Tireur, victimes, gardes à vue : ce que l’on sait de l’attentat raciste dans les Yvelines

La garde à vue de l'auteur de l'attaque mortelle de vendredi dans les Yvelines, qualifiée d' 'attentat terroriste, raciste' par le président Emmanuel Macron, a été suspendue pour raisons psychiatriques

Des enquêteurs de la police scientifique recherchant des indices après une fusillade raciste survenue à Trappes, en banlieue parisienne, le 23 octobre 2026. (Crédit : Emma Da Silva/AP)

Quel est son profil, qui sont les victimes, où en est l’enquête ? Voici ce que l’on sait dimanche :

Le tireur

Le casier judiciaire de Kévin T., âgé de 39 ans, fait apparaître quatre anciennes condamnations, selon le parquet national antiterroriste (Pnat).

D’après une source policière, il est inconnu du renseignement territorial.

Avant d’ouvrir le feu à Trappes puis dans la ville voisine de La Verrière, il avait piégé son appartement – situé à Plaisir selon une source policière – avec des bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur, d’après le Pnat. Dans son véhicule, une Renault Clio, ont été découverts « un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène ».

Un exemplaire du livre d’Adolf Hitler, « Mein Kampf », a été découvert chez lui, tout comme une Bible et un Coran, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.

L’analyse toxicologique a révélé « la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang » au moment de l’attaque, d’après le Pnat.

Selon Le Parisien, le suspect a affirmé aux enquêteurs être traité pour schizophrénie, une information que l’AFP n’a pu confirmer dans l’immédiat.

La victime décédée

Pengo Bossio Wangi, espoir du MMA (abréviation d’arts martiaux mixtes en français), a été tué par balles à Trappes. Ce jeune Français de 26 ans était d’origine congolaise, selon un employé du club Atch Academy, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) où il s’entraînait.

Selon son fondateur, Stéphane Chaufourier, il « se dirigeait vers une carrière professionnelle ».

Sa petite soeur a confié au média en ligne Blast que son frère, chrétien, était un « hypersensible », « meurtri par les choses du monde ».

« C’était un jeune homme très apprécié de tous, d’une gentillesse extrême. Il était toujours prêt à aider les gens, c’était un homme travailleur et passionné de sport », a déclaré à l’AFP l’avocat de sa famille, Me Yassine Bouzrou, précisant qu’il travaillait dans la sécurité.

Selon Almamy Kanouté, cofondateur de l’Assemblée des quartiers (collectif créé pour faire peser les voix des quartiers), et présent samedi lors d’un rassemblement à Trappes, son père est Bolema Bossio Wangi, membre des Black Dragons, bande antiraciste et antiskinheads à la fin des années 1980/début des années 1990.

Les blessés

L’attaque a également fait cinq blessés, au moins quatre ayant des noms à consonance africaine ou maghrébine, selon une source policière. Aucune information n’a filtré sur leur état de santé depuis plus de 24 heures.

Trois étaient en état d’urgence absolue samedi, dont une fillette de 12 ans, selon la même source. D’après le maire de La Verrière, Nicolas Dainville, l’enfant a été touchée par huit impacts de balle.

Parmi les autres blessés en urgence absolue samedi figurent un homme de 29 ans, Samba C., et un autre de 21 ans, Ahmed C.

M. Dainville a expliqué que deux hommes de ménage, « de type africain », avaient été blessés alors qu’ils nettoyaient une école. Le maire de Trappes Ali Rabeh a indiqué pour sa part qu’un autre blessé est « d’origine maghrébine ».

D’après les pompiers, une cinquième victime, un homme de 40 ans, a été prise en charge à l’hôtel de police de Saint-Quentin-en-Yvelines, où il s’est présenté après avoir été blessé par des éclats de verre.

Les gardes à vue

L’enquête est ouverte pour « assassinat » et « tentatives d’assassinats », « en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ».

Kévin T. a été interpellé à Coignières (Yvelines) vendredi soit une vingtaine de minutes après le début de son périple sanglant, et placé en garde à vue. Celle-ci a été suspendue à l’issue d’un examen psychiatrique réalisé samedi soir, selon le Pnat.

Kévin T. « a été transféré à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (à Paris, NDLR) afin d’y être soumis à une période d’observation psychiatrique susceptible de durer 48 heures », a-t-il ajouté, en précisant que « celle-ci doit permettre d’apprécier si son état de santé psychiatrique est compatible » avec la poursuite de ses auditions.

Quatre « membres de son entourage familial et amical » sont de leur côté toujours en garde à vue, selon le parquet antiterroriste. Parmi eux, figurent la mère et le père du tireur, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.

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