Trump : Les États-Unis « pourraient lancer une nouvelle opération Fureur épique » contre l’Iran

Tom Barrack estime qu'une frappe américaine contre l'Iran pourrait « absolument » avoir lieu ce week-end, des propos démentis par Trump ; Fidan met en garde contre toute attaque contre l'Iran

Le président américain Donald Trump salue la foule après avoir pris la parole lors d'un meeting électoral à l'Alico Arena de la Florida Gulf Coast University, à Fort Myers, en Floride, le 23 octobre 2026. (Crédit : Brendan SMIALOWSKI/AFP)

Washington pourrait lancer une nouvelle opération militaire contre l’Iran, a laissé entendre vendredi le président américain Donald Trump.

« Nous pourrions lancer une nouvelle petite ‘Fureur épique’ », a déclaré Trump lors d’un meeting organisé en Floride, alors qu’il évoquait la guerre. Le président n’a toutefois pas donné plus de détails.

« Opération Fureur épique » est le nom donné par l’armée américaine à sa guerre contre l’Iran.

Durant ce même meeting, Trump a annoncé que les États-Unis s’occuperaient de Cuba une fois traitée la question iranienne, et qu’ils enverraient le secrétaire d’État Marco Rubio pour conclure l’accord.

« Nous nous occuperons de Cuba à notre retour d’Iran… puis nous enverrons Marco Rubio pour conclure l’accord », a indiqué Trump.

Or plus tôt, le président Donald Trump avait semblé vouloir tempérer les propos de son envoyé au Moyen-Orient selon lesquels les États-Unis pourraient « absolument » frapper l’Iran dès ce week-end, faisant savoir aux journalistes qu’il n’était pas au courant de tels projets.

Trump avait été interrogé sur les déclarations de Tom Barrack alors qu’il s’apprêtait à monter à bord de son avion en Floride.

« Il est mon ambassadeur en Turquie. C’est un homme assez puissant, je présume », a ironisé Trump, laissant entendre que Barrack n’avait pas les qualifications nécessaires pour avancer de telles prédictions. « Si cela est vrai, alors je ne suis pas au courant », avait ajouté Trump.

Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial en Syrie, intervenant lors d’une table ronde dans le cadre du Forum diplomatique d’Antalya, à Antalya, dans le sud de la Turquie, le 17 avril 2026. (Crédit : Riza Ozel/AP Photo)

Barrack avait ainsi estimé qu’une frappe américaine contre l’Iran pourrait « absolument » avoir lieu dès ce week-end.

« Pourrait-il y avoir une frappe ce week-end ? Absolument », a déclaré Barrack, qui occupe également les fonctions d’envoyé spécial des États-Unis en Syrie et en Irak, dans le cadre d’une interview accordée au chroniqueur en ligne Mario Nawfal.

« Le président est très clair. Il est ouvert à un accord, disponible et accessible, et nous sommes à la table des négociations depuis des mois et des mois », a ajouté Barrack. « La prolifération nucléaire, la question de l’enrichissement et tous ces points spécifiques sont des détails, une parenthèse dans ce chapitre qui doit être clos. »

Barrack a précisé que les États-Unis étaient actuellement « en phase de négociation pour le déblocage des avoirs, la levée des sanctions, la fin des interventions militaires et la fourniture de l’aide nécessaire à Israël, notre allié ».

L’émissaire américain a également repris des propos similaires tenus ces derniers mois par le président Trump, laissant entendre que les États-Unis cherchaient à conclure un accord diplomatique, mais que « si nous n’y parvenons pas, et si vous continuez à menacer le monde, nos alliés et les pays du Golfe, cela aura des conséquences ».

« Ces conséquences ne prendront pas la forme d’un changement de régime », a ajouté Barrack. « Les États-Unis, et le président américain lui-même, ont déclaré ne pas être intéressés par un changement de régime. Leur objectif est de rééquilibrer la situation pour qu’il n’y ait plus d’otages, plus de menaces, et que le monde retrouve une certaine sérénité et puisse garantir la stabilité de la région. Le problème d’un changement de régime est toujours le même : que se passera-t-il ensuite ? »

Barrack est connu pour commenter régulièrement en public l’actualité au Moyen-Orient, ce qui est rare pour un responsable américain en exercice. Mais il est souvent difficile de savoir si ses propos sont le reflet de la politique de l’administration, ou s’il s’agit simplement de ses opinions personnelles.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait lui déclaré plus tôt cette semaine avoir insisté auprès de Trump, lors d’un récent entretien téléphonique, sur la nécessité de renverser le régime iranien.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien, Asaad al-Shibani, à Damas, en Syrie, le 13 septembre 2026. (Crédit : AP/Ghaith Alsayed)

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait quant à lui mis en garde contre toute nouvelle attaque contre l’Iran. Selon lui, une telle initiative ne ferait qu’exacerber les tensions et aggraver davantage le conflit dans ce pays. Il a ajouté que la diplomatie et le dialogue étaient la seule option susceptible de mettre fin à la guerre.

Fidan a rencontré vendredi à Istanbul ses homologues d’Égypte, du Pakistan, d’Arabie saoudite, d’Allemagne, de France, de Grande-Bretagne et d’Italie. Ils ont abordé les développements de la guerre en Iran, les attaques lancées contre l’Arabie saoudite par les Houthis soutenus par la République islamique, ainsi que la guerre menée par la Russie en Ukraine.

« Nous convenons tous qu’une nouvelle attaque contre l’Iran ne ferait qu’étendre davantage le conflit dans la région », a déclaré Fidan lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion. « Une intervention militaire en Iran n’est en aucun cas une solution. Pour l’instant, personne n’y est favorable », a-t-il ajouté.

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