Trump apporte son soutien « total » au « guerrier » Netanyahu pour sa réélection
À neuf jours des élections en Israël, le président américain salue un « grand Premier ministre guerrier ». Gadi Eisenkot et Nafltali Benett rappellent que c'est aux Israéliens de choisir leur Premier ministre
Le président américain Donald Trump a apporté son « soutien total et entier » au Premier ministre Benjamin Netanyahu neuf jours avant les élections israéliennes du 27 octobre, le qualifiant de « grand Premier ministre guerrier, et d’un partenaire pour la paix plus grand encore dans le combat contre la République islamique d’Iran ».
Dans une publication rédigée en majuscules sur son réseau Truth Social, Trump a écrit que Netanyahu « NE VOUS DÉCEVRA JAMAIS ! »
« Bibi Netanyahu a été fort, courageux et brillant face à une opposition incroyable », a écrit Trump, « à commencer par celle venue d’Israël. »
Trump assure que Netanyahu a « encaissé et même prospéré ! »
« J’ai observé Bibi dans les moments les plus difficiles », écrit Trump.
« En pareille situation, des hommes ou des femmes ordinaires auraient fléchi sous la pression — Mais pas Bibi, il s’est même renforcé, et il garde cette force intacte aujourd’hui encore. C’est le genre de partenaire que les États-Unis d’Amérique exigent d’Israël, pays pour lequel ils ont tant fait. »
Trump justifie par ailleurs la campagne israélo-américaine contre l’Iran, affirmant que la République islamique aurait sinon tenté de mettre à exécution sa promesse de « détruire le Petit Satan et le Grand Satan ».
L’Iran, dit-il, a été « méthodiquement détruit, tant sur le plan militaire que financier, et à moins qu’ils ne changent rapidement de comportement, nous finirons bientôt le travail ».
« Si Israël a le mauvais dirigeant, c’est-à-dire n’importe qui sauf Bibi », écrit-il, « l’Amérique devra faire ce travail elle-même, et je ne suis pas enclin à le faire. »
Peu de temps après, le Premier ministre Benjamin Netanyahu l’a remercié pour « le formidable appui et la collaboration ».
« Ensemble, nous mènerons à bien cette mission ! » a écrit M. Netanyahu sur X, au-dessus d’un montage vidéo montrant M. Trump en train de faire son éloge.
תודה לך הנשיא טראמפ על התמיכה האדירה והעבודה המשותפת.
יחד נשלים את המשימה! pic.twitter.com/0D4h9hkL5o
— Benjamin Netanyahu – בנימין נתניהו (@netanyahu) October 18, 2026
Le chef de file de l’opposition, Gadi Eisenkot, a réagi à l’annonce du soutien de Donald Trump au Premier ministre Benjamin Netanyahu en déclarant qu’il appartenait aux électeurs israéliens de choisir leur prochain Premier ministre.
« J’ai un grand respect pour le président américain », a déclaré M. Eisenkot lors d’un événement destiné aux étudiants à l’Université de Tel-Aviv, ajoutant toutefois qu’ « Israël [était] une démocratie » et que « les citoyens israéliens [étaient] les seuls à décider qui [serait] le Premier ministre ».
Interrogé plus tard, lors d’un entretien à la chaîne N12, sur la question de savoir s’il avait tenté d’empêcher Donald Trump d’apporter son soutien à M. Netanyahu, il a répondu : « Il y a eu plusieurs réunions sur lesquelles je ne souhaite pas m’étendre. J’ai demandé qu’il n’y ait pas d’intervention dans les élections internes d’Israël. Mais je ferai avec. »
Il est revenu sur son travail avec l’armée américaine, du temps où il était chef d’État-Major de Tsahal, soulignant que les deux pays entretenaient d’ « excellentes relations ».
Interrogé sur une possible reprise des combats contre l’Iran, M. Eisenkot a déclaré : « Je ne vois actuellement aucune information ni aucun événement requérant une action urgente et immédiate à neuf jours d’une élection. »
S’il y avait une menace immédiate, a-t-il ajouté, « je fais confiance au chef d’État-Major. Je le connais depuis plusieurs dizaines d’années », exprimant sa confiance dans le fait que le chef d’État-Major de Tsahal, Eyal Zamir, et non M. Netanyahu, fasse de bonnes recommandations.
S’agissant de la volonté affichée par d’autres dirigeants de l’opposition de devenir Premier ministre, il a ajouté : « Le chef du plus grand parti devrait être le candidat naturel au poste de Premier ministre… parce que c’est le reflet de la volonté de la population. »
Selon les derniers sondages, le parti Yashar de M. Eisenkot est crédité du plus grand nombre de suffrages lors du prochain scrutin du 27 octobre.
Il a affirmé qu’il s’efforcerait de former un « gouvernement sioniste, républicain et stable » et qu’il était favorable à la création d’une commission d’enquête d’État sur e pogrom du Hamas du 7 octobre 2023, démarche à laquelle M. Netanyahu est radicalement opposé.
« Je me demande ce que j’aurais pu faire de mieux », a-t-il déclaré en repensant aux événements qui ont mené au pogrom.
« Je sais ce que j’ai fait, et je sais ce qu’il n’a pas fait », a-t-il ajouté à propos de M. Netanyahu, accusant le Premier ministre n’avoir rien fait pour empêcher le massacre.
« Culture du vendredi » organisé par le Barreau d’Israël à Beit HaPraklit à Tel-Aviv, le 16 octobre 2026. (Avshalom Sassoni/Flash90)
L’ex-Premier ministre Naftali Bennett, à la tête du parti d’opposition BeYahad, a fait savoir qu’il serait capable de travailler avec le président américain Donald Trump malgré le soutien apporté aujourd’hui par ce dernier au Premier ministre Benjamin Netanyahu, déclarant devant des étudiants de l’Université de Tel-Aviv que la population israélienne déciderait de qui dirigera le pays.
« Je sais que je peux très bien m’entendre avec le président Trump », a-t-il déclaré.
« En fin de compte, en politique internationale, les dirigeants travaillent avec les dirigeants sortis des urnes », a poursuivi M. Bennett.
Il a assuré que, sous sa direction, Israël retrouverait sa place dans le monde, rappelant que le pays « avait très bien réussi avant Netanyahu » et qu’il « réussirait encore plus après lui ».
Le parti de M. Bennett se classe actuellement en troisième position dans les sondages, derrière le parti Yashar de Gadi Eisenkot, chef de file de l’opposition, et le Likud de M. Netanyahu.
Interrogé sur l’identité du prochain Premier ministre, M. Bennett a répondu que les électeurs trancheraient, ajoutant : « Je me présente avec conviction à ce poste. »
Il a toutefois noté que le prochain Premier ministre n’aurait pas nécessairement à être issu du parti ayant obtenu le plus de voix. C’est ce qui s’était produit en 2021, lorsque M. Bennett était devenu Premier ministre : son parti ne comptait en effet que six sièges au sein de la coalition mais il avait joué un rôle déterminant pour débarquer temporairement M. Netanyahu du pouvoir.
M. Bennett a également lancé un appel à l’unité entre la gauche et la droite sionistes en déclarant : « Je crois que la gauche sioniste et la droite sioniste, qui ont combattu ensemble à Gaza, répareront ensemble l’État d’Israël. »
Interrogé sur la probabilité qu’il fasse partie d’un gouvernement aux côtés de partis de droite actuellement alliés à M. Netanyahu, il n’a pas répondu par oui ou non, expliquant qu’il était un « homme de droite libéral » et que les partis pourraient travailler ensemble s’ils acceptaient les principes fondamentaux de son parti — à commencer par la création d’une commission d’enquête d’État sur le pogrom du Hamas du 7 octobre 2023, ce à quoi M. Netanyahu et ses alliés sont catégoriquement opposés.