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Tel Aviv : La prière mixte maintenue place Dizengoff pour les prières de Yom Kippour

Les magistrats de la Haute-cour ont confirmé un jugement émis par un tribunal de première instance, qui avait lui-même suivi la décision prise par la municipalité

Des hommes et des femmes assis ensemble lors d'un événement organisé par Rosh Yehudi sur le Kikar Dizengoff qui comprenait également un espace avec mehitza, à Tel Aviv, le 11 novembre 2022. (Crédit : Rosh Yehudi)
Des hommes et des femmes assis ensemble lors d'un événement organisé par Rosh Yehudi sur le Kikar Dizengoff qui comprenait également un espace avec mehitza, à Tel Aviv, le 11 novembre 2022. (Crédit : Rosh Yehudi)

La Cour suprême a rejeté vendredi une requête qui réclamait qu’hommes et femmes soient séparés lors des prières de Yom Kippour sur la place Dizengoff de Tel Aviv.

Les magistrats se sont ainsi alignés sur le jugement rendu par une juridiction inférieure et par la municipalité de Tel Aviv, qui avait interdit à un groupe orthodoxe d’organiser l’événement en séparant les deux sexes.

Ce conflit portant sur cet office de prière survient alors que des tentatives présumées de séparer les hommes et les femmes à bord des bus qui transportent des passagers haredim et laïcs ont été signalées, ainsi que dans un cadre plus général d’affrontements sur le rôle que devrait tenir la religion dans l’espace public dans le cadre du mouvement de protestation contre le plan de refonte radicale du système judiciaire initié par l’actuel gouvernment.

A la tête du panel de trois magistrats, le juge Yitzhak Amit a écrit que la ségrégation entre les deux sexes dans l’espace public était « une valeur par défaut » et il a noté que la municipalité de Tel Aviv a adopté une politique qui prône ouvertement la mixité dans de tels espaces depuis 2018.

« En règle générale, la séparation entre les deux sexes dans l’espace public s’associe, dans les esprits, avec la discrimination, la violation de l’égalité et l’exclusion des femmes de l’espace public », indique le jugement.

« Dans la mesure où c’est l’interdiction de la ségrégation entre les deux sexes qui prévaut dans la sphère publique, le jugement de la juridiction inférieure s’aligne donc avec le jugement rendu par ce tribunal et avec la politique publique mise en œuvre par la municipalité », a ajouté le juge.

Il a aussi noté que les individus qui considèrent la séparation entre les deux sexes comme un élément déterminant de la prière pourront aller prier dans l’une des centaines de synagogues installées dans toute la ville.

Des hommes et des femmes prient séparément, d’un côté et de l’autre d’une cloison, dans une synagogue de la rue Bugrashov à Tel Aviv, le 26 mai 2023. (Autorisation : Rosh Yehudi)

Depuis 2019, Rosh Yehudi, une ONG qui encourage les Juifs à adopter un mode de vie religieux, organise des prières à la fin de Yom Kippour, la journée du grand pardon.

Le mois dernier, la municipalité de Tel Aviv avait indiqué aux organisateurs qu’ils ne pourraient pas installer de mechitzah sur la place – une cloison utilisée pendant les prières pour séparer les hommes et les femmes conformément à la Halakha, la loi juive orthodoxe.

Des images des précédents événements avaient montré des mechitzahs fabriquées à l’aide de divers matériaux – bois, métal, osier – qui s’étalaient sur plusieurs mètres.

En réponse à la décision prise par la municipalité, Rosh Yehudi avait annoncé que la prière ne serait pas organisée si la municipalité ne revenait pas sur sa décision – prise, selon le groupe, en violation des principes halakhiques. Jeudi, la Cour de district de Tel Aviv avait rejeté la demande d’injonction déposée par l’ONG sur cette décision.

Si ceux qui sont favorables à l’interdiction de l’installation d’une mechitzah lors de la prière ont salué le jugement, qu’ils considèrent comme une victoire contre la coercition religieuse, les critiques ont dénoncé une violation du pluralisme et un manque d’inclusion des activités religieuses dans la ville.

Dans ce contexte d’affrontement entre les valeurs religieuses et laïques, des centaines de manifestants ont encerclé, cette semaine, une synagogue de Tel Aviv qui était utilisée par Rosh Yehudi, pour protester contre l’apparition du rabbin Yigal Levinstein, personnalité de premier plan de l’académie prémilitaire Bnei David qui a entre autres qualifié de « déviants » les membres de la communauté LGBTQ et qui a estimé que les femmes qui servaient dans l’armée israélienne étaient « folles ».

En 2020, la Cour suprême avait statué que la ségrégation entre les deux sexes dans les espaces publics était illégale si elle entravait excessivement la liberté de déplacement individuelle. Le jugement avait toutefois fait des exceptions significatives, stipulant qu’elle pouvait être mise en place s’il y avait des alternatives et en fonction du degré de perturbations causées.

Canaan Lidor a contribué à cet article.

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