Tableau volé par les nazis réapparu en Argentine : les héritiers assignés à résidence
La fille et le mari du conseiller financier d'Hitler ont été arrêtés, mais le « Portrait d'une dame », pillé chez le marchand d'art amstellodamois Jacques Goudstikker, a depuis disparu.
Les héritiers d’un tableau du XVIIIe siècle, déclaré volé par les nazis à un collectionneur juif pendant la deuxième Guerre mondiale et qui serait réapparu en Argentine, ont été assignés à résidence, tandis que se poursuivent les recherches de cette peinture, à ce jour introuvable, a annoncé la justice mardi.
La fille de Friedrich Kadgien, un officier SS installé en Amérique du Sud après la Deuxième Guerre mondiale et mort en 1978, ainsi que son époux « se sont vu notifier une assignation à résidence pour 72 heures », tandis que se poursuivent des perquisitions, a annoncé le parquet fédéral dans un communiqué.
« Jusqu’à présent, le tableau recherché n’a pas été retrouvé et n’a pas été remis à la justice », malgré des perquisitions réalisées « en divers domiciles liés à la famille Kadgien », souligne le parquet.
Le couple, qui, selon la presse citant des sources judiciaires, est soupçonné de dissimulation, doit être entendu à l’occasion d’une audience ultérieure, ajoute le parquet sans plus de précisions.
L’avocat du couple a déjà assuré que l’héritière et son époux étaient à la disposition de la justice mais conteste l’hypothèse d’une « dissimulation d’un délit prescrit » et met en cause la compétence de la justice pénale sur le sort du tableau.
L’affaire a éclaté fin août après que cette peinture, qui serait « Portrait d’une dame » de l’Italien Giuseppe Ghislandi (1655-1743), a été repéré par un journal néerlandais AD dans la photo d’une annonce immobilière d’une maison à Mar del Plata, une station balnéaire à 400 km au sud de Buenos Aires.
L’authenticité du tableau ne peut être prouvée avant que celui-ci ne soit récupéré. Il aurait appartenu au collectionneur néerlandais Jacques Goudstikker, spolié de ses biens par les nazis.
Le parquet fédéral a par ailleurs souligné mardi que, dans le cadre des diverses perquisitions effectuées, ont été saisis deux autres tableaux qui, « selon des experts en arts visuels, pourraient dater de 1800 », ainsi que divers dessins et gravures.
Ces œuvres « seront analysées afin de déterminer leur lien éventuel avec des tableaux volés pendant la Deuxième Guerre mondiale », explique le parquet.