Tsahal sanctionne 5 soldats qui ont photographié un détenu palestinien dévêtu et entravé

Accusés d'avoir ligoté, dévêtu et photographié un prisonnier de Gaza, des militaires du bataillon Netzah Yehuda ont reçu des sanctions allant du blâme à la prison

Cette publication d'un soldat israélien sur les réseaux sociaux donne à voir un détenu palestinien de Gaza attaché, avec la légende « Bonjour ». (Autorisation)

L’armée israélienne a annoncé vendredi avoir pris des sanctions à l’encontre de cinq soldats qui avait déshabillé un détenu palestinien, l’avaient attaché à un lit, lui avaient bandé les yeux et lié les mains à une barre en bois, dans le dos, avant de le prendre en photo.

Par voie de communiqué, l’armée a indiqué que le Palestinien tentait de se faire du mal, raison pour laquelle les soldats du bataillon Netzah Yehuda, composé en grande partie d’orthodoxes, l’avaient attaché.

Toutefois, l’armée reconnaît que la manière dont les soldats ont géré la situation va à l’encontre des « valeurs » de l’institution.

L’un des soldats a en effet diffusé sur Instagram la photo du détenu, originaire de Gaza, accompagnée de la légende « Bonjour ».

À l’issue de l’enquête ouvert sur cet incident, l’armée a fait savoir que le commandant impliqué avait été muté à un autre poste et que son adjoint avait reçu un blâme.

Le soldat qui a attaché le Palestinien a été condamné à cinq jours de prison militaire et expulsé des unités de combat. Le quatrième soldat, auteur de la photo, a été condamné à cinq jours de prison militaire. Le cinquième soldat impliqué a été interdit de sortie de sa base pendant deux semaines.

Aucune mesure disciplinaire n’a été prise à l’encontre de deux autres soldats impliqués dans l’incident n’appartenant pas au bataillon Netzah Yehuda.

« Les mauvais traitements infligés aux détenus et la diffusion publique d’images humiliantes ou dégradantes les concernant peuvent constituer des crimes de guerre », a déclaré Oneg Ben Dror, de l’organisation Médecins pour les droits humains – Israël (PHRI).

La photo « confirme ce que des milliers de témoignages de détenus palestiniens ont révélé, et ce que nous, à l’instar d’autres organisations, signalons depuis près de trois ans maintenant », a-t-elle conclu.

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