Ukraine : Le rabbin d’une synagogue touchée par un missile venait de s’absenter
Le rabbin Habad Yosef Yitzchak Wolff promet de 'renforcer la communauté et reconstruire' la synagogue de Kherson 'totalement détruite', évoquant un 'cas évident' d'aide divine, personne n'ayant été blessé
Ce jeudi, une synagogue de Kherson, en Ukraine, a été touchée par un missile russe, ce qui a occasionné d’importants dégâts au bâtiment mais n’a fait aucun blessé, selon le compte de réseaux sociaux du mouvement hassidique Habad-Loubavitch.
D’après ces messages, le rabbin responsable de la synagogue, Yosef Yitzchak Wolff, venait de s’absenter pour apposer une mezouza à l’entrée d’une maison du quartier.
Sur le site Chabad.org, on peut voir des photos des dégâts, à commencer par l’impressionnant trou laissé dans le plafond du bâtiment et les débris jonchant le sol du lieu de culte. Selon une autre source d’information au sujet du mouvement Habad, le bureau de Wolff aurait également été endommagé.
Située dans le sud de l’Ukraine, la ville de Kherson a été le théâtre de violents affrontements entre l’Ukraine et les forces de l’envahisseur russe.
Les propos de Wolff qualifiant l’incident de « cas évident de hashgacha pratit », ou « providence divine », ont été repris dans plusieurs médias.
« Les murs ont tremblé et le sanctuaire, le cœur de la communauté, a été totalement détruit », a-t-il déclaré. « Mais notre esprit est intact. Si Dieu le veut, nous rendrons la communauté plus forte et reconstruirons la synagogue pour que l’on puisse continuer à y prier. »
Depuis trois ans et demi que dure la guerre, ce n’est pas la première fois que Wolff échappe de justesse à des bombardements. Selon Chabad.org, en juillet dernier déjà, un drone kamikaze russe s’était écrasé sur sa voiture de la famille, en endommageant la partie avant.
Wolff, sa femme et leur fille de 19 ans n’avaient pas été blessés, ce qui lui avait déjà fait dire à l’époque que c’était un « miracle » qu’ils aient survécu.
Ce missile tombé sur Kherson est le dernier cas d’attaque d’un lieu communautaire juif ukrainien, de nuit : avant cela, une synagogue avait été endommagée par un drone russe à Kiev, la capitale, et deux mois plus tôt, un autre drone avait grandement endommagé une ancienne synagogue d’Odessa.
Nombreux sont les Juifs ukrainiens à avoir trouvé refuge en Europe ou en Israël depuis le début de la guerre : toutefois, selon l’Institut de recherche sur la politique juive, il resterait 32 000 Juifs en Ukraine, avec une grosse majorité de rabbins du mouvement Habad. Certains d’entre eux ont mis leurs proches à l’abri dès le début de la guerre mais sont, eux, revenus, conformément à la philosophie de leur mouvement, qui veut que les émissaires s’engagent profondément au service de leur ville d’affectation et y demeurent quelles que soient les circonstances.
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