Tel-Hai devient la 11ᵉ université d’Israël dans une Galilée meurtrie par la guerre

Près de Kiryat Shmona, l’établissement concrétise un projet vieux de 21 ans et ambitionne d’attirer davantage d’étudiants, de chercheurs et d’entreprises

Des étudiants à l’université Tel-Hai de Kiryat Shmona, en Galilée, le 20 octobre 2026. (Crédit : Université Tel-Hai de Kiryat Shmona, Galilée)

L’établissement Tel-Hai a officiellement acquis mardi le statut d’université, offrant à la Galilée, meurtrie par la guerre, un nouveau pôle d’enseignement et de recherche destiné également à relancer une économie locale en difficulté.

Officiellement baptisée université Tel-Hai de Kiryat Shmona en Galilée, l’institution était jusqu’à cette année le Tel-Hai Academic College, un établissement d’enseignement supérieur situé à l’extrême nord de la Galilée, dans une étroite bande de territoire bordée par le Liban. Sa transformation en université marque l’aboutissement d’un projet gouvernemental lancé en 2005 visant à implanter une université dans la région. Elle devient ainsi la onzième université d’Israël, aux côtés des établissements déjà implantés dans d’autres villes du pays.

Ce nouveau statut permettra à Tel-Hai de développer ses activités de recherche universitaire en complément de l’enseignement. Au cours des cinq prochaines années, les effectifs étudiants devraient passer d’environ 5 000 à 8 000, tandis que le corps enseignant devrait doubler, passant de 150 à 300 membres.

« Désormais, les enseignants consacreront une partie de leur travail quotidien à la recherche, notamment à l’encadrement d’étudiants en master et en doctorat », a déclaré au Times of Israel le professeur Eyal Shimoni, vice-président adjoint de l’université chargé de la recherche et du développement. « Avec l’obtention du statut d’université, chaque enseignant devient également chercheur et se retrouve soudain à la tête d’une équipe de trois, quatre, cinq ou six personnes, sans compter leurs familles. »

Cette expansion intervient alors que le nord du pays sort de trois années de conflit intermittent avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, qui a bombardé la région frontalière à coups de roquettes et d’obus de mortier dès le lendemain du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7-Octobre, et jusqu’au milieu de cette année, malgré plusieurs trêves.

Ces tirs de roquettes ont entraîné l’évacuation d’une grande partie de la région, y compris la ville voisine de Kiryat Shmona, la plus au nord d’Israël, et ont lourdement pesé sur l’économie locale et la vie quotidienne des habitants. Les effectifs de l’université ont désormais retrouvé leur niveau d’avant-guerre, avec 5 000 étudiants, contre 4 700 l’année dernière et 4 400 pendant la première année du conflit, lorsque les cours étaient dispensés à distance. Soixante-dix pour cent des étudiants viennent de l’extérieur de la région, a indiqué l’établissement.

Journée d’inauguration de l’université Tel-Hai de Kiryat Shmona en Galilée, le 20 octobre 2026. (Crédit : Université Tel-Hai de Kiryat Shmona, Galilée)

L’université espère désormais contribuer à la reprise économique en attirant des entreprises, notamment technologiques, dans la région, tout en créant elle-même de nouveaux emplois, a expliqué Shimoni.

« Nous avons pleinement conscience que l’une de nos contributions les plus importantes consiste à favoriser l’implantation d’entreprises et d’activités industrielles en Galilée », a déclaré Shimoni. « Nous ne nous considérons pas comme une université qui se contente de dispenser un enseignement dans un lieu donné. Notre mission va bien au-delà. »

Si le projet de création de l’université remonte à 2005, l’établissement entame désormais une période de développement de cinq ans, durant laquelle il prévoit d’élargir son offre de formation, d’accroître ses effectifs étudiants et de renforcer son corps enseignant. Selon l’université, le gouvernement a investi 700 millions de shekels dans ce projet. Plus tôt cette année, le Fonds national juif (KKL-JNF) a également annoncé un investissement de 5 millions de dollars dans la création d’un centre d’agrotechnologie à Kiryat Shmona, en partenariat avec l’université.

L’université compte à son ouverture quatre départements, consacrés aux sciences sociales et humaines, aux sciences de la vie et de l’environnement, à l’éducation et à l’enseignement, ainsi qu’à l’ingénierie et à l’informatique de pointe. Plusieurs responsables gouvernementaux, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de l’Éducation Yoav Kisch et le ministre Zeev Elkin, se sont rendus sur le campus pour assister à la cérémonie d’inauguration.

« Nous accomplissons ici quelque chose d’historique. C’est un jour béni, un jour de bonnes nouvelles pour Kiryat Shmona et pour la Galilée », a déclaré Netanyahu lors de l’inauguration.

Une arche de ballons à l’occasion de l’inauguration de l’université Tel-Hai de Kiryat Shmona, en Galilée, le 20 octobre 2026. (Crédit : Université Tel-Hai de Kiryat Shmona, Galilée)

« Je suis convaincu que nous aurons une excellente université qui servira de point d’ancrage au développement de toute la région », a déclaré le Dr Eliezer Shalev, président de l’université, dans un communiqué. « Nous ne nous contentons pas de créer un établissement universitaire. Nous établissons un pôle stratégique, national et social, profondément enraciné dans ce territoire. »

L’implantation de l’université dans cette région comporte néanmoins des défis durables, notamment la menace d’une reprise des hostilités avec le Hezbollah. Shimoni reconnaît qu’une éventuelle évacuation du matériel et des équipements de recherche, ainsi que le retour à l’enseignement à distance, seraient désormais plus complexes à organiser avec le nouveau statut de l’établissement. Il reste toutefois convaincu que l’université pourra poursuivre son développement.

Le ministre de l’Éducation Yoav Kisch à l’université Tel-Hai de Kiryat Shmona, en Galilée, le 20 octobre 2026. (Crédit : Université Tel-Hai de Kiryat Shmona, en Galilée)

La réussite du projet repose avant tout sur le recrutement d’enseignants-chercheurs de haut niveau, a-t-il expliqué, un processus déjà engagé. La plupart des nouvelles recrues effectuaient auparavant des recherches post-doctorales à l’étranger, a précisé l’établissement.

« Nous recrutons d’excellents enseignants-chercheurs, en concurrence avec les meilleures universités du pays pour attirer les talents les plus prometteurs. Et certains ont finalement choisi de nous rejoindre, ce qui est, à mes yeux, l’essentiel », a-t-il déclaré. « Si nous parvenons à constituer un corps enseignant solide, les étudiants suivront. »

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