Suisse : La Cicad poursuit un député genevois pour des publications sur Israël

L’association juive accuse Sylvain Thévoz d’avoir porté atteinte à sa réputation, l’assimilant à un 'instrument de propagande d’un État étranger [Israël]'

Logo de la Cicad. (Crédit : Capture d'écran Cicad.ch)

La Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad) a engagé une procédure civile contre le député socialiste genevois Sylvain Thévoz, lui reprochant des publications mettant en cause l’association et son secrétaire général, Johanne Gurfinkiel, a rapporté, le 2 septembre 2026, la Tribune de Genève.

La Cicad conteste notamment neuf commentaires publiés sur LinkedIn entre octobre 2024 et octobre 2025, ainsi que la participation de l’élu à une lettre ouverte publiée dans le quotidien genevois. Sylvain Thévoz y accuse notamment l’association de confondre antisionisme et antisémitisme et s’interroge sur ses liens avec Israël.

L’association estime que ces propos portent atteinte à sa réputation et l’assimilent à « un instrument de propagande d’un État étranger [Israël] ». Elle demande le retrait des publications litigieuses, la publication du jugement sur LinkedIn ainsi que 4 000 francs suisses de réparation pour tort moral.

La Cicad affirme également que certaines déclarations du député relèvent d’un discours antisémite, notamment lorsque l’élu met en cause le soutien supposé de l’association à Israël.

La défense de Sylvain Thévoz soutient au contraire que ses publications relèvent de la liberté d’expression d’un parlementaire d’opposition sur un sujet d’intérêt public. Son avocat, Olivier Peter, estime que le député n’a pas franchi les limites de cette liberté, en l’absence, selon lui, d’appel à la haine ou à la violence.

Les avocats de l’élu contestent également l’accusation selon laquelle la Cicad serait un instrument d’Israël, tout en évoquant ses anciens statuts, qui mentionnaient jusqu’en 2018 la « défense de l’image de l’État d’Israël lorsqu’elle est diffamée ».

La Cicad affirme pour sa part que ces anciens statuts ne sont plus applicables et que les accusations portées contre elle ne sont pas étayées. L’affaire est toujours en cours d’examen par le Tribunal de première instance de Genève. Des personnalités suisses ont depuis exprimé leur soutien au député, accusant la Cicad de « prendre le risque de rendre le mot [antisémitisme] inaudible et d’affaiblir ainsi le combat indispensable contre l’antisémitisme lui-même ».

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