Trump salue la « bonne lignée » du célèbre antisémite Henry Ford
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Trump salue la « bonne lignée » du célèbre antisémite Henry Ford

L'ADL a interpellé le président américain après son éloge de l'homme qui avait fait imprimer le "Protocole des Sages de Sion" et inspiré Hitler

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président Donald Trump parle du coronavirus dans la salle de presse James Brady de la Maison Blanche, le jeudi 16 avril 2020, à Washington. (AP/Alex Brandon)
Le président Donald Trump parle du coronavirus dans la salle de presse James Brady de la Maison Blanche, le jeudi 16 avril 2020, à Washington. (AP/Alex Brandon)

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a fait l’éloge de la « bonne lignée » d’Henry Ford, antisémite notoire, jeudi, s’attirant les foudres immédiates des groupes juifs des Etats-Unis.

« La compagnie fondée par un homme appelé Henry Ford », avait commenté Trump à l’issue d’une visite d’une usine de la Ford Motor Company installée dans le Michigan. « Une bonne lignée, une bonne lignée. Si vous croyez à ça, vous aviez là une bonne lignée », avait-il répété.

Ford est devenu célèbre pour avoir aidé à propager des écrits antisémites et notamment « Le Juif international », qui avait été publié par le journal appartenant à l’industriel, le Dearborn Independent, sous la forme de quatre volumes.

Il avait également financé un demi-million de copies du livre antisémite du « Protocole des Sages de Sion », dans les années 1920. Le texte attribuait aux Juifs la volonté d’imposer une hégémonie sur le monde et il avait influencé Adolf Hitler.

Des diplomates allemands remettent à Henry Ford, (au centre), la plus haute décoration pour étrangers de l’Allemagne nazie, la Grand Croix de l’Aigle allemand, à Detroit le 30 juillet 1938 pour services rendus au Troisième Reich. Karl Kapp, consul allemand à Cleveland, épingle la médaille tandis que Fritz Heiler, (à gauche), consul allemand à Detroit, lui serre la main (AP Photo/file).

Le chef de l’ADL (Anti-Defamation League), Jonathan Greenblatt, a appelé Trump à présenter des excuses, notant la croyance célèbre de Ford dans la supériorité de la race blanche.

« Henry Ford était un antisémite et l’un des plus fervents partisans de l’eugénisme aux Etats-Unis », a écrit Greenblatt sur Twitter. « Le président doit présenter des excuses ».

Le parti démocrate juif du Michigan a également critiqué le président pour ses propos qui, selon lui, ont montré une « indifférence à couper le souffle envers l’histoire et le bien-être des Juifs du Michigan ».

« Ce n’est pas une coïncidence que Donald Trump ait été président dans une période qui a connu la hausse la plus forte de l’antisémitisme depuis des générations », a fait savoir Noah Arbit, fondatrice et présidente du caucus juif démocrate du Michigan, dans un communiqué. « Le président ne se contente pas d’excuser les antisémites, il a lui-même donné naissance à une haine sérieuse contre les Juifs avec ses discours complotistes, racistes et haineux ».

La semaine dernière, l’ADL a rendu publiques de nouvelles données indiquant qu’il y avait eu davantage d’incidents anti-Juifs en 2019 qu’au cours de n’importe quelle année au cours des quatre dernières décennies. Cette augmentation comprend une série d’attaques importantes contre des institutions juives, comme c’est arrivé à Poway, en Californie, à Jersey City, dans le New Jersey et à Monsey, dans l’Etat de New York.

Les propos de Trump ont également été tenus après de multiples manifestations d’extrême-droite organisées aux abords du capitole de l’Etat du Michigan, réclamant la réouverture de l’Etat malgré la pandémie de coronavirus.

Un certain nombre des protestataires avaient arboré des croix gammées et autres insignes nazis, brandissant des drapeaux aux couleurs des conférés. Certains avaient amené des armes de guerre.

Des manifestants portent des armes devant les marches de bâtiment du Capitol de l’Etat du Michigan à Lansing, aux États-Unis, le 15 avril 2020. (Crédit : AP/Paul Sancya)

Un grand nombre de manifestants avaient comparé la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, qui avait émis un ordre de confinement pour tenter de stopper la propagation du virus, à Hitler.

Ces mouvements de protestation avaient entraîné des tensions au sein de la communauté juive qui s’était inquiétée d’éventuelles escalades. Trump, pour sa part, avait salué les manifestants, les qualifiant de « personnes très bonnes ».

« Je m’inquiète », avait déclaré il y a deux semaines David Mittleman, un avocat du Michigan, au Times of Israel. « Le fait que le président puisse encourager ces comportements est effrayant ».

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