Un 3e appel à un cessez-le feu bloqué à l’ONU ; Sissi à la manoeuvre 24h/24
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Un 3e appel à un cessez-le feu bloqué à l’ONU ; Sissi à la manoeuvre 24h/24

Une majorité du caucus démocrate au Sénat appelle à un "cessez-le-feu immédiat" à Gaza ; un appel similaire bipartisan a été lancé, le premier depuis le début du conflit

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, au siège de l'ONU à New York, le 1er mars 2021. (Crédit : TIMOTHY A. CLARY / AFP)
L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, au siège de l'ONU à New York, le 1er mars 2021. (Crédit : TIMOTHY A. CLARY / AFP)

NEW YORK — Pour la troisième fois en l’espace d’une semaine, les États-Unis ont bloqué une déclaration conjointe du Conseil de sécurité réclamant un cessez-le-feu immédiat entre Israël et le Hamas, ont indiqué deux responsables impliqués au Times of Israel.

La déclaration a été présentée par la Norvège, la Tunisie et la Chine suite à la session d’urgence qui a eu lieu mardi sur les escalades en Israël et à Gaza, critiquant les deux parties pour les violences en cours.

La mission américaine n’a pas encore répondu à une demande de commentaire sur cette affaire. Les États-membres ont jusqu’à aujourd’hui, à midi, pour se prononcer sur la déclaration et les négociations la concernant sont en cours, ont confié deux diplomates du Conseil de sécurité au ToI.

Pendant cette réunion, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, a déclaré que les États-Unis « œuvrent sans relâche, par le biais de tous les canaux diplomatiques possibles, à tenter de mettre un terme à ce conflit. »

Dans ses propos prononcés devant le Conseil, Thomas-Greenfield a appelé le Hamas à cesser immédiatement ses tirs de roquette en direction d’Israël. Elle n’a pas, de manière notable, mentionné le droit d’Israël à l’auto-défense, comme l’avaient souligné les responsables américains dans leurs déclarations respectives sur les violences, au cours de la semaine passée. Les critiques de l’aile la plus progressiste du parti ont estimé que ces déclarations offraient un chèque en blanc à Israël, incitant l’État juif à continuer ses frappes à Gaza, alors même que le nombre de victimes augmente.

Le Conseil de sécurité de l’ONU organise une session d’urgence sur Israël et Gaza, le 16 mai 2021. (Capture d’écran/ONU)

Quatorze des quinze membres de sécurité ont cherché à émettre une déclaration conjointe – elle nécessite d’être approuvée à l’unanimité – après des rencontres d’urgence à huis-clos qui ont eu lieu lundi et mercredi dernier. Les États-Unis ont refusé cette démarche, faisant savoir qu’ils voulaient bénéficier de plus de temps pour permettre aux efforts diplomatiques américains d’aboutir à un résultat, selon plusieurs diplomates du Conseil de sécurité.

La déclaration envisagée aurait appelé à un cessez-le-feu immédiat tout en condamnant les deux parties pour les violences.

Quand les membres du Conseil avaient tenté d’organiser une réunion, la semaine dernière, les États-Unis avaient bloqué cette initiative pour la même raison, disant préférer attendre mardi. Finalement, après de multiples pressions de la part des autres missions, les Américains ont accepté que la rencontre ait lieu dimanche.

Alors qu’il lui était demandé, après la réunion, si les États-Unis prévoyaient de soutenir la déclaration diplomatique en préparation, un responsable américain a dit « qu’en ce moment précis, nous nous concentrons sur les efforts diplomatiques intenses actuellement en cours, notamment ceux qui ont été évoqués par l’ambassadrice Thomas-Greenfield lors de la rencontre du Conseil de sécurité d’aujourd’hui ».

S’adressant aux journalistes suite à la session d’urgence, Mona Juul, du ministère norvégien des Affaires étrangères, a affirmé que son gouvernement « pense avec force que le Conseil de sécurité doit parler d’une seule voix et envoyer un message clair recommandant vivement la cessation immédiate des violences, en réaffirmant notre soutien à la solution à deux États. La Norvège continuera à appuyer un passage à l’action du Conseil. »

Par ailleurs, aux États-Unis, vingt-huit démocrates ont signé une lettre réclamant « un cessez-le-feu immédiat » entre Israël et le Hamas alors que le nombre de victimes civiles continue à grimper des deux côtés.

« Pour prévenir la mort de nouveaux civils et pour empêcher une plus grande escalade du conflit en Israël et dans les territoires palestiniens, nous réclamons avec force un cessez-le-feu immédiat », ont dit les sénateurs dans une déclaration conjointe, sous le direction de Jon Ossof, nouveau membre du congrès de Georgie.

L’administration Biden aurait donné son aval à Israël pour répondre aux tirs de roquettes ces derniers jours, émettant des communiqués répétés en faveur du « droit d’Israël à se défendre ». Toutefois, elle a commencé à appeler, lundi, les deux parties à mettre un terme immédiat aux violences.

Dans un discours virtuel préenregistré prononcé lors d’une cérémonie marquant l’aïd al-Fitr à la Maison Blanche, à la fin du mois sacré du ramadan, Biden a déclaré que « mon administration va continuer à mobiliser les Palestiniens, les Israéliens et les autres partenaires régionaux en faveur d’un calme durable ».

« Nous pensons également que les Palestiniens et les Israéliens méritent de la même façon de vivre dans la sûreté et la sécurité, et de bénéficier de la liberté, de la prospérité et de la démocratie ».
Plus tôt dans la journée, le secrétaire d’État Anthony Blinken avait vivement recommandé la désescalade. Après s’être entretenu avec le ministre égyptien des Affaires étrangères, Blinken avait écrit sur Twitter que « les violences doivent immédiatement cesser »

De plus, lundi, un premier appel bipartisan à cesser sans délai les hostilités a été lancé par le sénateur Chris Murphy et le sénateur républicain Todd Young.

« Israël a le droit de se défendre face aux roquettes du Hamas, d’une manière qui soit proportionnée à la menace posée à ses citoyens. En résultat des attaques à la roquette du Hamas et de la riposte israélienne, les deux parties doivent reconnaître qu’un nombre trop important de vies ont été perdues et elle doivent se garder de créer une nouvelle escalade dans les affrontements. Les informations faisant état de la recherche d’un cessez-le-feu nous encouragent. Nous espérons que ce cessez-le-feu pourra être rapidement trouvé et que des initiatives supplémentaires pourront être prises pour garantir un avenir à deux États », ont dit Murphy et Young.

Murphy est le président de la sous-commission des relations étrangères au sénat américain sur le Proche-Orient, l’Asie centrale et l’anti-terrorisme. Young est un membre haut-placé.

Murphy a aussi rejoint les 27 sénateurs démocrates, la majorité du caucus du parti au sénat, qui ont signé un communiqué conjoint appelant à un cessez-le-feu immédiat.

Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi a de son côté fait une déclaration « urgente » appelant à la « cessation de toutes les violences et de toutes les hostilités ». Le leader égyptien, dont le gouvernement est impliqué depuis longtemps dans les négociations de cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, a indiqué que Le Caire œuvrait 24 heures sur 24 et sept jours sur sept pour finaliser un accord avec les deux parties.

« L’espoir existe toujours, et nous devons entreprendre toutes les initiatives possibles pour mettre un terme à la situation actuelle de violences » a-t-il continué.

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