Suite aux attentats contre des synagogues, la Belgique déploie l’armée dans les quartiers juifs
Des militaires seront déployés sur une vingtaine de sites à la suite des explosions de la semaine dernière à Liège, mais aussi à Rotterdam et à Amsterdam
La Belgique s’apprête à déployer des troupes militaires afin de renforcer la sécurité des synagogues et des écoles juives, dans un contexte de recrudescence des menaces antisémites, ont indiqué lundi plusieurs responsables politiques.
Cette décision intervient après une attaque à l’explosif qui a visé une synagogue à Liège, dans l’est du pays, la semaine dernière. L’explosion, qui n’a fait aucun blessé, a été revendiquée par un nouveau groupe terroriste se faisant appeler Harakat Ashab al-Yamin al-Islamia, qui affirme, semble-t-il, prendre pour cible des institutions juives à travers l’Europe.
Soupçonné d’entretenir des liens avec des réseaux terroristes iraniens, ce groupe a également affirmé avoir été à l’origine d’explosions survenues ces derniers jours dans des institutions juives à Rotterdam et à Amsterdam, aux Pays-Bas.
Des soldats belges devraient ainsi être déployés aux côtés des forces de police locales « dès que possible », en coordination avec la police fédérale, ont précisé lundi le ministre de la Défense, Theo Francken, et le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin.
Le dispositif devrait concerner une vingtaine de synagogues à travers le pays ainsi que quatre écoles juives à Anvers, selon la presse locale. La ville concentre la majorité des quelque 30 000 Juifs de Belgique.
Plus de 50 soldats devraient être mobilisés pour patrouiller aux côtés de la police, « aussi longtemps que nécessaire ».
Pour Francken, cette mesure vise à la fois à protéger la communauté juive et à « renforcer la sécurité dans nos rues », a-t-il indiqué sur X.
« L’antisémitisme et la haine envers les Juifs ne seront jamais tolérés », a-t-il écrit, assurant que les autorités y répondraient « avec fermeté ».
Dans les jours qui ont suivi l’attaque de Liège du 9 mars, plusieurs responsables publics, dont la maire d’Anvers Els van Doesburg, avaient appelé à un renforcement des dispositifs de protection. Le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) avait lui aussi plaidé en faveur d’un déploiement de troupes sur les sites juifs.
« Il est bon de voir que des mesures sont enfin prises à la suite d’une série d’attaques visant des institutions juives », a déclaré le député Michael Freilich, seul législateur juif orthodoxe du pays, dans une déclaration au Times of Israel. « Il est important que cette mesure ait été adoptée. La sécurité doit passer avant tout. »
En décembre, Quintin avait annoncé un plan visant à retirer les forces de police du quartier juif d’Anvers à partir du mois de janvier, malgré la montée de l’antisémitisme dans le pays et dans le monde. Il était ensuite revenu sur cette décision qui avait suscité un tollé parmi la population.
À la suite de l’annonce de cette semaine, la ministre de la Justice Annelies Verlinden a dit regretter que la décision de déployer des soldats ait été prise sans débat parlementaire. Le Premier ministre Bart De Wever a répondu qu’elle reposait sur une clause légale permettant au commissaire de la police fédérale de demander un soutien militaire pour des missions spécifiques.
Une opération similaire avait été lancée en 2015 avec la mise en place de l’opération Vigilant Guardian (OVG), destinée à répondre à la montée des menaces terroristes après les attentats de janvier 2015 en Île-de-France. Elle était restée en vigueur jusqu’en 2021.