Soupçons de projet d’attaque à Sarcelles : un commanditaire présumé écroué à Paris

L’enquête, ouverte en juillet après un signalement à la DGSI évoquant une possible attaque islamiste contre une synagogue de Sarcelles, avait conduit à l’incarcération de 6 suspects

Illustration : Façade d'une synagogue, à Sarcelles. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)

Un commanditaire présumé d’un projet d’attaque à Sarcelles (Val-d’Oise) a été mis en examen puis écroué le 9 octobre à Paris dans le cadre d’une information judiciaire antiterroriste ouverte fin juillet, a appris l’AFP jeudi de sources proches du dossier.

Le suspect, qui vivait en Espagne, a été interpellé sur mandat d’arrêt européen, ont précisé les sources.

En juillet, six hommes ont été mis en examen dans cette affaire pour plusieurs infractions de droit commun telles que le vol en bande organisée.

D’après l’une des sources proches, ce commanditaire présumé n’est pas non plus poursuivi pour des infractions terroristes. « Ce n’est qu’à la fin [des investigations, ndlr] que la piste terroriste sera définitivement abandonnée ou retenue », a commenté une autre source proche.

Sollicités par l’AFP, ses avocats, Louis-Joseph Ricard et Gianni de Georgi, n’ont pas souhaité s’exprimer.

L’affaire a démarré par une information parvenue à la DGSI – le principal service de renseignement intérieur – sur une « possible attaque islamiste visant une synagogue de Sarcelles », avait indiqué le parquet national antiterroriste (PNAT) cet été dans un communiqué. Une voiture avec des armes (un fusil d’assaut de type Kalachnikov, un pistolet Beretta et des chargeurs) a été découverte dans la soirée du 11 juillet, dans un quartier animé de la ville de 60 000 habitants au nord de Paris.

Mais différentes sources ont très vite appelé à la prudence quant à la nature du projet soupçonné.

« Il n’existe, à ce stade, aucun élément permettant d’établir un lien direct avec la communauté juive », avait estimé le 12 juillet, le président de la communauté juive de Sarcelles, Moïse Kahloun, en soulignant qu’un cinéma avait été évacué, mais pas la synagogue.

Au moment d’ouvrir une enquête judiciaire, le PNAT avait indiqué que les investigations devaient justement permettre de « préciser » le « projet d’action violente dénoncé » et d’identifier « des commanditaires de la livraison du véhicule Toyota » dans lequel ont été retrouvées les armes.

Car, concernant les six premiers hommes mis en examen cet été, les investigations n’établissaient pas, « à ce stade », « leur connaissance du projet terroriste », avait souligné le ministère public.

Ils sont « soupçonnés d’avoir participé au transport du véhicule découvert le 11 juillet à Sarcelles » ou « d’avoir participé à la fourniture ou à la livraison des armes ».

« Mon client conteste tout lien avec une action terroriste », avait ainsi réagi en juillet l’avocat de l’un d’entre eux, Me Steeve Ruben.

« Mon client conteste l’intégralité des faits reprochés », a déclaré jeudi à l’AFP Hector Lajouanie, conseil d’un autre suspect.

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