Trump sain et sauf : Un homme armé a ouvert le feu lors du dîner des correspondants de la Maison Blanche
Le suspect a été interpellé après avoir blessé un agent de sécurité ; le président doute que cette tentative soit liée à la guerre en Iran et ne changera pas sa position
Washington — Samedi soir, un homme armé de plusieurs armes à feu et de couteaux a fait irruption dans le hall d’entrée de la salle où se tenait le dîner de l’Association des correspondants de la Maison Blanche, en présence du président américain Donald Trump. Il s’est précipité vers la salle de bal, provoquant une scène chaotique avec les agents du Secret Service, tandis que les invités se jetaient sous les tables au son des coups de feu.
Le président n’a pas été blessé et a été évacué des lieux. L’homme armé, qui était un client de l’hôtel Washington Hilton où se tenait le dîner, selon les autorités, a été placé en garde à vue et comparaîtra devant le tribunal lundi.
La police pense que l’homme a ouvert le feu et a agi seul, mais n’a pas précisé qui était sa cible ni donné de détails sur son mobile.
« Quand on a de l’impact, les gens s’en prennent à vous. Quand on n’en a pas, ils vous laissent tranquille », a déclaré Trump, sain et sauf et toujours en smoking, depuis la Maison Blanche, deux heures plus tard.
Il a ajouté que cette fusillade ne le dissuaderait pas de mener la guerre contre l’Iran, estimant que cette attaque n’avait probablement aucun lien avec ce conflit.
« Cela ne m’empêchera pas de gagner la guerre en Iran. Je ne sais pas si cela a un rapport avec cela, je ne le pense vraiment pas, d’après ce que nous savons », a déclaré Trump aux journalistes.
Il avait toutefois auparavant déclaré : « On ne sait vraiment pas » si cela pouvait être lié à la guerre contre la République islamique d’Iran, et indiqué que les enquêteurs travaillaient sur le mobile du tireur, qu’il a qualifié de « loup solitaire ».
La fusillade s’est déroulée juste à l’extérieur de la vaste salle de banquet souterraine où se trouvaient des milliers d’invités. Elle a perturbé, quelques minutes après son début, un événement annuel destiné à rendre hommage au journalisme et au Premier amendement, qui était particulièrement mis en avant cette année, car c’était la première fois que Trump y assistait depuis son accession à la présidence.
Plus tard, Trump a déclaré à la presse qu’il espérait que l’événement serait reprogrammé dans les trente jours, bien que le fait qu’un homme armé ait pu se précipiter vers la salle de banquet ait immédiatement soulevé des questions sur les mesures de sécurité lors d’un événement auquel assistent chaque année de hauts responsables gouvernementaux.
Dans une vidéo publiée par Trump, on voit le suspect franchir les barrières de sécurité, tandis que des agents du Secret Service se ruent vers lui. Un agent portant un gilet pare-balles a été touché, mais son état s’améliore, ont indiqué les autorités. Le tireur, armé, a été plaqué au sol et n’a pas été blessé ; il a toutefois été examiné à l’hôpital, a indiqué la police.
Le suspect de cette attaque a été identifié comme étant Cole Tomas Allen, 31 ans, originaire de Torrance, en Californie, selon deux responsables des forces de l’ordre qui se sont confiés à l’Associated Press sous couvert d’anonymat pour évoquer l’enquête en cours. Il fait face à deux chefs d’accusation liés aux armes à feu, dont celui d’avoir agressé un agent avec une arme mortelle.
À l’intérieur de la salle de bal, les invités se sont précipités pour se mettre à l’abri au son des coups de feu, tandis que des agents du Secret Service, y compris l’équipe d’intervention lourdement armée, ont envahi les lieux.
Le vice-président, JD Vance, a été le premier à être évacué de la salle, tandis que les agents ont d’abord couvert le président sur place avant de l’escorter, ainsi que la première dame, Melania Trump, hors de la salle. Trump a brièvement trébuché en quittant la scène, avant d’être aidé par son service de sécurité.
Il a été retenu pendant un certain temps dans une suite présidentielle sécurisée de l’hôtel, tandis que le président et les organisateurs tentaient initialement de reprendre l’événement – le personnel de l’hôtel a replié les serviettes et rempli les verres d’eau, et les assistants ont réglé le téléprompteur pour le président – avant que Trump ne soit ramené à la Maison Blanche sur les conseils du Secret Service.
C’était la troisième fois depuis 2024 que le président était menacé par un agresseur de son entourage immédiat, y compris lors de la tentative d’assassinat à Butler, en Pennsylvanie, qui l’avait blessé et coûté la vie à un pompier.
« Aujourd’hui, nous avons besoin de niveaux de sécurité que personne n’a probablement jamais vus auparavant », a déclaré le président.
Mais il a également ajouté : « Nous ne laisserons personne prendre le contrôle de notre société. »
À ses côtés, le directeur du FBI, Kash Patel, a déclaré que l’agence examinait une arme longue et des douilles retrouvées sur les lieux, et qu’elle interrogeait les témoins présents au dîner. Il a exhorté toute personne détenant des informations à se manifester.
Le dîner tourne au chaos
Les convives dégustaient une salade de petits pois et de burrata lorsque le bruit a commencé – un bruit que Trump a d’abord pris pour un plateau tombé, mais que certains journalistes ont identifié comme cinq à huit coups de feu.
Les agents du Secret Service et d’autres forces de l’ordre ont alors envahi la salle, tandis que des centaines de convives se précipitaient sous les tables. Des cris ont retenti dans la salle de banquet lorsque les invités ont réalisé qu’il se passait quelque chose ; des centaines de journalistes ont immédiatement sorti leur téléphone pour relayer l’information.
« Écartez-vous, monsieur ! » a crié quelqu’un. D’autres ont crié de se baisser. Dans un coin, on a entonné « God Bless America » alors que le président était escorté hors de la salle. À l’extérieur de l’hôtel, des membres de la Garde nationale et d’autres autorités ont investi les lieux, tandis que des hélicoptères survolaient la zone.
Après une première tentative de reprise, l’événement a été annulé pour la soirée et sera reprogrammé.
« Nous recommencerons », a déclaré Weijia Jiang, présidente de l’Association des correspondants de la Maison Blanche. Peu après, le personnel a commencé à démonter les tables et le pupitre présidentiel.
Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a déclaré que lui et son épouse, Kelly, qui assistaient tous deux à l’événement, « priaient pour notre pays ce soir ». Le chef de file démocrate à la Chambre, le représentant de New York Hakeem Jeffries, a écrit sur les réseaux sociaux : « La violence et le chaos en Amérique doivent cesser. »
La salle de banquet, où des centaines de journalistes de renom, de célébrités et de dirigeants nationaux attendaient le discours de Trump, a été immédiatement évacuée. Des membres de la Garde nationale ont pris position à l’intérieur du bâtiment, tandis que les personnes présentes étaient autorisées à sortir, mais pas à y revenir immédiatement. La sécurité à l’extérieur a également été extrêmement renforcée.
Le député républicain Mike Lawler, invité au dîner, a déclaré avoir entendu un bruit sec et ajouté : « Nous ne savions pas du tout ce que c’était. Puis, on a entendu toutes sortes d’objets s’entrechoquer. »
Lawler a indiqué recevoir « souvent des menaces de mort » et a ajouté : « Je pense que nous vivons dans un climat où tout le monde reconnaît que c’est un problème, mais je ne pense pas que les gens mesurent pleinement l’ampleur réelle de celui-ci. »
En général, l’hôtel Hilton, qui accueille le dîner depuis des années, reste ouvert à sa clientèle habituelle pendant l’événement, et la sécurité se concentre principalement sur la salle de banquet plutôt que sur l’ensemble de l’hôtel, avec peu de contrôles pour les personnes qui n’y assistent pas. Ces dernières années, ces failles ont permis des perturbations dans le hall et d’autres espaces publics, notamment des manifestations au cours desquelles les forces de sécurité ont dû intervenir pour expulser des clients déployant des banderoles ou organisant des manifestations.
En 1981, le président américain Ronald Reagan a été blessé par les coups de feu tirés par John Hinckley Jr. devant l’hôtel Hilton — un événement qui a conduit à une réorganisation des lieux visant à renforcer la sécurité et à ajouter une suite présidentielle spéciale près de l’entrée, afin que les chefs d’État puissent y être conduits. C’est dans cette suite que Trump a été brièvement conduit après les événements de samedi soir.
L’événement aurait mis en lumière les relations de Trump avec la presse
La présence de Trump au dîner annuel de samedi à Washington, pour la première fois en tant que président, devait mettre pleinement en évidence les relations souvent conflictuelles de son administration avec la presse.
Trump est arrivé à un événement où les dirigeants d’une nation en guerre côtoyaient des célébrités, des journalistes et même une marionnette – Triumph the Insult Comic Dog – lors d’un dîner qui suscite généralement un débat sur la question de savoir si les relations entre les journalistes et leurs sources devraient inclure des moments de convivialité et mettre de côté des relations parfois conflictuelles.
Trump était étroitement surveillé lors de cet événement organisé par l’Association des journalistes qui couvrent son actualité et celle de son administration. Les anciens présidents qui y ont assisté ont généralement évoqué l’importance de la liberté d’expression et du Premier amendement, tout en lançant quelques piques amicales à l’attention de certains journalistes.
Le président républicain n’y a pas assisté pendant son premier mandat, ni pendant la première année de son second. Il y est venu en tant qu’invité en 2011, assis dans le public, tandis que le président démocrate Barack Obama faisait quelques blagues sur le promoteur immobilier new-yorkais. Trump y a également assisté en tant que simple citoyen en 2015.
Trump est entré dans la salle de banquet du Washington Hilton au son de Hail to the Chief et a salué d’éminents journalistes sur l’estrade, s’arrêtant également pour saluer la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, qu’il a gentiment désignée du doigt.
Les dîners précédents avaient également accueilli des humoristes qui se moquaient des présidents. Cette année, le mentaliste Oz Pearlman a été engagé comme artiste vedette. Né en Israël, Pearlman aurait été filmé en train de montrer un bout de papier à la première dame au moment où les premiers coups de feu ont retenti.
Entre les réprimandes adressées à des journalistes individuels, les batailles judiciaires contre des organisations telles que le New York Times, le Wall Street Journal et l’Associated Press, et la restriction de l’accès de la presse au Pentagone, l’animosité de l’administration envers les journalistes a été une constante du second mandat de Trump.
Quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés devant l’hôtel à l’approche de l’événement. L’un d’eux portait un uniforme de prisonnier, un masque à l’effigie du ministre de la Défense Pete Hegseth et des gants rouges. Un autre brandissait une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Le journalisme est mort. »
Le président Isaac Herzog s’est pour sa part dit soulagé d’apprendre que le président américain et les autres invités du dîner des correspondants de la Maison Blanche n’avaient pas été blessés, et que l’officier touché se remettait de cette « odieuse » attaque à main armée.
« Je suis soulagé d’apprendre que le président américain, Donald Trump, la Première dame, Melania Trump, le vice-président, JD Vance, les dirigeants américains et les invités du dîner des correspondants de la Maison Blanche n’ont pas été blessés par le tireur qui a ouvert le feu à l’extérieur de la salle de réception », a écrit Herzog sur le réseau social X.
« Nous sommes reconnaissants que l’agent des forces de l’ordre blessé lors de l’attaque soit sain et sauf et en voie de guérison. Depuis la Terre sainte, nous prions pour la sécurité des États-Unis et de leurs dirigeants après cette attaque odieuse », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est lui dit « choqué par la tentative d’assassinat » du président américain.
Netanyahu a déclaré être soulagé que le président et son épouse soient « sains et saufs » et a adressé « ses vœux de prompt et complet rétablissement au policier blessé, tout en rendant hommage aux services secrets américains pour leur intervention rapide et décisive ».
Les autorités américaines n’ont pas confirmé que Trump était la cible du tireur. Cependant, le suspect aurait déclaré aux forces de l’ordre, après son arrestation, qu’il voulait tirer sur des membres de l’administration Trump.