Smotrich : Dire que l’exemption des Haredim pèse sur l’armée est un « mensonge absolu »
Le ministre d'extrême droite contredit Tsahal et affirme que 50 000 réservistes sont prêts à se battre. Des jeunes ultra-orthodoxes ont déchiré des affiches
Mardi, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a déclaré que l’affirmation selon laquelle les soldats de Tsahal étaient sous tension du fait du refus de servir des ultra-orthodoxes était un « mensonge absolu », à contrepied des mises en garde répétées de l’armée concernant de graves pénuries d’effectifs.
« Je maintiens que l’affirmation selon laquelle le fardeau reposant sur ceux qui servent est lourd parce que les Haredim ne font pas leur service est un mensonge absolu », a déclaré M. Smotrich lors d’un événement de campagne.
Il a affirmé, sans preuves, que près de 50 000 réservistes entraînés au combat étaient prêts à reprendre du service mais ne pouvaient pas être rappelés en raison du manque d’équipements et d’infrastructures.
L’armée israélienne a dit à maintes reprises qu’il lui manquait pas moins de 12 000 soldats, un chiffre qui devrait encore augmenter lorsque le service obligatoire sera raccourci début 2027, affirmant que l’exemption de service des ultra-orthodoxes en était l’une des causes.
En mai dernier, l’armée a mis en garde contre l’épuisement de ses troupes, du fait de cette pénurie, et le risque de « rupture » de la réserve, sauf à ce qu’une loi ne soit votée pour appeler sous les drapeaux les quelque 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans considérés comme éligibles au service militaire et qui ne se sont pas enrôlés.
Cela fait longtemps déjà que la base du parti d’extrême droite du ministre, HaTzionout Hadatit — dont les membres sont nombreux dans des positions de combat —, est mécontente des exemptions générales de service accordées aux hommes Haredim.
Illustrant les tensions qui émaillent les tentatives de conscription des hommes Haredim, une vidéo circulant en ligne, mardi, donnait à voir de jeunes ultra-orthodoxes en train de déchirer des affiches électorales du parti politique haredi nouvellement formé, HaTzibbur HaCharedi, lequel milite en faveur du service militaire des hommes Haredim qui ne sont pas étudiants en yeshiva.
Les vidéos montraient des jeunes en train de déchirer des affiches de campagne du parti Amkha Yisrael à Jérusalem et Bnei Brak.
המוקד: הלחץ לקראת הבחירות: המתקפה של המפלגות החרדיות נגד לייטנר מחלחלת לשטח. דקות ספורות לאחר שפעילי מפלגת "הציבור החרדי" עמלו שעות ארוכות באמצע הלילה לתליית שלטים – פעילים הגיעו ובאלימות תלשו את השילוט pic.twitter.com/6yB2Wrhs0D
— חדשות המוקד (@hamoked_il) October 13, 2026
Bien que le parti, dirigé par Moti Leitner, soit crédité dans les sondages de moins du minimum électoral – 3,25 % – et ne soit pas actuellement pressenti pour entrer à la Knesset, il pose un problème à l’establishment politique ultra-orthodoxe, auquel il dispute la base électorale et préconise des politiques en nette rupture avec celles des grands partis Haredim traditionnels, le parti ashkénaze YaHadout HaTorah et le parti séfarade Shas.
Le parti s’est fait remarquer par son engagement dans la lutte contre la pauvreté au sein de la communauté haredi, notamment en faveur de l’enseignement général, de l’intégration au marché du travail et du service militaire pour les hommes ultra-orthodoxes qui n’étudient pas à plein temps en yeshiva, à rebours des positions des partis ultra-orthodoxes traditionnels.
Il s’agit également du premier parti ultra-orthodoxe à inclure des femmes sur sa liste, avec la Dre Nechumi Yaffe, chercheuse en psychologie politique, et Zivva Glantz, en troisième et quatrième positions. Toutes deux entreraient à la Knesset si le parti obtenait davantage de voix que le minimum requis et obtenait au moins quatre sièges.
Même sans faire son entrée à la Knesset, le parti pourrait affaiblir le Shas et YaHadout HaTorah en détournant des voix qui seraient normalement allées aux partis Haredim établis.
« Les anciens partis de l’establishment haredi reconnaissent le report important de soutien en faveur de HaTzibbur HaCharedi, et ils ont peur », a déclaré le parti dans un communiqué réagissant aux images montrant des jeunes en train de déchirer ses affiches de campagne.
« Nous condamnons fermement le retrait de toute affiche électorale, quel que soit le parti. On ne nous fera pas taire », a-t-il ajouté.