Stèle en mémoire de déportés vandalisée dans l’Aisne: deux mineurs interpellés
Ces deux mineurs, 'jusqu'alors inconnus de la justice', 'ont été identifiés en tant que mis en cause' grâce notamment à l'exploitation d'images de vidéosurveillance'
Deux mineurs de 17 ans ont été interpellés et placés en garde à vue mercredi, soupçonnés d’être les auteurs de la dégradation dimanche dans l’Aisne d’une stèle commémorative dédiée aux victimes de la déportation, annonce le parquet de Soissons.
Ces deux mineurs, « jusqu’alors inconnus de la justice », « ont été identifiés en tant que mis en cause » grâce notamment à l’exploitation d’images de vidéosurveillance près des lieux, explique la procureure de Soissons, Laureydane Ortuno, dans un communiqué.
La dégradation de la stèle et le vol d’une plaque commémorative qui était vissée dessus ont eu lieu dimanche vers 04h20 du matin à Montigny-Lengrain, entre Compiègne et Soissons, précise la procureure.
« Les recherches ont conduit à la découverte, dans une maison abandonnée proche des lieux, d’objets dérobés dont la plaque commémorative », ajoute Mme Ortuno.
Les deux jeunes sont « des gens du coin », indique à l’AFP une source proche du dossier, ajoutant que la plaque a été retrouvée « en bon état ».
L’enquête de flagrance avait été confiée à la brigade de recherches de Soissons, « des chefs notamment de violation de monument édifié à la mémoire des morts à caractère discriminatoire et de vol aggravé en réunion, à caractère discriminatoire », détaille encore le parquet.
Une photo transmise lundi par la préfecture de l’Aisne montrait le muret blanc de cette stèle complètement abattu quasiment jusqu’à sa base.
Le petit monument avait été inauguré à l’été 2024 en hommage aux déportés du convoi 7909, un « train de la mort » parti de Compiègne (Oise) en juillet 1944 à destination du camp de concentration nazi de Dachau (sud de l’Allemagne) et passé par l’Aisne.
Ce train transportait plus de 2 000 prisonniers, notamment des résistants ainsi que des personnes arrêtées par les nazis lors de rafles de représailles. Plusieurs centaines ont péri lors du trajet, à cause de la chaleur, de la soif et d’une promiscuité extrême dans ces wagons à bestiaux.