Analyse

Trois experts expliquent pourquoi les sondages électoraux peuvent vous induire en erreur

Seuil électoral, électorat difficile à sonder et méthodes opaques rendent les prévisions incertaines, mais les spécialistes estiment que les sondages restent utiles

Des militants à Tel Aviv suivent les sondages à la sortie des urnes le soir des élections, le 23 mars 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Depuis des semaines, les Israéliens sont assaillis de sondages publiés par les principaux médias, qui prétendent prédire le vote des électeurs et la composition du prochain gouvernement.

Mais les spécialistes des sondages ont un message pour les électeurs inquiets. Lorsque les Israéliens se rendront aux urnes, le 27 octobre, personne ne saura vraiment ce qui se passera. Les sondages sont utiles, expliquent-ils, mais pas toujours pour les raisons que l’on imagine.

Le manque de fiabilité des sondages électoraux en Israël ne date pas d’hier. Depuis des dizaines d’années, les écarts entre les prévisions publiées quelques jours avant le scrutin et les résultats des élections sont monnaie courante. Et pourtant, paradoxalement, les Israéliens ne s’en lassent pas. Dans un pays aussi passionné de politique, où les enjeux sont si importants, les sondages offrent des chiffres concrets auxquels se raccrocher.

Comment, dès lors, les électeurs israéliens, inquiets à l’approche du scrutin, doivent-ils lire les sondages et à quels éléments doivent-ils prêter attention ? Voici ce qu’ils peuvent nous apprendre, leurs limites et les raisons pour lesquelles les experts continuent de leur trouver une utilité, malgré leurs nombreuses lacunes.

« Les sondages sont le reflet de ce que nous sommes. Ce reflet n’est pas parfait, mais rien ne l’est », a déclaré Dahlia Scheindlin, analyste politique israélienne spécialisée dans les sondages, au Times of Israel.

« Je pense donc qu’il est tout à fait légitime de se regarder dans le miroir pour savoir comment s’habiller le matin », a-t-elle ajouté. « Je pense que plus on en sait sur soi-même, mieux c’est. »

Méfiez-vous des petits partis

Pour comprendre pourquoi le paysage électoral israélien, fragmenté et chaotique, est si difficile à prévoir, il est utile de se tourner vers des scrutins où les sondages sont plus simples à interpréter, comme les élections sénatoriales américaines.

Plus tôt cette année, les démocrates Abdul El-Sayed et Haley Stevens se sont affrontés lors d’une primaire très suivie dans le Michigan. Contrairement à Israël, seuls deux candidats étaient en lice. L’un devait l’emporter, l’autre perdre.

Des ouvriers retirent un panneau de campagne électorale représentant le ministre des Finances et chef du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, pour le remplacer par un panneau à l’effigie du chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, sur la façade d’un hôtel, à Jérusalem, le 14 octobre 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

La campagne a été âprement disputée, mais les sondages donnaient El-Sayed largement en tête. Un sondage, par exemple, lui accordait 16 points d’avance avec une marge d’erreur de 3,7 %, ce qui laissait prévoir une victoire avec une avance comprise entre 12 et 20 points. Au final, il l’a emporté, mais avec moins d’un point d’avance. Et il ne s’agissait là que d’un simple duel entre deux candidats.

En Israël, jusqu’à 13 partis devraient entrer à la Knesset. Des écarts infimes dans les suffrages recueillis par chacun, bien inférieurs aux marges d’erreur des sondages, même les plus fiables, pourraient déterminer le nombre de sièges qu’ils obtiendront, voire leur présence à la Knesset, et donc la composition du prochain Parlement. La marge d’erreur de la chaîne N12, par exemple, est de 4,4 %, soit l’équivalent d’environ cinq des 120 sièges de la Knesset, un écart largement suffisant pour faire basculer la majorité d’un camp à l’autre.

Plus déterminant encore, plusieurs partis se situent autour du seuil électoral de 3,25 %. S’ils atteignent ce seuil, même de justesse, ils obtiennent quatre sièges. En revanche, s’il leur manque ne serait-ce qu’une voix pour y parvenir, ils n’en obtiennent aucun. Tous les suffrages exprimés en leur faveur sont alors perdus, et les sièges sont redistribués entre les autres partis en conséquence.

C’est exactement ce qui s’est passé lors des dernières élections, en 2022. Les voix s’étaient réparties à peu près à parts égales entre les partisans et les opposants du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais deux partis anti-Netanyahu, Meretz et Balad, n’ont pas réussi à franchir le seuil électoral, à quelques voix près ; leurs 289 000 voix cumulées n’ont donc pas été prises en compte dans la répartition des sièges, et Netanyahu a obtenu une majorité de 64 sièges contre 56, qui s’est maintenue, sous une forme ou une autre, jusqu’à aujourd’hui.

« À chaque élection ou presque, nous avons vu un parti qui semblait certain de franchir le seuil électoral, mais qui n’y est finalement pas parvenu », a déclaré Gal Ariely, professeur de sciences politiques et de gouvernement à l’université Ben Gurion, au Times of Israel. « Les électeurs israéliens ont généralement tendance à voter de manière stratégique, en votant pour des partis qui, selon eux, ont de bonnes chances de franchir le seuil électoral. »

Cette fois-ci, pas moins de quatre partis, représentant différentes tendances de l’échiquier politique israélien, oscillent autour de ce seuil. Il s’agit du parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit, du parti de droite Amkha Yisrael, du parti centriste HaMilouimnikim et du parti Raam, historiquement islamiste.

Chacun pourrait obtenir quatre ou cinq sièges, soit un total de 16 à 20 sièges pour les quatre formations, ou… zéro. Si chacun recueillait, par exemple, 3 % des suffrages, aucun ne franchirait le seuil électoral. Les votes de 12 % des électeurs, soit l’équivalent d’environ 14 sièges, seraient alors bons à jeter.

Des militants du Meretz réagissant à l’annonce des sondages de sortie des urnes, à Jérusalem, le 1ᵉʳ novembre 2022. (Crédit : Flash90)

Un tel bouleversement modifierait profondément les résultats du scrutin et la manière dont Israël serait gouverné. Or, les sondages actuels ne permettent absolument pas de savoir si ce scénario se produira.

« Il faudra peut-être redistribuer entre zéro et dix sièges au lendemain des élections », a expliqué Shmuel Rosner, qui dirige l’institut de sondage Madad et travaille comme sondeur pour la Treizième chaîne. « C’est un calcul que nous refaisons sans cesse. Plus il y a de partis susceptibles de ne pas franchir le seuil électoral, plus l’incertitude sur le résultat final est grande. »

La jungle des méthodes de sondage

Ces derniers jours seulement, au moins six médias ont publié des sondages. Le Times of Israel, Kan, ainsi que les chaînes N12 et la Treizième chaîne, créditaient le Likud de Netanyahu de 18 à 20 sièges, ce qui le plaçait en deuxième position. La Quatorzième chaîne et i24NEWS, toutes deux favorables à Netanyahu, lui en attribuaient respectivement 29 et 27.

Là encore, l’écart est considérable. Selon les chaînes pro-Likud, Netanyahu et ses partenaires pourraient former une coalition majoritaire ou s’en approcher. Selon les autres sondages, ni Netanyahu ni ses adversaires ne seraient véritablement en mesure d’obtenir une majorité.

Selon Ariely, cela s’explique en partie par le manque de rigueur de la réglementation encadrant les sondages en Israël. Les instituts de sondage sont tenus de transmettre leurs résultats à la commission centrale électorale (CCE), accompagnés de quelques informations méthodologiques élémentaires, notamment la taille de l’échantillon, le profil des personnes interrogées, la date du sondage et sa marge d’erreur. Et c’est tout.

Or, la réalisation d’un sondage comporte de nombreuses autres étapes, comme la pondération des résultats, la prise en compte des différentes composantes de la société israélienne, marquée par sa diversité religieuse, ethnique, linguistique et géographique, ou encore la détection des valeurs aberrantes dans les données.

La plupart de ces éléments sont considérés comme des informations confidentielles par les instituts de sondage. Ariely a d’ailleurs souligné que les données brutes sont souvent indisponibles, ce qui rend difficile l’évaluation de la fiabilité des résultats.

« Ce domaine est assez peu réglementé, et n’importe qui peut publier plus ou moins ce qu’il veut et appeler cela un sondage »

« Hormis l’obligation imposée par la commission électorale de publier la taille de l’échantillon, la méthode d’échantillonnage et quelques détails vraiment mineurs, le secteur est très peu encadré. N’importe qui peut publier à peu près ce qu’il veut et appeler cela un sondage », a-t-il déclaré.

Les sondages de la Quatorzième chaîne, en particulier, ont suscité des interrogations, tant en raison des écarts considérables avec les résultats des autres instituts que des doutes entourant leur transparence et leur fiabilité.

Shlomo Filber, l’analyste chargé des sondages de la Quatorzième chaîne, avait accepté de témoigner pour l’accusation dans le procès pour corruption de Netanyahu, avant de revenir sur ses déclarations, ce qui a conduit à l’annulation de son accord avec le Parquet.

En mai, Haaretz avait révélé que la Quatorzième chaîne avait créé son propre institut de sondage électoral sans divulguer sa participation à son capital. En août, le quotidien rapportait que la chaîne n’avait pas transmis les données exigées par la loi à la commission centrale électorale.

Dans un cas précis, un sondage réalisé par la chaîne ne portait que sur 436 personnes, selon Haaretz, soit moins que le minimum généralement admis de 500 personnes, et très loin du millier de personnes régulièrement interrogées dans le cadre des sondages de la Treizième chaîne, pour laquelle travaille Rosner.

Compte tenu du parti pris de la Quatorzième chaîne, résolument favorable au gouvernement, ses sondages sont accueillis avec les réserves qui s’imposent. Netanyahu, interviewé cette semaine par la chaîne, a lui-même qualifié ses sondages « d’optimistes ». Seulement, au vu des incertitudes qui entourent les sondages, il n’est pas impossible qu’elle ait raison. Ce qui serait un véritable séisme politique en Israël.

À l’inverse, si les autres sondages disent vrai et que la Quatorzième chaîne se trompe, le choc pourrait être tout aussi considérable.

Le paysage médiatique israélien est profondément fragmenté, et nombre d’électeurs de Netanyahu s’informent essentiellement auprès de ce qui est, de fait, son média attitré. Ils ont donc été amenés à croire que sa victoire était à portée de main. Si les autres sondages se révèlent exacts et que leur dirigeant de longue date, qui se présente comme l’homme indispensable à Israël, finit par perdre, comment réagiront-ils ?

« Dans un monde idéal, les sondages qui se contentent d’indiquer qui gagne et qui perd ne seraient pas au cœur du débat », a déclaré Ariely. « Le débat porterait plutôt sur les programmes, les orientations et les différentes politiques possibles. C’est ainsi que la démocratie devrait fonctionner, du moins dans un monde idéal. Mais dans la pratique, les gens s’intéressent davantage à savoir qui est en tête et qui ne l’est pas. »

Shlomo Filber, ancien directeur général du ministère des Communications, lors d’une audience du procès pour corruption de Benjamin Netanyahu, alors ancien Premier ministre, au tribunal de district de Jérusalem, le 23 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Rosner s’est montré plus direct. « Je dirais qu’il ne faut pas accorder autant d’importance aux sondages, car ils ne sont pas la seule chose qui compte au monde. Il faut savoir relativiser quand même ! »

Selon Scheindlin, le problème vient en grande partie de la façon dont les médias présentent les résultats des sondages, influençant ainsi la manière dont le public les interprète. Au moins trois articles publiés la semaine dernière ont qualifié de
« spectaculaires » des variations pourtant minimes, sans véritable incidence sur le rapport de force électoral. Les lecteurs sont ainsi amenés à accorder une importance excessive à des fluctuations qui restent, rappelons-le, dans la marge d’erreur des sondages et pourraient donc ne refléter aucun changement réel.

« On voit beaucoup de titres déformant complètement les faits et versant dans le sensationnalisme », a-t-elle déclaré. « C’est très courant ici. Les informations trompeuses abondent. On nous annonce un « sondage-séisme ! » simplement parce qu’un parti a gagné ou perdu un siège, voire deux. »

Qui se rend réellement aux urnes ?

Les derniers jours de la campagne électorale, tout comme le jour du scrutin, présentent leurs propres difficultés pour les sondeurs. La loi israélienne interdit la publication de sondages pendant les quatre jours qui précèdent le scrutin, alors même que des changements importants dans les intentions de vote peuvent encore en déterminer l’issue.

En 2015, par exemple, le dernier sondage électoral de N12 accordait quatre sièges d’avance sur le Likud à l’Union sioniste, formation d’opposition de centre-gauche.

À l’époque, tout le monde s’attendait à ce que son chef, Isaac Herzog, tente de former tant bien que mal une coalition ou constitue un gouvernement d’union nationale avec Netanyahu.

« Je dirais qu’il ne faut pas accorder autant d’importance aux sondages, car ils ne sont pas la seule chose qui compte au monde. Il faut savoir relativiser quand même ! »

Au cours des quatre jours qui ont suivi, un immense rassemblement de la droite à Tel Aviv a galvanisé les électeurs de Netanyahu, tandis que Herzog commettait une bourde mémorable à la télévision, à un heure de grande écoute.

Le jour du scrutin, Netanyahu a diffusé une vidéo alarmiste, dans laquelle il s’inquiétait de voir les citoyens arabes exercer leur droit de vote. Au terme du dépouillement, Netanyahu avait remporté une nette victoire sur son adversaire, le Likud décrochant 30 sièges contre 24 pour l’Union sioniste.

« En définitive, les sondages électoraux ne donnent une image fidèle des intentions de vote qu’au moment où ils sont réalisés », a déclaré Ariely. « Et rien ne nous permet de déterminer si l’écart entre un sondage publié quelques jours avant les élections et le résultat du scrutin est dû à des erreurs. Il peut aussi s’expliquer par l’évolution de la campagne électorale elle-même. En réalité, nous n’en savons rien. »

Une autre source d’incertitude tient à la participation électorale. Si les sondages mesurent les intentions de vote des Israéliens, ils ne permettent généralement pas de savoir si les personnes interrogées comptent effectivement se rendre aux urnes. En Israël, l’inscription sur les listes électorales est automatique et le jour du scrutin est férié. Dans ce pays où la politique est souvent une question de vie ou de mort, la participation est généralement élevée. Elle a dépassé les 70 % lors des dernières élections.

Mais ces quelque 30 % d’électeurs qui s’abstiennent constituent une autre source d’incertitude pour les sondages, susceptible d’entraîner des écarts certes modestes, mais décisifs, entre les intentions de vote et les résultats du scrutin. Lors de son interview d’une heure sur la Quatorzième chaîne, cette semaine, Netanyahu a exhorté les téléspectateurs à aller voter, affirmant que leur participation pourrait faire la différence entre une victoire et une défaite.

Des partisans du Shas réagissent aux résultats des sondages à la sortie des urnes, à Jérusalem, le 23 mars 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Certaines populations sont, par ailleurs, plus difficiles à sonder, notamment les communautés haredim qui n’utilisent pas de smartphones ou les Bédouins vivant dans des villages isolés et non reconnus du Neguev.

Les instituts de sondage s’efforcent de les interroger, mais ces difficultés peuvent conduire à sous-estimer leur poids dans les intentions de vote, notamment les scores attribués à Yahadout HaTorah ou à Raam. Il est difficile de savoir pour qui ces électeurs comptent voter, et plus encore s’ils se rendront effectivement aux urnes.

« Certaines communautés sont plus faciles à sonder que d’autres, et nous essayons de corriger ces déséquilibres autant que possible », a déclaré Rosner, dont l’institut est spécialisé dans les sondages auprès des ultra-orthodoxes et compte également un sondeur chargé spécifiquement de la population arabe. « Mais nous savons que ce travail ne sera jamais parfait. »

À quoi servent les sondages ?

Si les résultats des sondages varient autant et que tant de facteurs structurels empêchent de prédire l’issue des élections, à quoi bon les consulter ? Rosner estime qu’une partie des critiques dont ils font l’objet est injustifiée. Il souligne toutefois qu’en s’attachant aux grandes tendances plutôt qu’aux chiffres pris isolément, les lecteurs peuvent en tirer de précieux enseignements sur la politique israélienne.

« Il faut les lire attentivement et avec réalisme, repérer les points sur lesquels ils concordent. Ce sont ceux auxquels vous pouvez accorder davantage de crédit », a déclaré Rosner. « Quant aux points sur lesquels ils divergent, ce sont ceux qui devraient davantage vous préoccuper. »

Des passants devant un panneau de campagne électorale représentant Benjamin Netanyahu, à Bnei Brak, le 25 octobre 2022. (Crédit : Oded Balilty/AP)

Il a notamment précisé que, même si les fluctuations restent difficiles à mesurer, les sondages montrent une relative stabilité du poids des blocs favorables et opposés à Netanyahu. Un constat qui devrait renforcer la confiance des lecteurs dans les grandes tendances électorales. En d’autres termes, une bonne partie des mouvements électoraux se produit au sein de chacun de ces deux blocs, et non de l’un vers l’autre.

« Si l’on considère qu’une grande partie des mouvements… se produira au sein des principaux camps, on peut avoir davantage confiance dans la répartition des sièges entre les blocs telle qu’elle ressort des sondages », a déclaré Rosner. Prenant l’exemple des quatre partis dirigés par des Juifs et opposés au Premier ministre, il a ajouté que « le risque d’une erreur importante diminuait quelque peu lorsqu’on additionnait les résultats de ces quatre formations ».

Enfin, Scheindlin estime que les électeurs abordent les sondages à l’envers. Alors qu’ils sont censés prédire l’issue des élections, leur véritable intérêt réside plutôt dans ce qu’ils nous apprennent du passé. Pris isolément, chaque sondage ne constitue qu’un instantané des intentions de vote. Mais examinés dans leur ensemble, ils permettent de retracer l’évolution du paysage politique au fil des derniers mois et les changements dans les choix des électeurs. Ils offrent ainsi une meilleure compréhension de la vie politique israélienne, et d’Israël lui-même.

« Les tendances à long terme sont essentielles, car elles nous en apprennent bien davantage que les prévisions sur l’avenir », a déclaré Scheindlin.

« Nous ne pouvons pas connaître les tendances futures, mais nous pouvons apprendre énormément de choses sur le passé. En négligeant cet aspect, nous passons à côté de ce que les sondages ont de mieux à offrir, pour nous concentrer sur ce qu’ils font le moins bien, à savoir prédire l’avenir. »

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