UE : l’Allemagne pousse pour mettre fin à la règle d’unanimité

'Sur les questions de sécurité, le principe de l'unanimité peut nous placer dans un danger existentiel', a insisté Johann Wadephul, le chef de la diplomatie allemande

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, s'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre lituanien des Affaires étrangères au ministère des Affaires étrangères à Vilnius, en Lituanie, le 5 janvier 2026. (Crédit : Petras Malukas/AFP)

Le ministre allemand des Affaires étrangères a plaidé mercredi pour l’abrogation du droit de veto sur les décisions du Conseil de l’Union européenne, qui a conduit à des blocages notoires par le Premier ministre hongrois Viktor Orban.

« La majorité qualifiée » est le principal « levier » pour que Bruxelles « gagne en rapidité, en particulier dans la politique étrangère et de sécurité commune », a déclaré Johann Wadephul lors d’un discours à la Fondation Konrad-Adenauer, boîte à idées de son Union chrétienne-démocrate (CDU).

Conjointement avec les eurodéputés, le Conseil de l’UE adopte les législations proposées par la Commission, la plupart du temps à la majorité qualifiée (au moins 55% des Etats, représentant 65% de la population européenne).

Cependant, certains textes relatifs à la politique étrangère (sanctions, élargissement de l’UE…) ou à la fiscalité ne peuvent être adoptés qu’à l’unanimité des 27 membres.

Avec la fin de l’unanimité, Berlin ne « renoncera pas pour autant à la recherche du consensus », promet Johann Wadephul, pour qui il est essentiel de mettre fin aux « blocages qui ont parfois pris l’UE en otage d’intérêts nationaux et étrangers ».

« Sur les questions de sécurité, le principe de l’unanimité peut nous placer dans un danger existentiel. (…) Nous le voyons chaque jour en Ukraine », a insisté Johann Wadephul.

L’Allemagne veut aussi « renforcer concrètement l’Etat de droit » avec un plus grand « mécanisme de conditionnalité », a aussi distillé le ministre, pour qui « les fonds européens ne doivent pas aller à ceux qui enfreignent nos valeurs communes ».

La Cour de justice de l’UE a épinglé en avril la Hongrie pour son traitement des personnes LGBT+, estimant que Budapest avait « violé le droit de l’Union ».

Au sujet de l’élargissement de l’UE, M. Wadephul propose un processus d’adhésion « par étapes » afin de « lever les réserves de certains membres » effrayés par des adhésions jugées « précoces ».

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