Trois ans après le 7-Octobre, l’essor de la vie juive se poursuit aux États-Unis
Selon une enquête des fédérations juives américaines, près de quatre Juifs sur dix participent davantage à la vie communautaire depuis le 7-Octobre
Selon une enquête publiée jeudi, la participation accrue des Juifs américains à la vie communautaire depuis le pogrom du 7 octobre 2023 se confirme, trois ans plus tard.
Réalisée par les Jewish Federations of North America (JFNA), l’étude révèle que 38 % des personnes interrogées s’investissent davantage dans la vie juive depuis le 7-Octobre, 9 % déclarant s’en être éloignées.
Pour mesurer cette vague de mobilisation, les auteurs de l’enquête se sont intéressés aux changements concrets dans les habitudes des personnes interrogées. Celles-ci ont notamment été invitées à préciser si elles avaient multiplié les rencontres avec d’autres Juifs, cherché à approfondir leurs connaissances d’Israël et de la vie juive ou renforcé leurs liens avec une institution communautaire.
Nombre d’entre elles ont déclaré être plus actives dans plusieurs de ces domaines.
En revanche, les personnes qui ont exprimé un besoin accru de vie communautaire ou une plus grande fierté de leur identité juive, sans pour autant changer leurs habitudes, n’ont pas été comptabilisées dans cette vague de mobilisation.
La participation communautaire demeure inférieure au niveau enregistré en 2024, mais elle a repris de la vigueur après le recul constaté l’an dernier. En 2024, 43 % des personnes interrogées déclaraient participer davantage à la vie juive, contre 31 % en 2025 et 38 % cette année.
« Beaucoup s’attendaient à ce que cet engagement accru dans la vie juive s’essouffle avec le temps. Or, les chiffres montrent que cette dynamique se confirme et qu’elle a même repris de la vigueur depuis l’an dernier », explique dans un communiqué Mimi Kravetz, directrice chargée de l’impact et de la croissance de la JFNA.
Seul 1 % des personnes interrogées ont déclaré ne plus souhaiter participer à la vie communautaire juive.
Les relations sociales occupent une place croissante dans ce rapprochement avec la vie juive. En 2024, 6 % des personnes interrogées déclaraient fréquenter davantage d’autres Juifs. Cette proportion est passée à 10 % en 2025, puis à 14 % cette année, ce qui fait des activités sociales la principale forme de renforcement de la participation à la vie communautaire.
Les rencontres informelles, notamment les dîners de Shabbat entre amis, sont les occasions les plus souvent citées comme ayant favorisé ce rapprochement.
Parmi les principaux cercles et institutions que fréquentent les personnes interrogées figurent les synagogues locales (65 %), les amis juifs (63 %), les réseaux sociaux (41 %) et les centres hassidiques Habad (32 %).
Par ailleurs, 68 % des répondants ont déclaré chercher à approfondir leurs connaissances sur Israël ou la vie juive depuis le 7-Octobre, le plus souvent en suivant l’actualité, en consultant les publications d’organisations juives ou israéliennes ou encore en échangeant avec des amis bien informés.
À l’affirmation « Israël me rend fier d’être juif », 57 % des personnes interrogées ont répondu par l’affirmative et 38 % se sont déclarées en désaccord.
L’enquête révèle également un regain de confiance dans les mesures prises pour assurer la sécurité de la communauté juive.
Ainsi, 60 % des répondants estiment que les organisations juives assurent efficacement leur sécurité, contre 47 % l’an dernier. La proportion de ceux qui savent à qui s’adresser pour signaler un acte antisémite est passée de 46 % à 58 %, tandis que celle des personnes connaissant les programmes de sécurité a progressé de 39 % à 57 %.
Les institutions juives américaines ont davantage investi dans la sécurité ces dernières années. Le mois dernier, les fédérations estimaient à plus d’un milliard de dollars la somme consacrée chaque année par ces institutions aux mesures de sécurité.
Les personnes dont la participation à la vie communautaire s’est intensifiée se distinguent également par leur rapport à Israël. Elles sont plus nombreuses que les autres à considérer qu’Israël a le droit d’exister (94 % contre 74 %), à se sentir émotionnellement attachées au pays (93 % contre 51 %) et à affirmer qu’Israël les rend fières d’être juives (75 % contre 36 %).
Enfin, 65 % des personnes interrogées estiment que l’antisémitisme est très répandu aux États-Unis, contre 45 % en 2020, selon les fédérations.
L’enquête a été menée en mai et juin derniers auprès d’un échantillon pondéré de 2 836 Juifs américains, avec une marge d’erreur de 1,84 %.