Trump déclare que Herzog devrait « avoir honte » de ne pas avoir gracié Netanyahu
Herzog répond « qu’Israël est un État souverain » et qu’aucune décision n’a encore été prise concernant la grâce
Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi que le président Isaac Herzog « devrait avoir honte » de ne pas avoir accordé de grâce au Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est actuellement jugé pour fraude, corruption et abus de confiance présumés.
Trump réclame la grâce de Netanyahu depuis le mois de juin 2025, mais cela a été la première fois, lundi, qu’il s’en est pris à Herzog, coupable, à ses yeux, de ne pas l’avoir accordée au Premier ministre.
Des propos qui ont été tenus au lendemain d’une rencontre entre Trump et Netanyahu à la Maison Blanche – ce qui a pu laisser penser que le Premier ministre israélien a soulevé la question lors de cet entretien.
Interrogé par les journalistes à la Maison Blanche sur la responsabilité de Netanyahu dans les défaillances sécuritaires qui avaient permis le pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, Trump a répondu : « Je pense que tout le monde est responsable ». Il a ensuite noté qu’il s’agissait d’une « attaque surprise » que « personne d’autre n’aurait pu prévoir ».
Il a ensuite de nouveau salué Netanyahu, faisant l’éloge « d’un très bon Premier ministre en temps de guerre » et vantant leurs succès communs contre l’Iran. Il a ensuite tourné son attention vers Herzog.
« Vous avez un président [qui] a refusé de lui accorder son pardon… [Il] devrait avoir honte de lui-même », a déclaré Trump.
« Le principal pouvoir dont il dispose est… d’accorder des grâces, et il ne le fait pas. Il a dit qu’il l’avait fait à cinq reprises, mais il ne veut pas le faire parce que, je suppose, il y perdrait son pouvoir », a ajouté Trump, sans donner plus de détails ni d’explications.
« Je pense que le peuple israélien devrait vraiment avoir honte de ce qui se passe. C’est honteux de sa part de ne pas l’accorder », a ajouté le président américain.
Le bureau de Herzog a rapidement réagi en faisant savoir que, contrairement à ce qu’a affirmé Trump, le président israélien n’avait pas encore décidé d’accorder ou non une grâce à Netanyahu.
En effet, cette question est toujours en cours d’examen au sein du ministère de la Justice, qui doit rendre un avis juridique avant que le président puisse prendre une décision, selon le communiqué du bureau de Herzog.
« Ce n’est qu’à l’issue de ce processus que le président Herzog examinera la demande conformément à la loi, dans l’intérêt supérieur de l’État d’Israël, guidé par sa conscience et sans aucune influence, sans pressions externes ou internes d’aucune sorte », a ajouté le communiqué.
« Le président Herzog apprécie profondément le président Trump pour sa contribution significative à l’État d’Israël et à sa sécurité. Israël est un État souverain régi par l’État de droit », a poursuivi le communiqué, qui a suggéré avec prudence que Trump tentait de porter atteinte à la souveraineté d’Israël, tout en insistant sur le fait que Herzog ne permettrait pas que cela se produise.
Lorsqu’il avait reçu Netanyahu au mois de décembre, Trump avait affirmé qu’il avait évoqué le sujet avec Herzog et que le président israélien lui avait dit qu’une grâce était « en cours ».
Une affirmation qui avait été rapidement démentie par Herzog, qui avait indiqué que les deux hommes ne s’étaient pas parlé récemment et qu’aucune décision concernant une grâce n’avait été prise.
Le bureau de Herzog avait expliqué, à ce moment-là, qu’il s’était entretenu plusieurs semaines auparavant avec « un représentant du président Trump, qui s’était enquis de la lettre du président américain », faisant référence à une lettre envoyée en novembre par Trump à Herzog pour lui demander officiellement de gracier Netanyahu.
Au cours de cette conversation, « une explication a été fournie concernant l’état d’avancement de la procédure et le fait que toute décision à ce sujet serait prise conformément aux procédures établies », avait ajouté le bureau de Herzog.
Trump a mené une campagne très médiatisée en faveur de Netanyahu, exhortant publiquement Herzog à gracier le Premier ministre lors d’un discours à la Knesset à partir du mois d’octobre 2025.
Quelques semaines plus tard, Trump avait envoyé une lettre à Herzog dans laquelle il formulait officiellement sa demande, rejetant les poursuites judiciaires contre Netanyahu et insistant sur le fait que lui accorder une grâce permettrait d’unir le pays.
Herzog avait ensuite réitéré qu’il ne pourrait envisager une grâce que si Netanyahu en faisait la demande, ce que les avocats du Premier ministre avaient finalement fait fin novembre dans un dossier qui, fait notable, n’a compris aucune reconnaissance de culpabilité.
S’exprimant au lendemain de la réception de la demande, Herzog avait déclaré qu’il la traiterait « de la manière la plus appropriée et la plus précise possible. Je ne tiendrai compte que du bien du pays et de la société israélienne ».
Alors que Herzog aurait prévu de se prononcer sur la grâce de Netanyahu dans les semaines à venir, l’urgence de la question semble s’être estompée.
Dans la mesure où le procès est toujours en cours, certains experts juridiques affirment que Herzog n’a même pas le pouvoir d’accorder une grâce à ce stade.
Mais le procès contre Netanyahu dure depuis près de six ans et il devrait se poursuivre pendant plusieurs années encore – sans compter de la durée d’un éventuel appel.
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