Israël en guerre - Jour 196

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Smotrich déclenche un tollé en affirmant que la libération des otages « n’est pas le plus important »

"Qu’ils kidnappent vos enfants et ensuite vous pourrez parler", a réagi le père de Liri Albag ; Benny Gantz a rappelé que le retour des otages était un "impératif moral"

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre de la Défense Yoav Gallant, à Jérusalem, le 26 décembre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/FLASH90)
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre de la Défense Yoav Gallant, à Jérusalem, le 26 décembre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/FLASH90)

Les otages qui sont actuellement retenus en captivité par le Hamas à Gaza « ne sont pas le plus important », a déclaré mardi le ministre des Finances Bezalel Smotrich au micro de la station de radio publique Kan au cours d’un entretien qui était consacré aux négociations en cours qui portent sur la remise en liberté des 134 otages qui se trouvent encore dans la bande de Gaza. Tous ne sont plus tous en vie.

Alors qu’il lui était demandé s’il considérait le rapatriement des otages comme l’objectif le plus important dans la guerre contre le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas – une guerre qui été déclenchée par l’assaut meurtrier du 7 octobre sur le sol israélien – le ministre d’extrême-droite a répondu par la négative, disant que ce qui importait le plus était de détruire le Hamas.

« Pourquoi mettre les choses en compétition ? », a-t-il demandé. « Qu’est-ce qui est important aujourd’hui ? Nous devons détruire le Hamas ».

« C’est extrêmement important », a-t-il dit en évoquant les efforts visant à faire libérer les otages.

« Mais vous devez comprendre que dire que ce sera ‘à n’importe quel prix’ est problématique. Nous devons libérer les otages, nous devons exercer des pressions sur le Hamas ».

À la suite de la publication des commentaires de Smotrich, les membres des familles des otages qui organisaient une veillée devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv ont réagi avec fureur, bloquant plusieurs routes principales en signe de protestation.

Ils ont également lancé un appel au grand public pour qu’il se joigne à eux dans une « manifestation de fureur » contre le gouvernement et ont menacé de « mettre le feu aux rues ».

Le père de Liri Albag, 18 ans, qui a été capturée par le Hamas le 7 octobre, critiquement le ministre des Finances Bezalel Smotrich pour avoir suggéré que les efforts visant à ramener les otages en Israël sont moins importants que la destruction du Hamas.

Des familles d’Israéliens captifs du Hamas manifestent pour demander au gouvernement de trouver une solution pour faire libérer les otages, devant la base de Hakirya à Tel Aviv, le 20 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Qu’ils kidnappent vos enfants ! » déclare Eli Albag lors d’une manifestation devant la base militaire de Kirya à Tel-Aviv contre la décision du gouvernement de ne pas envoyer de délégation israélienne aux négociations sur les otages au Caire.

« Qu’ils kidnappent vos enfants et je crierai dans la rue : ‘Ce n’est pas le plus important !' ».

« Je m’adresse à tous les citoyens d’Israël – ceux qui pensent que les citoyens, les otages ne sont pas importants, qu’ils kidnappent vos enfants et vous pourrez alors parler », poursuit-il.

Liri Albag, prise en otage par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. (Crédit : Autorisation)

« Nous souffrons depuis 137 jours, jour après jour, minute après minute, nous ne dormons pas la nuit », ajoute-t-il en parlant de sa famille et des familles des 134 autres otages détenus par le Hamas.

Appelant la population à descendre dans la rue pour protester, Albag affirme que sa fille a été attaquée alors qu’elle protégeait l’État d’Israël, mais que ce dernier ne l’a pas protégée en retour.

« Il ne vous protégera pas », déclare Albag à la foule des manifestants. « Ils nous abandonnent en haut. Ils se moquent de nous, ils traînent les pieds, ils ne vont pas négocier. Je vous dis, citoyens, descendez dans la rue parce qu’aujourd’hui c’est nous et demain ce sera vous ».

Certains manifestants ont tenté d’empêcher les voitures des ministres d’entrer dans le quartier général de Tsahal où le cabinet de guerre devait se réunir.

 

 

Plusieurs hommes politiques ont également réagi avec colère aux propos de Smotrich, notamment le ministre membre du cabinet de guerre, Benny Gantz.

« Le retour des otages n’est pas seulement notre objectif dans la guerre, c’est notre impératif moral en tant que pays et en tant que peuple », a écrit M. Gantz sur X, anciennement Twitter. « C’est la chose la plus urgente. Nous ne manquerons aucune occasion de les ramener à la maison ».

Des familles d’Israéliens captifs du Hamas manifestent pour demander au gouvernement de trouver une solution pour faire libérer les otages, devant la base de Hakirya à Tel Aviv, le 20 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a qualifié les propos de Smotrich de « honte morale ».

« L’attaque de Smotrich contre les familles des otages est une honte morale. Les gens sans cœur ne peuvent pas continuer à mener l’État d’Israël dans l’abîme », a déclaré Lapid.

« Smotrich, sous votre direction et celle du [Premier ministre Benjamin] Netanyahu, 1 200 Israéliens ont été assassinés, sous votre direction, des citoyens israéliens ont été kidnappés, torturés et violés. Vous êtes responsable de leur sort », a-t-il déclaré. « Sans le retour des otages, Israël ne gagnera pas. »

Smotrich a par la suite défendu ses propos et rejeté les attaques dont il a fait l’objet.

« Je suis choqué que certains utilisent les otages pour marquer des points politiques », a-t-il déclaré. Lors d’une interview, on m’a demandé : ‘Qu’est-ce qui est le plus important ?’ J’ai répondu qu’il ne s’agissait pas d’une compétition, que le moyen de rendre les otages était de faire pression sur le Hamas. »

D’importantes manifestations ont été organisées par des proches des otages, qui ont exhorté le gouvernement à conclure un accord avec le Hamas qui permettrait de libérer les derniers captifs.

Mais les pourparlers menés par les États-Unis, le Qatar et l’Égypte en vue d’obtenir la libération des otages restants et une trêve dans la guerre sont dans l’impasse. La semaine dernière, Netanyahu a refusé d’envoyer une délégation au Caire pour discuter d’un éventuel accord tant que le Hamas n’aurait pas assoupli ses exigences, que le Premier ministre a qualifiées de « délirantes ».

Les exigences du groupe terroriste comprennent l’instauration d’un cessez-le-feu permanent, le retrait des troupes de Gaza, la reconstruction de l’enclave et la libération de quelque 1 500 prisonniers palestiniens, parmi lesquels de nombreux tueurs condamnés et des cerveaux du terrorisme, en échange des derniers otages capturés le 7 octobre. Israël a déclaré que de telles exigences ne pouvaient être satisfaites.

Les médiateurs s’efforceraient d’obtenir une trêve et un accord sur les otages avant qu’Israël ne procède à une opération terrestre de grande envergure à Rafah, où 1,4 million de Palestiniens déplacés ont fui pour se mettre à l’abri des combats qui se déroulent ailleurs dans l’enclave.

On estime que 130 des 253 otages enlevés par le Hamas et ses complices le 7 octobre sont encore à Gaza, mais certains ne sont plus en vie. 105 civils ont été libérés lors d’une trêve d’une semaine fin novembre. Quatre otages avaient été libérées avant cela et une soldate avait été secourue. Les corps de huit otages ont également été récupérés et trois otages ont été tués par erreur par l’armée lors d’un incident tragique en décembre. Deux autres otages ont été secourus grâce à une opération conjointe de l’armée et du Shin Bet. Une autre personne est portée disparue depuis le 7 octobre.

L’armée israélienne a confirmé la mort de 30 des personnes toujours détenues par le Hamas et ses complices, sur la base de nouvelles informations et des découvertes obtenues par les troupes opérant à Gaza.

Le Hamas détient par ailleurs les corps des soldats de Tsahal Oron Shaul et Hadar Goldin depuis 2014, ainsi que deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui sont tous deux censés être en vie après être entrés dans la bande de Gaza de leur propre chef en 2014 et 2015 respectivement.

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