Tsahal frappe la force d’élite Radwan du Hezbollah dans le sud du Liban
Le Premier ministre libanais met en doute l’engagement d’Israël envers le cessez-le-feu ; l’armée israélienne dit avoir visé les dépôts d’armes du groupe terroriste
Israël a indiqué jeudi avoir lancé une nouvelle vague de frappes aériennes contre des cibles du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah dans le sud du Liban afin d’empêcher le groupe terroriste de rétablir sa présence dans la région.
Avant les frappes, Tsahal avait diffusé des avertissements d’évacuation aux habitants de quatre sites, avant d’élargir ensuite l’ordre à deux autres bâtiments.
Dans son message en arabe, le porte-parole de Tsahal, le colonel Avichay Adraee, a indiqué que les frappes répondaient aux « tentatives interdites du Hezbollah de reconstruire ses activités dans la région ».
Il a publié des cartes des bâtiments visés, exhortant les habitants et les personnes à proximité à quitter « immédiatement les lieux et à s’en éloigner d’au moins 500 mètres ».
Les frappes ont été menées en deux vagues principales, après ces avertissements, à Mays al-Jabal, Kfar Tebnit, Dibbin, Chehabiyeh et Burj Qalaouiyah.
L’agence de presse nationale libanaise a rapporté que les routes menant à Kfar Tebnit étaient saturées de résidents quittant leurs maisons avant les attaques.
Elle a ajouté que les frappes avaient causé des dégâts matériels.
Tsahal a précisé plus tard que les frappes avaient visé plusieurs dépôts d’armes de la force d’élite Radwan du Hezbollah.
Cette unité avait pour mission d’envahir Israël en cas de guerre future. Selon l’armée, elle a pendant des années préparé le plan « Conquérir la Galilée » du groupe terroriste, jusqu’à la guerre de 2023-2024, au cours de laquelle la plupart des dirigeants du Hezbollah ont été éliminés.
« L’organisation terroriste du Hezbollah poursuit ses tentatives pour restaurer son infrastructure terroriste dans le sud du Liban, en particulier l’unité Radwan, dans le but de nuire à l’État d’Israël », a déclaré Tsahal.
L’armée a précisé que les efforts du Hezbollah pour restaurer la Force Radwan constituaient une violation du cessez-le-feu, précisant que ses troupes « agissaient depuis deux ans contre les tentatives de l’unité de se réarmer et de se reconstruire ».
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a condamné ces frappes lors d’une réunion du cabinet et mis en doute l’engagement d’Israël envers la trêve, compte tenu de la fréquence des frappes contre des cibles que l’État hébreu considère comme liées au Hezbollah dans le sud du pays.
« Le gouvernement libanais, qui s’est fermement engagé à mettre fin aux hostilités, continue de participer aux réunions du mécanisme », a-t-il déclaré, en référence aux rencontres organisées par les États-Unis, le Liban et Israël pour maintenir le cessez-le-feu en vigueur depuis novembre dernier.
« Mais la question légitime qui se pose aujourd’hui est la suivante : où est l’engagement d’Israël envers ces cadres ? Comment peut-il persister à recourir à l’intimidation et aux attaques alors que ces réunions sont censées garantir la pleine application de la résolution 1701 et la cessation des hostilités ? »
Le mois dernier, Salam et le président libanais Joseph Aoun avaient approuvé les objectifs d’une proposition américaine visant à désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année.
Le groupe terroriste, soutenu par la République islamique d’Iran, a juré de s’y opposer.
À la suite des frappes de jeudi, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a déclaré que le Liban et son peuple n’avaient pas besoin de preuves supplémentaires pour constater qu’il n’existait « aucune garantie internationale ou diplomatique capable de mettre fin à ce qu’il a qualifié de terrorisme israélien ».
Il n’a pas répondu aux accusations israéliennes selon lesquelles le Hezbollah cherchait à reconstruire ses forces.
Selon le cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah, seules les forces armées libanaises sont autorisées à détenir des armes dans le sud du Liban, tandis que Tsahal est habilitée à agir contre les menaces imminentes du groupe terroriste.
Israël a depuis mené des centaines de frappes contre les effectifs et les actifs du Hezbollah, en grande majorité dans le sud du pays, mais aussi plus au nord, notamment dans la vallée de la Bekaa, fief du groupe terroriste soutenu par Téhéran.
Depuis le début du cessez-le-feu, Tsahal affirme avoir conduit plus de 500 frappes aériennes contre des cibles du Hezbollah, tuant plus de 300 de ses membres et détruisant des dizaines de sites du groupe terroriste, accusés de violer les termes de la trêve.
L’armée libanaise a averti jeudi que les frappes israéliennes, qu’elle qualifie de violations du cessez-le-feu, freinaient son déploiement dans le sud et risquaient d’entraver son plan visant à mettre fin à la présence armée du Hezbollah au sud du Litani.
L’accord de cessez-le-feu avait été conclu après près de 14 mois de conflit, déclenché par les attaques quasi quotidiennes et non provoquées du Hezbollah contre les communautés israéliennes frontalières à partir du 8 octobre 2023, soit un jour après le pogrom meurtrier perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël, qui avait déclenché la guerre de Gaza.
Ces attaques du Hezbollah avaient contraint 60 000 habitants du nord d’Israël à fuir leurs foyers. Israël avait alors intensifié ses opérations au Liban en septembre 2024, éliminant une grande partie de la direction du groupe terroriste afin de permettre le retour des réfugiés.
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