Des « prix du jury » ont également été attribués au projet « Les déportés de Saint-Malo », par des élèves de deux classes de Terminale du lycée Jacques Cartier de Saint-Malo, qui se sont lancés dans un travail de mémoire visant à retracer l’histoire et le parcours des 63 hommes, femmes et enfants déportés de la ville ; au projet « Le procès fictif » du BDE de la faculté de droit d’Aix Marseille ; et au clip de sensibilisation « On dit non » des élèves du lycée Aragon-Picasso de Givors. 45 projets concourraient pour le prix cette année.

Ilan Halimi a été retrouvé agonisant le 13 février 2006 le long des voies ferrées du RER C à Sainte-Geneviève-des-Bois, peu de temps avant de mourir après son transfert à l’hôpital, suite à de nombreuses blessures et trois semaines d’un long calvaire. Ilan repose à Jérusalem et aurait été âgé de 41 ans aujourd’hui.

Outre le prix, d’autres hommages lui ont été rendus cette année. À Sainte-Geneviève-des-Bois, l’Union des étudiants juifs de France a déposé une couronne, s’opposant également à la présence du député Antoine Léaument du parti La France insoumise, accusé d’antisémitisme et d’apologie du terrorisme.


À Marseille, une commémoration – annuelle – en mémoire d’Ilan Halimi a eu lieu au Parc de Bagatelle, et la mairie des 6e et 8e arrondissements a aussi reçu deux classes pour un moment de recueillement en mémoire du jeune homme.

Les hommages se sont aussi multipliés sur les réseaux sociaux.





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