Trésors enfouis : Israël lance une base de données en ligne avec 4 millions de découvertes archéologiques

Les archives de l'IAA offrent aux chercheurs et au public un accès gratuit à des artefacts, des images et des modèles 3D de sites, rendant accessible au monde entier le trésor historique d'Israël

Alby Malka, chef de la division Technologies à l'Autorité des antiquités d'Israël. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité des antiquités d'Israël)

Désormais, grâce à la nouvelle base de données archéologiques nationale, des millions d’artefacts et de découvertes archéologiques provenant de tout Israël sont accessibles en un clic, a annoncé mardi l’Autorité des antiquités d’Israël (IAA).

Cette plateforme, conçue à la fois pour les chercheurs et les passionnés d’archéologie, rassemble une quantité inédite de documents sur le passé antique du pays. La base de données comporte d’ores et déjà plus de 3,9 millions d’enregistrements, près d’un million d’artefacts, plus de 1,2 million d’images et plus de 15 000 modèles 3D de sites et de découvertes. Elle propose ainsi l’un des plus grands référentiels archéologiques en ligne au monde, selon les experts de l’IAA à l’origine du projet.

« Au XXIe siècle, les moindres aspects de nos recherches dépendent des bases de données », a indiqué la Dr Débora Sandhaus, scientifique en chef de l’IAA, au Times of Israel. « Le défi réside dans le fait que chaque fouille, chaque sous-domaine a développé son propre système. Pour la première fois, ce projet nous offre une véritable vue globale de l’ensemble de la [discipline]. »

Cette initiative rassemble toutes les étapes du processus archéologique, depuis le tout début, au moment où les fouilles sont planifiées, jusqu’à la fin, lorsque les découvertes sont publiées ou exposées, a expliqué Sandhaus.

« Israël est le pays le plus fouillé au monde. Les chercheurs d’ici et d’ailleurs pourront désormais facilement accéder à cette immense mine de données », a-t-elle ajouté. « Cette accessibilité est particulièrement cruciale, à une période où se rendre en Israël est devenu plus difficile. »

Ces archives numériques sont disponibles en hébreu et en anglais.

Les utilisateurs peuvent explorer une section « Modèles 3D sélectionnés » et naviguer sur une carte interactive d’Israël, sur laquelle sont mis en évidence les principaux sites archéologiques, notamment la ville biblique de Tel Lachish, la forteresse de Nimrod datant de l’époque des Ayyoubides (XIIe-XIIIe siècles), et l’implantation nabatéenne, romaine et byzantine d’Avdat, située dans le Néguev.

Les utilisateurs qui optent pour un compte gratuit peuvent explorer la base de données plus en profondeur, en effectuant des recherches par site, par artefact, par période historique ou encore par chercheur. Même s’il s’agit d’un outil conçu pour les chercheurs, la base reste toutefois entièrement accessible au grand public.

« Jusqu’à présent, ceux qui recherchaient ce type d’informations devaient passer des mois dans nos archives. Désormais, ils ont juste à rechercher, par exemple, les églises byzantines, pour trouver des milliers d’entrées », a noté Sandhaus.

« Un tel outil contribuera grandement à faire avancer la recherche », a-t-elle souligné.

La Dr Débora Sandhaus, scientifique en chef de l’Autorité des antiquités d’Israël. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité des antiquités d’Israël)

Alby Malka, qui dirige la division Technologies de l’IAA, a exprimé son espoir que ce précieux portail puisse également servir de ressource pour les enseignants qui dispensent des cours d’histoire d’Israël, dans le pays comme à l’étranger.

« Les enseignants pourraient vraiment tirer profit de cette base de données, et particulièrement de la section des modèles 3D, que ce soit dans le cadre de cours avec leurs élèves, à destination d’universitaires ou pour le plaisir de passionnés d’archéologie », a-t-il expliqué au Times of Israel lors d’un entretien téléphonique.

Alby Malka, chef de la division Technologies à l’Autorité des antiquités d’Israël. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité des antiquités d’Israël)

Malka et Sandhaus ont tous deux fait remarquer que cette initiative était encore en cours d’élaboration.

« Ce n’est pour le moment qu’un début », a précisé Malka. « Nous allons ajouter beaucoup plus de données et de modèles 3D, et bien d’autres choses encore », a-t-il ajouté Malka.

« Il était très important pour nous de lancer notre portail dès maintenant, afin de donner aux gens un avant-goût de ce qui les attend dans un avenir proche », a renchéri Sandhaus.

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