Trump : les victoires de l’extrême-gauche à New York, « la menace la plus grave » de l’histoire des États-Unis
Le président américain a fustigé les élus du DSA, des 'communistes cruels' et des 'animaux' prêts à tuer leurs adversaires, dans un discours prononcé dans l'hôtel où il a récemment fait l'objet d'une tentative d'attentat
WASHINGTON (Reuters) — Vendredi, le président américain Donald Trump a affirmé que la série de victoires remportées par des candidats de gauche aux primaires démocrates à New York représentait « la menace la plus grave pour notre pays depuis sa fondation ». Il s’agit là d’un avant-goût de ce qui devrait devenir l’un des principaux arguments d’attaque des Républicains à l’approche des élections de mi-mandat, qui se tiendront en novembre.
Dans une allocution prononcée à Washington lors de l’événement annuel « Road to Majority » organisé par la coalition évangélique Faith and Freedom Coalition, Trump a inexactement qualifié les candidats victorieux, dont deux sont membres des Democratic Socialists of America (DSA), de communistes.
« Ces communistes cruels vont s’attaquer à toutes les religions, et surtout au christianisme », a déclaré Trump. « Ils représentent la plus grande menace pour notre pays depuis sa fondation. »
Le président a également présenté les communistes comme des « animaux » prêts à tuer leurs adversaires – sans toutefois fournir la moindre preuve à l’appui de cette affirmation. Des propos d’autant plus surprenants que Trump s’exprimait dans l’hôtel même où, en avril dernier, un homme armé avait tenté de déjouer la vigilance des agents des services secrets alors que le président assistait au dîner de l’Association des correspondants de la Maison Blanche.
Les Républicains, qui peinent à convaincre les Américains de leur volonté de lutter contre le coût élevé de la vie, devraient, selon toute vraisemblance, passer à l’offensive contre les Démocrates dans les derniers mois de la campagne, alors qu’ils s’efforcent de conserver leur maigre majorité au Congrès.
Selon les analystes politiques, le succès des candidats démocrates de gauche aux primaires offre aux Républicains une occasion d’accuser le parti de basculer trop à gauche, préférant se concentrer sur des priorités idéologiques plutôt que sur les préoccupations des électeurs concernant le coût de la vie.
Dans les primaires de mardi, ce sont trois candidats d’extrême gauche à la Chambre des représentants, soutenus par le maire de New York, Zohran Mamdani, qui se sont imposés face à deux démocrates sortants et à un troisième candidat favori de l’establishment du parti.
Les socialistes démocrates soutiennent généralement l’idée que le gouvernement doit mettre en place un État-providence solide, en privilégiant des mesures telles que la couverture médicale et éducative universelle, la gratuité de l’enseignement supérieur, un renforcement de la protection des travailleurs et une augmentation de la fiscalité pour les plus riches. À la différence des communistes, les socialistes démocrates croient en la nécessité d’agir au sein même du système démocratique pour faire évoluer les choses.
Les candidats socialistes démocrates ont par ailleurs fait du soutien aux Palestiniens et de l’opposition à l’aide militaire américaine à Israël le cœur de leurs campagnes, souvent ouvertement anti-sionistes.
En réponse aux propos de Trump, Aidan Johnson, porte-parole de la branche de campagne du Parti démocrate à la Chambre des représentants, a souligné que les Républicains « savent qu’ils ne peuvent pas gagner sur le fond. Nous les voyons donc s’effondrer en temps réel, puis recourir à des attaques sans fondement, qui ne visent qu’à faire peur ».
Sécurité renforcée
Trump a apporté son soutien à plusieurs causes défendues par la Faith and Freedom Coalition, notamment la tentative d’interdire aux athlètes transgenres de participer aux compétitions sportives féminines. Mais il s’est également attiré les critiques des partisans chrétiens d’Israël pour son accord de cessez-le-feu avec l’Iran, ainsi que celles des opposants à l’avortement, qui jugent son administration trop permissive.
Vendredi, il a cherché à présenter la guerre en Iran comme un succès incontestable, affirmant avoir contrecarré la tentative de Téhéran de se doter d’une arme nucléaire.
L’intervention de Donald Trump au Washington Hilton intervient deux mois après qu’un homme armé d’un fusil de chasse a tenté de pénétrer dans la salle de bal où il devait prendre la parole devant un parterre de journalistes de la Maison Blanche et d’autres invités.
Vendredi, à l’extérieur de la salle de bal, des mesures de sécurité renforcées étaient clairement visibles, avec davantage de portes bloquées et de gardes en service.
Les autorités ont identifié le tireur comme étant Cole Tomas Allen, 31 ans. Ce Californien a plaidé non coupable des accusations de tentative d’assassinat contre Trump.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.